Pesticides dans l’eau du robinet : votre commune est-elle concernée ?

Alors que la qualité de l’eau du robinet suscite des inquiétudes notamment en raison de la présence de pesticides, un moteur de recherche permet de savoir si votre commune est concernée par ce problème.

Rédigé par Cecile, le 13 Jun 2023, à 9 h 46 min
Pesticides dans l’eau du robinet : votre commune est-elle concernée ?
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Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), la région Hauts-de-France est celle où les concentrations en pesticides et en métabolites (résidus de pesticides) sont les plus élevées dans l’eau du robinet. Une étude menée en France depuis 2019, qui a conduit à la mise sous surveillance renforcée par l’Anses de 105 communes des Hauts-de-France, où l’eau est contrôlée tous les 15 jours pendant trois mois.

Des résidus de chloridazone, un pesticide interdit en France depuis 2020

Source d’inquiétude : la présence, dans l’eau du robinet de la région Hauts-de-France, de métabolites du chloridazone, un pesticide interdit en France depuis 2020 et utilisé notamment par les producteurs de betteraves. L’ARS Hauts-de-France a ainsi pu constater, à l’issue de sa surveillance, un dépassement du seuil autorisé fixé à 3 microgrammes par litre. Ce dépassement a été constaté dans dix communes de Picardie.

Depuis cette alerte, huit communes ont réussi à trouver des solutions pour abaisser ce taux. Le village de Versigny a ainsi fait le choix de raccorder son réseau d’eau potable à celui de Sinceny, commune voisine. Des travaux qui ont un coût : 500 000 euros. Deux communes de l’Aisne se trouvent toujours concernées par des restrictions d’eau du robinet, rapporte France 3 Régions : Merlieux-et-Fouquerolles et Le Thuel.

Toujours selon France 3 Régions, dans ces communes « seuls 9 % des prélèvements d’eau du robinet sont conformes aux normes de qualité, notamment à cause de la présence de chloridazone. » Pour boire, les habitants n’ont d’autre choix que d’acheter des packs d’eau en bouteille ou de se rendre au point d’eau potable mis en place par la municipalité de Le Thuel dans le village voisin de Montloué. Une situation qui pourrait durer, la municipalité ayant mandaté un bureau d’études pour trouver comment rendre de nouveau potable l’eau du village.

Des résidus de chloridazone, un pesticide interdit en France depuis 2020

Pour savoir si votre commune des Hauts-de-France et elle aussi concernée par ce problème de pesticides et résidus de pesticides dans l’eau potable du robinet, France 3 Régions a créé un moteur de recherches en s’appuyant sur les données du Ministère de la Santé. Une question subsiste : pourquoi retrouve-t-on des pesticides dans l’eau du robinet ?

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Pourquoi retrouve-t-on des pesticides dans l’eau potable du robinet ?

Comme l’explique l’Anses, après utilisation, une fraction des produits phytopharmaceutiques se répand dans l’environnement. Leurs composants actifs peuvent se transformer en métabolites (résidus) en fonction de leurs propriétés et des conditions physico-chimiques qu’ils rencontrent dans les sols.

Par conséquent, les résidus de ces substances phytopharmaceutiques et les métabolites qui en résultent peuvent se retrouver dans divers endroits tels que les sols, les eaux de surface et les eaux souterraines, les sédiments, les plantes, ou même l’atmosphère. Une fois qu’ils se trouvent dans les ressources en eau, ils peuvent potentiellement être transférés dans l’eau du robinet distribuée aux consommateurs si aucun processus de traitement approprié n’est mis en place.

Pourquoi retrouve-t-on des pesticides dans l'eau potable du robinet ?

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Pourquoi relève-t-on dernièrement plus de pesticides dans l’eau du robinet ?

Autre question : pourquoi retrouve-t-on plus de pesticides dans l’eau potable ces derniers temps ? Ces dix dernières années, explique l’Anses, une évolution significative de la surveillance sanitaire liée à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) a eu lieu, notamment en ce qui concerne l’amélioration des techniques d’analyse. En parallèle, la recherche de diverses substances actives et de leurs métabolites s’est accrue. En outre, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques a également subi des changements. Une évolution qui résulte d’une part des pratiques et exigences de protection des plantes, et d’autre part de l’augmentation du nombre et de la variété des substances autorisées. Une combinaison de facteurs qui amènent les contrôles à mettre en évidence davantage de cas de dépassement des normes de qualité que par le passé. Il apparaît donc urgent de développer de nouvelles stratégies de gestion afin de restaurer la qualité de l’eau distribuée.

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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Article putaclic honteux de la part de votre média : vous devriez indiquer que ce n’est que pour les Hauts de France soit une toute petite partie du pays. Je ne me ferai plus avoir.

    • C’est écrit dans l’article, que c’est pour les Hauts de France… J’ai été moi aussi déçue, mais nous lisons trop vite !

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