Purin d’ortie : recette naturelle contre les pucerons

Le purin d’ortie est un répulsif naturel contre les pucerons et les acariens. Facile à réaliser, c’est aussi un excellent fertilisant pour vos plantes.

Rédigé par , le 9 Jun 2026, à 9 h 22 min

C’est la saison idéale pour préparer du purin d’ortie maison. Cette macération végétale, bien connue des jardiniers au naturel, peut aider à renforcer les plantes, stimuler leur croissance et limiter la pression de certains indésirables comme les pucerons ou les acariens. Encore faut-il bien la préparer, bien la diluer et ne pas l’utiliser n’importe comment.

Le purin d’ortie fait partie des préparations naturelles peu préoccupantes, ou PNPP. Il est autorisé dans les jardins lorsqu’il est préparé selon la recette officielle. Son intérêt tient surtout à sa richesse en azote, minéraux et oligo-éléments, mais aussi à son usage traditionnel en pulvérisation contre certains ravageurs. Voici comment le fabriquer et l’utiliser sans erreur.

Ce qu’il faut retenir

  • Le purin d’ortie se prépare avec de jeunes orties non montées en graines.
  • La recette de base recommande 1 kg d’orties fraîches pour 10 litres d’eau.
  • Il s’utilise toujours dilué sur les feuilles ou au pied des plantes.
  • Il ne remplace pas une bonne observation du jardin ni la prévention.
  • Il faut éviter les applications sur les plantes en fleurs.

Purin d’ortie : un allié naturel contre pucerons et acariens

Le purin d’ortie est une macération de feuilles d’ortie dans l’eau. Utilisé depuis longtemps au jardin biologique, il sert à la fois de préparation naturelle pour le jardin, de stimulant végétal et, dans certains cas, d’aide contre les pucerons ou les acariens.

Il ne faut toutefois pas le présenter comme un produit miracle. Son efficacité dépend de la concentration, de la fraîcheur de la préparation, du stade d’infestation et de la plante concernée. En prévention ou en début d’attaque, il peut être utile. En cas d’invasion massive, mieux vaut compléter avec d’autres gestes simples : jet d’eau sur les colonies de pucerons, accueil des coccinelles, suppression des parties très atteintes ou pulvérisation de savon noir bien dosé.

Deux grands usages au jardin

Le purin d’ortie a surtout deux intérêts pour les jardiniers :

  1. Renforcer les plantes grâce à un apport naturel riche en azote, minéraux et oligo-éléments.
  2. Aider à limiter certains ravageurs, notamment les pucerons et les acariens, lorsqu’il est utilisé en pulvérisation diluée.

Il peut aussi être employé comme activateur de compost. Dans ce cas, on l’utilise non dilué, en petite quantité, directement sur le tas de compost pour stimuler l’activité microbienne.

Comment fabriquer du purin d’ortie maison ?

Pour préparer un bon purin d’ortie, choisissez des orties jeunes, vigoureuses, non montées en graines et récoltées loin des routes ou des zones polluées. Portez des gants épais, car l’ortie ne fait pas semblant quand elle pique.

La recette simple du purin d’ortie

  • 1 kg de feuilles et tiges jeunes d’orties fraîches
  • 10 litres d’eau de pluie ou d’eau de source
  • 1 seau ou récipient en plastique, bois ou grès
  • 1 bâton pour brasser
  • 1 tissu, un couvercle non hermétique ou une grille fine

Hachez grossièrement les orties pour faciliter la fermentation, puis placez-les dans le récipient. Ajoutez 10 litres d’eau, mélangez, puis couvrez sans fermer hermétiquement. Laissez macérer à l’ombre, dans un endroit aéré, en brassant chaque jour. Lorsque la fermentation est terminée, filtrez soigneusement pour éviter de boucher le pulvérisateur.

purin d'ortie maison dans un seau pour le jardin naturel

Le purin d’ortie s’utilise dilué, au pied des plantes ou en pulvérisation – © Simone Hu

Combien de temps laisser macérer le purin d’ortie ?

La durée dépend de la température et de l’usage recherché. Plus il fait chaud, plus la fermentation est rapide. Pendant la macération, des bulles remontent à la surface : c’est normal. Quand elles disparaissent, la fermentation principale est terminée.

  • Pour un usage plutôt insectifuge ou fongicide : une macération courte de 3 à 4 jours autour de 18 °C peut suffire.
  • Pour un purin fermenté utilisé comme stimulant ou fertilisant : comptez souvent 1 à 2 semaines selon la température.
  • Par temps frais, la fermentation peut prendre plus longtemps.

Un purin bien préparé sent fort, mais il ne doit pas dégager une odeur franchement putride. Si l’odeur devient insoutenable, c’est souvent le signe d’un excès de fermentation, d’un manque de brassage ou d’un récipient mal adapté.

Comment utiliser le purin d’ortie au jardin ?

Le purin d’ortie ne s’utilise pas pur sur le feuillage. Trop concentré, il peut brûler les feuilles ou déséquilibrer la plante. La règle d’or est simple : toujours diluer avant pulvérisation ou arrosage.

