Vin bio et pesticides : sommes-nous protégés ?

Rédigé par Emma, le 10 Oct 2013, à 5 h 18 min

Le bio est-il une garantie contre les pesticides dans les vins ?  La revue Que Choisir d’octobre 2013 a voulu vérifier cette affirmation et dévoile ses résultats sur les traces de pesticides dans un échantillon de 92 bouteilles des différentes régions viticoles françaises, bio ou non bio.

Les pesticides sont partout !

L’enquête de Que Choisir révèle des taux de pesticides dans les vins jusqu’à 3 500 fois supérieurs à la norme de potabilité de l’eau !

Le vin bio devient plus exigeant

Elle note aussi la présence de produits interdits dans plus de 20 % des vins échantillonnés (soit 8 millions d’hectolitres rapportés à la production française), et parle ouvertement de « trafics organisés et généralisés » de ces vins contaminés.

Rappelons que nombre de ces pesticides sont des perturbateurs endocriniens et/ou des produits cancérigènes.

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L’usage des pesticides continue d’augmenter en France (+ 2,6 % entre 2008 et 2011). Et ces pesticides se retrouvent aussi dans le vin. Consommation de pesticides phytosanitaires en France

Les vins bio épargnés, mais pas exempts.

L’étude de Que Choisir montre que les vins bio sont la seule garantie sérieuse contre les pesticides. Mais qu’ils peuvent néanmoins en contenir quand même… malgré eux !

Comment est-ce possible ? ! Il s’agit de traces de pesticides, d’origine environnementale.

Car depuis 2012 – seulement ! -, il n’est plus question d’utiliser de pesticides pendant tout le processus d’élaboration du vin bio, de la vigne à la cave. Un nouveau règlement de l’Union Européenne a été adopté en ce sens pour le vin biologique. Il est beaucoup plus strict que le précédent qui interdisait l’utilisation de produits phytosanitaires sur la vigne, mais l’autorisait après, au cours de l’élaboration du vin bio en cave.

Des épandages qui se disséminent

D’où viennent les traces de pesticides d’origine environnementale ?

Elles sont dues aux épandages des autres cultures non bio, qui se propagent bien au-delà des zones dans lesquelles ils sont déversés.

epandage-aerien-pesticides-2

Ce constat a fait vivement réagir la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique des Régions de France (FNAB) (2). A la suite du dossier de Que Choisir, elle demande aux autorités publiques une meilleure protection des vignes bio contres les pesticides.

« Quelle est la protection accordée aux agriculteurs bios et aux riverains quand on voit fleurir au printemps les autorisations préfectorales pour épandage aériens ? », demande la FNAB. Elle réclame des mesures pratiques de protection pour l’agriculture et les riverains qui passerait par l’application de l’interdiction des épandages aériens de pesticides.

Ceux-ci sont pourtant bien interdits depuis 2009. Mais ils se poursuivent grâce à des dérogations préfectorales, notamment dans les Antilles, en Aquitaine et en Champagne.

800 opérations d’épandage aérien en France en 2012

Viticulture bio : une filière qui n’arrive pas à s’autoréguler

Mais la FNAB va encore plus loin dans ses réclamations pour le vin biologique.

Elle demande à l’Etat la mise en place d’un système de contrôle des pratiques et d’analyse des vins afin d’atteindre à terme, une véritable  » obligation de résultat  » pour la filière viticole.

Elle fait le constat de l’échec des différentes mesures déjà existantes qui ont pourtant été mises en place pour préserver le vin – et l’agriculture en général – d’un excès de pesticides.

C’est le cas du plan Ecophyto 2018, élaboré après le Grenelle de l’Environnement en 2008, et qui prévoit la diminution substantielle de l’usage des produits phytosanitaires dans l’agriculture en général.

vin bio

« Au global les objectifs du plan Ecophyto sont loin d’être atteints et il faut constater l’échec d’une politique  (140 millions € par an) – basée sur la seule auto-régulation des filières agricoles par le biais d’une formation (3) qui ne change pas les pratiques », constate la FNAB.

