La sensorialité : notre langage avec le monde extérieur et intérieur

Rédigé par Camille, le 17 Apr 2014, à 15 h 45 min

La sensorialité est utilisée tous les jours et pourtant, nous ne soupçonnons pas l’étendue de son action. Elle est utile pour goûter un bon plat… ou au contraire éviter de s’intoxiquer. Elle s’exprime lorsque la gorge se serre quand le trac est là, par des picotements ou la chaleur intense des joues rougissantes lorsque la timidité se manifeste… Grâce à elle, le quotidien se déroule, l’air de rien.

La sensorialité est un langage peu connu, qui permet de faire le lien entre le monde et soi.

La sensorialité : le secret des récepteurs

La sensorialité est le langage qui permet au système nerveux de communiquer avec l’environnement d’une part et l’organisme du corps humain d’autre part. Grâce à elle, celui-ci s’adapte pour réaliser sa seule mission : nous maintenir en vie.

sensorialité langage communicationPour se manifester, la sensation a besoin de récepteurs ! Sorte de messagers chargés de « recevoir » les informations. Les cinq sens, qui en font partie, sont les seuls à être connus de tous. Ils font le lien avec la réalité extérieure, voilà pourquoi ils sont appelés « extérocepteurs ».

Mais il y en a d’autres encore. Ceux qui, par exemple, renseignent sur la position : êtes-vous assis(e) ? Debout ? Est-ce une chaise un peu dure ou un canapé confortable ? Si l’on est capable de répondre à ces questions, c’est grâce aux propriocepteurs qui assurent la sensibilité des os, muscles, tendons et articulations.

Ce canapé de l'Empire viennois est-il confortable ? Vos récepteurs pourraient vous le dire.

Ce canapé de l’Empire viennois est-il confortable ? Vos propriorécepteurs pourraient vous le dire.

Une dernière catégorie de récepteurs permet de s’adapter pour maintenir l’équilibre de l’organisme : les intérocepteurs. Placés à l’intérieur des viscères et muscles lisses (muscles des viscères et du système veineux), ils captent toutes les modifications du milieu interne. Vous le sentez lorsque, stressés, vous avez mal au ventre. En réalité vous avez contracté trop longtemps la région abdominale…

Ces trois types de récepteurs sont les premiers messagers du long circuit d’information qui donnera lieu à une action ordonnée par le système nerveux. Schématiquement, le circuit se présente comme cela :

traitement-information-cerveauSe suivent : stimulation des récepteurs, envoi du message sensoriel vers les centres nerveux, perception et traitement de l’information, envoi de l’ordre d’action, action.

Sensations, j’écoute ?

Connaissez-vous quelqu’un qui a « l’ouïe fine » ? Ou « l’odorat développé » ? Ces personnes supportent mal les bruits ou les odeurs que d’autres ne perçoivent parfois même pas. Ils  accèdent à des informations que d’autres ne prennent pas en compte. Pourquoi ? Parce que certains de leurs récepteurs sont plus facilement stimulés.

Les récepteurs fonctionnent tous de la même façon : ils ont besoin d’être stimulés pour envoyer le message sensoriel aux centres nerveux (voir encadré). C’est ce que l’on appelle le « seuil de sensibilité ». Chaque sensibilité sera plus ou moins développée au départ, et celle-ci s’affinera d’autant plus si nous la faisons « travailler ».

fleche-nota-beneLes musiciens peuvent avoir naturellement une très bonne ouïe, mais c’est aussi parce qu’ils l’utilisent pour travailler pendant des heures. Les grands sportifs ont une très bonne connaissance de leurs sensations corporelles parce qu’ils sollicitent tous les jours les différents récepteurs que nous venons d’évoquer.

Les musiciens utilisent des récepteurs particuliers au quotidien (© kasabiansparadise.com)

Les musiciens utilisent des récepteurs particuliers au quotidien (© kasabiansparadise.com)

Autre élément important : cette « sensation » peut exister sans être nécessairement consciente. Si elle n’est pas assez intense, le seuil de sensibilité n’est pas atteint et le processus d’information ne s’active pas. La cerveau ne traite donc pas la situation. Une personne dont on dit qu’elle ne « craint pas la douleur » ne sera pas moins brûlée qu’une autre en cas de contact de sa peau avec une braise… C’est la sensation de douleur dont elle aura moins conscience.

Il se produit la même chose lorsque vous sentez « tout d’un coup » une contraction dans les trapèzes, ou la nuque… En réalité, la tension est présente depuis quelque temps, sans qu’elle ne soit « traduite » en information. Elle n’est pas prise en compte car l’habitude du stress élève le seuil de sensibilité. Il n’est alors atteint que lorsque la charge nerveuse est à son paroxysme ou lorsqu’elle impacte le corps. (Maux de dos, blocage, problèmes de digestion etc.)

> Suite : La sensorialité : le premier rempart du stress

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Camille Lancesseur est passionnée par son métier : sophrologue. Pour elle, « voir le verre à moitié plein » n’est pas qu’une expression naïve...

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