Peut-on prévenir le cancer du sein par l’alimentation ?

Peut-on prévenir le cancer du sein par l'alimentation ?

Le cancer du sein est une maladie responsable de près de 11.500 décès chaque année. En 2012, l’Institut National du Cancer (INCA) a recensé près de 50.000 nouveaux cas. On estime qu’environ une femme sur huit sera confrontée au cours de sa vie à cette terrible maladie. Cette pathologie pèse à elle seule pour plus de 30 % de l’ensemble des cancers, et la mortalité qu’elle engendre pour plus de 18 %. C’est la première cause de mortalité par cancer pour les femmes. Y a-t-il quoi que ce soit que l’on puisse faire au niveau de notre alimentation pour aider à l’éloigner ?

La prévention du cancer du sein : cela passe aussi par ce que vous mangez

Plus de la moitié des femmes se font, heureusement, désormais dépister (52 % en 2012), mais il faudrait que cette proportion gagne encore du terrain. Un dépistage précoce permettrait la guérison dans 9 cas sur 10. On connait aujourd’hui les principaux facteurs de risques. Sans surprise, on retrouve :

  • le tabac
  • l’alcool
  • le stress
  • le surpoids et l’obésité

Cancer du sein cigarette

Et, dans le cas particulier du cancer du sein, on retrouve aussi la prise d’un contraceptif oral.

Indirectement, l’hygiène de vie de manière générale et les habitudes alimentaires en particulier jouent donc un rôle préventif dans la survenue du cancer du sein, en dehors de tout autre facteur de risque sur lequel on ne peut agir, tels que prédisposition génétique et antécédents familiaux. L’INCA estime que près de 40 % des cancers – tous types confondus – pourraient être évités par de simples changements dans nos modes de vie.

Manger… pour se protéger

Et si dès à présent, vous commenciez donc à faire attention à ce que vous mettez dans votre assiette ?

On connait depuis longtemps l’effet bénéfique des fibres dans la réduction de la prévalence du cancer colorectal, par exemple, ainsi que celui, néfaste, des excès de viandes rouges – l’INCA préconise de limiter sa consommation à moins de 500 g par semaine. L’effet négatif de produits de charcuterie – souvent très gras et salés – et de certains types de cuisson est également bien documenté. Ces vérités peuvent-elles s’extrapoler à d’autres cancers ?

Cancer du sein fibres

Cancer du sein : les risques avérés

Selon l’Institut Curie, une alimentation riche en acides gras saturés – d’origine animale – et en graisses trans – présentes dans les produits industriels comme certaines margarines, viennoiseries etc – favoriserait le risque de cancer du sein, tandis qu’un régime faisant la part belle aux fruits et aux légumes tendrait à le diminuer.

En pratique, comment faire ?

Il n’y a pas de recette miracle, mais plutôt du bon sens : une alimentation équilibrée et variée associée à la pratique régulière d’une activité physique sont vos meilleurs atouts. Vous suivrez en cela les recommandations du Programme National Nutrition Santé :

  • Privilégiez les végétaux de saisons, si possible bio ;
  • Si vous n’êtes pas végétarien, préférez les viandes maigres (viandes blanches), les sources de bons acides gras (saumon, graines de lin, huiles végétales…) ;
  • Ayez la main légère sur les produits sucrés, qui ne devraient pas représenter plus de 10 % de votre apport énergétique total ;
  • Préférez par ailleurs les produits complets (pâtes, riz, pains, légumineuses…) à leurs homologues raffinés pour bénéficier de leur richesse en fibres et en minéraux ;
  • Cuisez peu vos légumes afin de préserver leur teneur en vitamine C antioxydante.
  • Privilégiez, si vous n’êtes pas intolérant aux produits laitiers, les produits laitiers demi-écrémés et évitez les produits totalement écrémés, à moins qu’ils ne soient enrichis en vitamine D, source de protéines de haute valeur nutritionnelle et de calcium.

Cancer du sein alimentation

Danger : aliments gras, salés, sucrés et alcool

À retenir : les aliments très gras, très salés et très sucrés génèrent la formation de graisse. Or, cette graisse est potentiellement facteur de risque concernant le cancer du sein, bien qu’on ne connaisse pas encore les mécanismes par lesquels elle agirait.

Il semble que les adipocytes – les cellules qui stockent la graisse – favorisent la dissémination des cellules cancéreuses – induisant des métastases. C’est ce qu’a révélé une étude menée par une équipe française de l’Université Paul Sabatier de Toulouse(1).

D’autre part, l’alcool fait augmenter les taux d’oestrogène, une hormone jouant un rôle dans le développement des cellules tumorales. Ses effets se comptabilisent dès la fréquence d’un verre par jour. Selon l’INCA, l’alcool est responsable d’une augmentation du risque de 10 % pour le cancer du sein.

Vous l’aurez compris, il existe des aliments qui favorisent la survenue du cancer et d’autres qui la diminuent. Gardez à l’esprit qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et mitonnez-vous dès à présent des plats en connaissance de cause !

Illustration bannière : Prévention du cancer du sein – © millann Shutterstock