Un salaire minimum mondial pour abolir l’esclavage

Rédigé par Francis Journot, le 4 Nov 2013, à 18 h 11 min

Partout dans le monde, des consommateurs et travailleurs souhaitent l’éradication de conditions de travail proches de l’esclavage et accueilleraient favorablement l’instauration d’un salaire minimum mondial. La dernière convention internationale contre l’esclavage fut organisée par la Ligue des Nations en 1926 et signée par 99 pays. Depuis, aucune autre mesure globale n’a été prise pour améliorer les conditions de travail et de rémunération des populations les plus fragiles. Aussi, dans un contexte de mondialisation sauvage où seul le profit fait loi, il est maintenant urgent de définir de nouvelles règles pour éradiquer des conditions de travail proches de l’esclavage.

Un salaire décent contre l’esclavage

Un salaire décent peut constituer un outil de respect des droits humains

« L’éradication de conditions de travail proches de l’esclavage passe d’abord par une digne rémunération » : l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et de nombreuses ONG dressent régulièrement le constat alarmant des conditions de travail et de sécurité des ouvriers des pays à bas coûts. Mais les chartes éthiques signées par les groupes de distribution et les industriels locaux s’avèrent insuffisamment contraignantes et n’ont jamais permis d’améliorer significativement l’existence de populations asservies.

Les conditions de travail au Bangladesh, bien souvent déplorables © Jean Toulet

Chaque année, des situations sanitaires dangereuses et de nombreux accidents continuent ainsi à tuer des milliers d’ouvriers. Il est hélas peu certain que les donneurs d’ordres acceptent de renoncer à une part même mineure de leurs bénéfices pour faire progresser la sécurité et la situation des ouvriers. En effet, ceux-ci estiment souvent que cette responsabilité incombe aux sous-traitants qui, à l’opposé, affirment généralement ne pas pouvoir financer des améliorations sans l’implication financière des grands groupes de la distribution.

Changer d’approche

Il nous faut aujourd’hui penser une autre approche : des travailleurs mieux rémunérés ont davantage accès à l’information, mais aussi à des conseils et à une aide juridique pour les protéger et faire valoir leurs droits.

Et si nous, consommateurs occidentaux, aidions les salariés des pays à plus faibles coûts à obtenir une plus digne rémunération de leur travail ?

La plupart des consommateurs occidentaux accueilleraient très favorablement l’institution d’une norme salariale mondiale. Néanmoins, la protection, les droits, la sécurité et la santé des citoyens relèvent de la responsabilité de chaque État qui, même en cas d’insuffisances, demeure souverain. Par ailleurs, l’instauration immédiate d’un salaire minimum décent pour l’ensemble des salariés de chaque pays émergent serait, le plus souvent, économiquement irréalisable.

Aussi, Il importerait « simplement » d’organiser une convention internationale pour définir un montant de rémunération minimum obligatoire spécifique à l’exportation.

Lire page suivante : à quoi ressemblerait une convention internationale pour un salaire minimum mondial ?

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Francis Journot est membre fondateur des mouvements "Collectivité nationale" et "Rendez nous notre industrie". Il est également membre des associations...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Justement l’Europe a été faite pour permettre la libre circulation des travailleurs pour le plus grand profit des capitalistes, et ce pour les raisons que l’on connait.
    Cette situation permet aux étrangers des pays de l’Est par exemple, de venir travailler en France pour un salaire de misère, mais ce salaire est toujours plus élevé que celui qu’ils auraient eu dans leur propre pays, de plus, en se déplaçant hors de leur pays ils quittent leur famille souvent pour de longs mois, parfois 1 à 2 ans, c’est un lourd sacrifice pour accéder aux richesses du monde capitalistes !

  2. Merci de tout coeur à Francis Journot pour cet article. J’espère qu’il sera lu et relu par le plus grand nombre. Je doute malheureusement que ces propositions ne soient pas mises en application si les peuples, ensemble, ne luttent pas pour l’obtenir. Mais l’information est le premier pas pour le changement, alors encore merci

  3. Nos politiques de tous bord quand ils ont fait l’Europe, auraient dus commencer par le social c’est à dire harmoniser les salaires et la couverture sociale de tous les Européens, ce qui aurait évité d’une part l’immigration de pays à pays, dont but est de profiter des aides attribué par ces derniers, la ou elles sont plus intéressantes et d’autre part éviter la délocalisation du travail vers les pays ou les salaires sont indécents, Pologne Roumanie, Turquie,etc, et que dire de l’Allemagne qui elle ne n’a même pas de SMIG, ou elle peut embaucher au prix de l’heure le plus bas, voir 1 euro de l’heure, va même recruter Polonais, Roumains, Tchèques et payer les charges sociales dans ces pays respectifs parce-qu’elles sont moins élevées, il est certain, nous pauvres Français nous sommes or jeu.

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