Des mesures insuffisantes pour protéger le vin bio

Pour le vin en particulier, si la FNAB reconnaît l’utilité de la mise en place d’une LMR (Limite Maximale de Résidus) « sur les vins et pas seulement sur le raisin  » comme un élément de ce dispositif de contrôle, elle affirme que ce n’est pas suffisant :

« Une LMR reste un seuil arbitraire de tolérance des pesticides qui ne tient pas compte de « l’effet cocktail » des molécules à faible dose et des spécificités des perturbateurs endocriniens non liés à un effet seuil ».

 

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15 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour,

    je viens réagir à cet article déplorable, qui est très loin de la réalité. les vins bios utilisent de manière intense les pesticides (comme les fruits et légumes bio ainsi que l’ensemble des produits alimentaires), mais aussi du soufre et des biocides (chlore, désinfectant et autres produits chimiques…) car le vin est un produit alimentaire qui nécessite un chai d’une propreté irréprochable. l’utilisation de tout ces produits est essentiel à l’élaboration de vins de qualité tel que le consommateur l’exige! Achèteriez vous un vin produit avec des raisins pourris, un mauvais vin due a des développements bactériens ? de manière plus large achèteriez vous des fruits ou légumes non traités c’est à dire habités par toute sorte d’insectes ou parasites? je ne crois pas! de plus si le viticulteur ne traite pas ses vignes il n’aura pas une récolte suffisante pour continuer son activité! il est évident que ces produits son mauvais,mais essentiels à l’activité agricole françaises sinon ils ne seraient pas utilisés… croyez moi les viticulteurs ne sont pas fières d’utiliser ces produits de plus ils sont les premiers atteints des impactes de l’utilisation de pesticides que ce soit en agriculture conventionnel ou biologique. mais eux aussi ont besoin de ressources financières pour faire fonctionner leur entreprise est sans raisin ou avec une production limité c’est simple, le viticulteur peut mettre le clé sous la porte…

  2. Il est totalement faux de laisser croire que les vignes bio ne sont pas traitées. A titre d’exemple le cuivre ( dangereux pour la vie dans le sol)est utilisé pour le mildiou.Les bios utilisent des pesticides mais ils sont bios, ce qui ne veut pas dire moins dangereux piour l’homme ou l’environnement.

  3. Le texte de la loi a été modifié !
    Mail à envoyer aux députés:

    Monsieur le Député.

    Après la modification apportée par la Commission Mixte Paritaire, la loi d’Avenir pour l’Agriculture n’apporte plus rien aux riverains de champs traités.

    Les enfants seront protégés à l’école (les traitements réalisés sur le champ voisin seront contrôlés par les autorités), mais ils ne le seront pas quand ils seront chez eux.

    Les riverains de champs traités vont donc continuer à subir des agressions chimiques, sans que les autorités interviennent.

    Le rapport du Sénat du 10 octobre 2012 indique pages 238 et 239:

    « Par ailleurs, les personnes éventuellement présentes à proximité

    lors du traitement (champs voisins ou riverains par exemple) et les

    travailleurs intervenant après le traitement des plantes – malgré les

    contraintes liées au délai de réentrée –, sont également susceptibles d’être

    exposées aux produits et doivent en conséquence porter des équipements

    de protection (gants, lunettes, masques, bottes, combinaison, etc.). »

    Cette recommandation est importante et devrait être affichée en mairie. Pour nous riverains, elle est irréalisable.

    Nous souhaitons que le 11 septembre prochain les députés ajoutent un amendement au projet de loi LAAF permettant la création de ZONES NON TRAITEES près des zones habitées. Cette recommandation deviendrait alors inutile.

    Par avance nous vous en remercions.

    Recevez, Monsieur le Député, l’expression de notre gratitude.

  4. Nul n’est dupe: les lois sont votées mais simultanément, les décrets fusent à tout vent pour les exceptions.
    La planète est en perdition, mais rien ne les arrête! La France veut réduire les OGM, mais le Bruxelles des lobbies nous l’impose, le charbon en Allemagne et vive la pollution. Le réchauffement climatique n’est que le leurre de la consommation… à outrance! Beurk, beurk

  5. Je me souviens pour les OGM, le droit de choisir de manger avec ou sans OGM…
    Quelle rigolade quand on pense que de toute façon ces empoisonneurs quels qu’ils soient se moque de nous et déverse leurs pesticides à tout va!!!
    Je suis pour leur faire avaler 10 litres par jour de leurs pesticides, ça leur enlèvera peut être l’envie de contaminer tout le monde!!!
    C’est une honte!!!!

