Pêche au thon, les Français changent de pavillon

Alors qu’1 espèce de poisson sur 3 est menacée d’extinction et que les chalutiers vont toujours plus loin et sont toujours mieux équipés, les eaux de surface de nos océans sont de plus en plus vides. Time Magazine titre « Un océan de rien » et que le quotidien Le Monde annonce « sans changement, les poissons pourraient disparaître des océans d’ici à 2050 ».

Plus de poisson d’ici 45 ans ! Le pillage de la pêche continue

Ce n’est pas un menace de journaliste en mal de papier : « Les modèles informatiques prédisent la disparition globale de tous les stocks de poissons actuellement pêchés pour le milieu du 21ème siècle » écrivait la revue Science en novembre 2006.Pour faire face à la demande de poissons, toujours aussi forte, les pêcheurs se rabattent maintenant vers les eaux profondes et sur les poissons des grandes profondeurs, comme par exemple l’empereur ou le grenadier de roche.

Cette pêche en eaux très profondes et très froides inquiète au plus haut point les scientifiques. Selon plusieurs rapports, les poissons prélevés par la pêche en eaux profondes sont menacés de disparition rapide car ils ne se renouvelleront pas vite. En effet, dans ces eaux très froides et pauvres, les poissons doivent attendre 30 ans pour être en âge de se reproduire. Par exemple, un hoplostète orange lui peut vivre 150 ans ; facile d’imaginer alors les dégâts provoqués par une pêche massive.

Le thon rouge, fait partie des espèces de poisson menacées. Etat des stocks des poissons menacés et à éviter

  • Le thon rouge  : les captures ont diminué de moitié en Méditerranée
  • Le merlu  : aussi appelé « colin » a vu le nombre de poissons géniteurs divisé par 2 en 20 ans
  • La sole  : surexploitée, notamment dans la Manche
  • Le cabillaud  : stock divisé par 5 en 20 ans, surtout en Europe
  • La dorade rose  : a disparu, ou presque, du golfe de Gascogne
  • L’empereur  : menacé
  • L’espadon  : très menacé/li>Pourtant, cela n’empêche pas certains de tout faire pour continuer à ramener du thon rouge dans leurs filets. Le bateau thonier Français Marcal II vient de changer de pavillon. Son but ?

    poisson en voie de disparition

    Passer sous pavillon lybien en changeant de nom ( Ras Eten) et avoir ainsi accès aux eaux proches de la Lybie. Cette région est en effet connue pour être riche en stocks de thon rouge. Comme quoi, quand il n’y a plus de poisson ici, on s’arrange pour en chercher ailleurs…

    Que faire ? N’achetons plus de thon rouge et choisissons les poissons qui ne sont pas menacés de disparition. Lire notre article qui fait le point sur les espèces à acheter ou à éviter.

    Pêche et poissons : quelques repères

    Nous mangeons deux fois plus de poisson qu’en 1995 soit 16,3 kilos par habitant, soit 132 millions de tonnes contre 20 millions en 1950.

  • Selon la FAO, 2/3 des espèces sont surexploitées dans le monde. On estime qu’une espèce s’effondre quand les prises de pêche ont diminué de 90 %, ce qui étiat le cas de 29 % des espèces en 2003.

    En France, la pêche emploie 24.000 marins et représente 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

    30 millions de tonnes de poissons morts sont rejetées sans être commercialisées ni consommées : un résultat de la pêche industrielle aveugle, de prises non conformes aux goûts des consommateurs ou de tailles minimales de débarquement non respectées.

    Le Cicta, Commission internationale de conservation des thonidés d’Atlantique, a été contre l’avis de ses experts en donnant son aval à la surexploitation du thon rouge, alors même que 30 à 50 % des prises se font de manière illégale hors des quotas.

    Greenpeace soutient que ce sont 40 % de la surface mondiale des océans sur lesquelles il faudrait arrêter de pêcher complètement et soustraire à toute activité humaine. Seuls 0,6 % sont exempts d’intervention humaine aujourd’hui.

    L’aquaculture, alternative à la pêche en mer, croît de 8 % par an et produit 45 millions de tonnes de poissons. Mais l’aquaculture de poissons pose un problème car pour nourrir les poissons carnivores (bar, daurade, saumon, mérou) il faut d’autres poissons ou de la farine de poisson. Seule la conchyliculture, culture des moules, huîtres et autres coques, est relativement neutre sur l’environnement

  • 150 000 tonnes d’hydrocarbures sont déversées dans les océans
  • Au total, la pollution marine provient au 2/3 de la terre.
  • La mer Baltique est considéré cliniquement morte pour un bon tiers

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  • Quelles espèces de poisson acheter ?

    La surpêche

    Lire aussi l’article : Acheter du poisson sans menacer la biodiversité