Comme fertilisant naturel au pied des plantes

Pour soutenir les plantes gourmandes, comme les tomates, courgettes, aubergines ou choux, diluez le purin d’ortie à environ 10 à 20 %. Cela correspond à 1 à 2 litres de purin pour 10 litres d’eau.

Arrosez au pied, sur sol déjà humide, plutôt au printemps ou en début de croissance. Évitez les apports trop tardifs ou trop répétés : un excès d’azote favorise les feuilles au détriment des fleurs et des fruits.

Contre les pucerons et les acariens

En cas de présence de pucerons ou d’acariens, utilisez une macération courte et diluée en pulvérisation fine sur les feuilles, y compris sous le revers, là où les indésirables aiment s’installer discrètement.

  • Dilution conseillée : environ 1 litre de purin filtré pour 5 à 10 litres d’eau.
  • Application : tôt le matin ou en soirée, jamais en plein soleil.
  • Fréquence : à renouveler si besoin, en observant la réaction des plantes.

Pour les pucerons, vous pouvez aussi compléter avec ces astuces naturelles contre les pucerons. Le jardinage naturel fonctionne rarement avec une seule solution : c’est l’ensemble des gestes qui fait la différence.

En prévention de certaines maladies

Le purin d’ortie est parfois utilisé en pulvérisation sur le sol ou le feuillage pour renforcer les plantes face à certaines maladies cryptogamiques, comme le mildiou. Là encore, prudence : il ne soigne pas une plante déjà très atteinte, mais peut aider une plante vigoureuse à mieux résister dans de bonnes conditions de culture.

Pour cet usage, diluez environ 1 litre de purin dans 10 litres d’eau, puis pulvérisez par temps sec, hors forte chaleur et hors période de floraison.

macération d'orties pour fabriquer du purin d'ortie

La macération doit être brassée chaque jour puis filtrée soigneusement – © paty

Les erreurs à éviter avec le purin d’ortie

Naturel ne veut pas dire sans précaution. Le purin d’ortie est utile, mais il peut devenir contre-productif s’il est mal dosé ou appliqué au mauvais moment.

Ne pas l’utiliser pur sur les feuilles

Le purin d’ortie concentré est trop riche pour le feuillage. Il peut provoquer des brûlures, surtout sur les jeunes pousses, les plantes fragiles ou par temps chaud.

Ne pas pulvériser en plein soleil

Comme beaucoup de préparations liquides au jardin, il s’applique tôt le matin ou en soirée. En plein soleil, les gouttelettes peuvent accentuer le stress des plantes.

Éviter les plantes en fleurs

La réglementation recommande d’éviter les applications sur les plantes en fleurs, car l’azote favorise le développement du feuillage au détriment de la floraison. C’est particulièrement vrai sur les tomates, courgettes, rosiers et plantes ornementales fleuries.

Ne pas en abuser

Un excès de purin d’ortie peut entraîner une végétation très feuillue, plus tendre, parfois plus attractive pour certains ravageurs. Mieux vaut un apport modéré et régulier qu’un arrosage trop concentré.

Attention : ne pulvérisez jamais de purin d’ortie pur sur les feuilles. Diluez-le toujours, testez sur une petite zone si la plante est fragile, et évitez les applications avant une forte chaleur ou une pluie annoncée.

Comment conserver le purin d’ortie ?

Une fois filtré, versez le purin d’ortie dans des bidons propres, opaques si possible, bien fermés et clairement étiquetés. Conservez-les au frais, à l’abri de la lumière et hors de portée des enfants ou des animaux.

Évitez les contenants métalliques, qui peuvent réagir avec la préparation. Un bidon en plastique alimentaire ou une bouteille en verre épais conviennent mieux. Si la fermentation repart, ouvrez avec précaution pour éviter la pression accumulée.

bidon de purin d'ortie filtré pour jardiner naturellement

Une fois filtré, le purin d’ortie se conserve au frais, à l’abri de la lumière – © Konrad Mostert

Pourquoi garder quelques orties au jardin ?

Avant de tout arracher, gardez un petit coin d’orties au fond du jardin. Elles sont utiles à la biodiversité et servent de plante-hôte à plusieurs papillons, dont le paon-du-jour, la petite tortue, le vulcain ou la carte géographique. Les chenilles y trouvent leur nourriture avant de devenir ces visiteurs colorés que l’on aime tant voir butiner.

L’ortie est donc une alliée doublement intéressante : elle nourrit le sol lorsqu’on la transforme en purin et nourrit aussi une partie de la petite faune du jardin lorsqu’on la laisse pousser dans un espace maîtrisé.

Purin d’ortie : la bonne idée, au bon dosage

Le purin d’ortie mérite sa place dans la boîte à outils du jardinier naturel. Il aide à stimuler les plantes, peut accompagner la lutte contre les pucerons et les acariens, et valorise une plante souvent injustement mal aimée. Mais son efficacité repose sur trois conditions : une préparation propre, une dilution adaptée et un usage raisonnable.

Au jardin, le meilleur traitement reste souvent l’observation. Un peu d’ortie, quelques coccinelles, un sol vivant et des plantes bien installées valent souvent mieux qu’une succession de traitements, même naturels.

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

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