La famine se profile-t-elle vraiment ?
Selon Reuters à Genève, le réchauffement climatique commence à faire bouger les dirigeants. Les pays industrialisés sont convenus fin août 2007 d'envisager une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020, afin de progresser vers la définition d'un pacte de lutte à long terme contre le réchauffement climatique.
L'Union européenne et les pays en développement souhaitaient une formulation plus ambitieuse. Les ministres de l'Ecologie des pays concernés doivent se retrouver en décembre 2007 à Bali (Indonésie) pour lancer officiellement des négociations sur un nouveau traité de lutte contre le réchauffement climatique, attendu avant fin 2009.
La famine se profile
L'expansion des zones désertiques et la dégradation des terres arables dues au réchauffement climatique vont créer dès la prochaine décennie des menaces importantes pour la satisfaction des besoins alimentaires de la population mondiale qui augmente fortement, avertit M. V. K. Sivakumar, chercheur à l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
"Devons-nous redouter la dégradation des terres? Oui!"
"Nous nourrissons aujourd'hui la population mondiale, qui compte 6,3 milliards de personnes, à partir de 11% de la surface susceptible d'être exploitée pour une production alimentaire sérieuse., a expliqué un responsable du département agriculture de l'OMM, pour sensibiliser avant la conférence sur la désertification de septembre 2007 à Madrid.

« Pourra-t-on nourrir les 8,2 milliards prévus en 2020 si les terres cultivables sont moins nombreuses ?", a-t-il poursuivi, évoquant l'Afrique, l'Amérique latine et certaines zones d'Asie où la raréfaction des pluies et leur caractère moins prévisible seront les plus dommageables.
La dégradation des sols, des précipitations en baisse et l’évaporation accrue compliquent à la fois l'irrigation et la production de l'énergie nécessaire aux engins agricoles. La croissance des surfaces de maïs ou de céréales pour
produire des agro-carburants réduit encore plus les surfaces utilisées pour la nourriture .
Dans certaines régions, la progression du désert et la salinité croissante de sols autrefois fertiles est déjà très avancée. A terme, cette menace concernera les zones sèches d'Amériques latine, notamment au Brésil, l'un des géants de la scène agricole planétaire.
En Afrique, la variabilité croissante du climat va probablement raccourcir la période de production, en particulier dans les zones arides et semi-arides.
L'innovation et l'adaptation des pratiques agricoles afin de ménager les ressources sont d’autant plus nécessaires. Toutefois, le retour à la multiplicité des productions, au détriment de la monoculture intensive avec force engrais, peut également se révéler salutaire, a estimé le chercheur de l’OMM.
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Quelques REPERES
La fin du poisson
- Nous mangeons deux fois plus de poisson qu’en 1995 soit 16,3 kilos par habitant, soit 132 millions de tonnes contre 20 millions en 1950.
- Selon la FAO, 2/3 des espèces sont surexploitées dans le monde. On estime qu’une espèce s’effondre quand les prises de pêche ont diminué de 90%, ce qui était le cas de 29% des espèces en 2003.
- En France, la pêche emploie 24.000 marins et représente 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
- 30 millions de tonnes de poissons morts sont rejetées sans être commercialisées ni consommées : un résultat de la pêche industrielle aveugle, de prises non conformes aux goûts des consommateurs ou de tailles minimales de débarquement non respectées.
L’eau

- 40% de la population mondiale souffrent de pénurie d'eau.
- A cette disparité des ressources, s'ajoute une demande croissante, des décalages entre l’offre et la demande. L’eau répond à nos besoins alimentaires, usages industriels et surtout agricoles (l'irrigation absorbe aujourd'hui 70% de la consommation mondiale d'eau douce).
Démographie - La population mondiale est passée de 1,66 milliard à 6 milliards d’habitants au cours du 20ème siècle : à la fin des années 60, il y avait 80 millions de nouvelles personnes sur terre chaque année !
- En 2007, selon l’association anglaise,The people and the Planet il y aurait 3,2 milliards de personnes vivant en ville et 1 milliard de personnes ne disposerait pas de l’eau courante.
- La croissance ne se ralentit pas : d’ici 2050, la population mondiale devrait augmenter de 46%.