  6. concrètement que faut il faire?

    • Ne plus acheter que du vin bio.
      Boire peu, mais beaucoup mieux.
      Si tout le monde en faisait autant, il n’y aurait plus de viticultures intensives, plus d’élevages intensifs et plus d’agricultures intensives…!
      Ces gens-là ne veulent que notre pognon, et notre santé avec.
      Le reste,… ils s’en moquent complètement. Ils empoisonnent la planète chaque jour un peu plus!!!!

  7. et le vin sans alcool bon ou pas ???

  8. La pollution générale de notre planète étant hélas ce qu’elle est, le « bio » que ce soit le picrate ou tout le reste (légumes, fruits…) sera TOUJOURS meilleur que ne non bio (labellisé ou non). Entre traiter chimiquement plusieurs dizaines de fois par saison une production ou non, le choix est vite fait…. même si on retrouve des traces du voisin pollueur. Qui lui, empoisonne les nappes phréatiques …. et l’eau de nos sources…. Au point qu’une autre étude a révélé que des eaux comme par exemple la Mont-Roucous recommandée pour sa « neutralité » minérale (comme la Volvic)…. contient des « traces » de médicaments administrés dans les traitements de cancers du sein……
    Buvez l’eau du robinet sans la filtrer et vous ferez une chimiothérapie sans le savoir….. Il en est ainsi pour l’eau puisée dans les nappes phréatiques…. pour arroser les produits dits bio… comme tout le reste…..
    Quand se rendra-t-on enfin compte que tout ce que l’on renvoie dans nos égoûts, nous revient tôt ou tard…. comme un boomerang ????

    • Oui, vous avez raison, mais le plus navrant, c’est que l’on a vraiment l’impression que ça n’intéresse pas grand monde!!!

  9. mon oncle a 1 petite parcelle de vigne dans le sud de l’Italie, et il fait lui même son vin, raisin non traité et pas de sulfite. Même s’il est entouré par les vignes de ses voisins, qui eux utilisent pesticides et portent le raisin à la copé, je vous garantie, avec tous ceux qui y ont goûté, que son vin est un pur bonheur qui ne fait pas mal à la tête quand on en boit même un peu trop. Donc, rien que le fait de pas rajouter de pesticides, c’est déjà bien!

  10. Il est dommage que l’étude de Que Choisir ne mesure pas les résidus de cuivre et de souffre dans les vins

  11. Les viticulteurs de vins bio sont victimes des trafiquants de vin non bio…et le terme est faible, les viticulteurs de vins non bio n’ont aucun respect des hommes et de la nature et vu les profits qu’ils génèrent, ils ne sont pas près de s’arrêter. Demander une taxe est un euphémisme… La loi doit être la même pour tout le monde, celui qu’il enfreint celle-ci s’expose à des sanctions pénales… Ces viticulteurs sans scrupules sont les nouveaux clergés des élus, rien ne se fait sans leur accord. Le tourisme ne peut se développer, les festivités liées au vin sont contrôlées et divisent la population, c’est la mort des traditions viticoles des petites villes et villages. Les avions se multiplient non pas seulement pour les pesticides, l’on voit au-dessus de nos têtes toutes sortes de produits, traînés chimiques, virus etc. Plus rien n’est contrôlable de nos jours alors…les vins bios avec un marché qui ne fait que débuter n’a pas encore son mot à dire dans la cour des grands…Ce la est très décevant qui pouvons y faire…rien comme toujours si ce n’est acheter du vins bio

    • Oups « Cela est très décevant mais que pouvons nous y faire…rien si ce… »

    • D’autant plus que, plus le temps passe et plus le vin en France, n’est plus français, mais chinois, notamment…!
      Il ne faut surtout pas compter sur eux pour avoir du bio, mais bien du poison partout!

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