Mort et écologie : comment rester vert jusqu’au bout ?

À quoi sert d’être écolo toute sa vie si on se met à polluer la Planète après sa mort ? Car c’est une chose aussi inévitable que la mort en soi : que l’on choisisse l’inhumation ou la crémation, notre mort aura forcément un impact sur l’environnement. Toutefois, des alternatives existent pour allier mort et écologie.

Rédigé par Annabelle, le 31 Oct 2016, à 15 h 47 min

Les alternatives à l’inhumation et à la crémation

De nouvelles technologies se développent peu à peu en vue de protéger l’environnement.

L’aquamation

Cette technique se trouve aux antipodes de la crémation. Ainsi, au lieu de brûler le corps, on plonge celui-ci dans un bassin avec une eau chauffée à 93°C. On y adjoint un mélange carbonates et d’hydroxydes qui accélèrent le processus de décomposition. Au bout de quelques heures seulement, la chair et les organes sont totalement décomposés et il ne reste plus que le squelette. Les os sont ensuite broyés et rendus à l’entourage du défunt, exactement comme lorsque l’on remet les cendres à la famille après une crémation.

mort et écologie, chrysanthème

Le procédé est plus écologique que les procédés traditionnels : l’aquamation nécessite jusqu’à 10 fois moins d’énergie que la crémation et produit beaucoup moins de CO2.
En outre, l’eau peut être récupérée pour servir d’engrais

La résomation ou hydrolyse alcaline

Dans le même genre que l’aquamation, les Britanniques ont mis au point la résomation. Ici, on fait bouillir la dépouille placée dans un linceul en soie dans une eau à 150°C additionnée de soude et de potasse. Au bout de 2h, il ne reste plus qu’une poussière blanche, une poudre de calcium qui peut être placée dans une urne (si possible biodégradable).

La promession

Cette fois-ci, le corps n’est ni brûlé, ni plongé dans l’eau mais gelé grâce à de l’azote liquide à – 196°C. La dépouille devenue ainsi aussi fragile que du verre est soumise à des vibrations afin de la pulvériser. Les restes du corps sont ensuite lyophilisés pour extraire toute trace d’eau et débarrassés de tout métal. Ils sont enfin placés dans un cercueil.

La recomposition ou compostage des corps

Le corps est placé sur un lit de copeaux de bois ou de sciure dans un lieu ventilé et arrosé d’une solution aqueuse sucrée pour que se produite la fermentation, base du compostage. La température du corps monte à 60°C : les bactéries du corps libèrent des enzymes qui désagrègent les tissus, ce qui fait que le corps s’enfonce dans les copeaux de bois sur lesquels ils repose. Après 4 à 6 semaines passée dans le bassin de recomposition, on obtient un produit similaire à du terreau… Les os aussi peuvent être décomposés de la sorte mais le processus sera beaucoup plus long.

Ces alternatives font leur chemin à l’étranger, dans des pays où la mort est peut être moins taboue qu’en France. Mais les mentalités évoluent : on le voit bien avec la crémation qui était plus que marginale il y a 40 ans (0,5 % des obsèques en 1975) et qui représente aujourd’hui 1/3 des décès. Les problèmes écologiques que posent les procédés traditionnels motiveront sans doute la recherche de solutions plus écologiques et l’autorisation de techniques nouvelles pour des obsèques moins polluantes.

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35 commentaires Donnez votre avis
  1. Et pour quoi appliquerait une autre méthode. Faire comme font Item entreprises pour recycler leurs déchets de boucherie dont c’est la seule usine au Havre d’Europe. Les déchets de viande sont transformés en carburant et représente 7% d’un litre de diesel.
    L’inhumation, c’est une arnaque ! Quelle que soit votre concession que vous avez  »acheté » ou que vos héritiers ont retenu, reste être une arnaque. Car dès que par manque d’entretien de la sépulture par vos descendants, après six mois que la  »petite affichette » posée devant la pierre, les cercueils seront relevés et emmenés au crématorium public le plus proche, puis les cendres seront déversées sur  »l’aire du souvenir » où vos cendres seront mélangées avec d’autres qui pouvaient être vos ennemis !!! En bref, être inhumé => par votre décomposition, les jus polluent pollues la nappe phréatique, puis au levée du corps, des virus peuvent reprendre vie, puis on vous crame !!! Alors qu’en dit le Hulot ??? et son successeur ??? Encore un enfumage de  »tapis roulé » … à suivre

  2. Article intéressant, mais dans le cas d’inhumation, la thanatopraxie n’est pas obligatoire. La conservation du corps peut se faire par le froid, ce qui évite le rejet de de formaldéhyde et autres dans le sol. Si on prend cela en compte, est-ce que l’enterrement n’est pas plus écologique ?

  3. Pas mal…. mais c’est scandaleux de faire (ou de laisser) croire aux gens que c’est en enterrant un défunt, même dans un œuf en plastique biodégradable, qu’on peut faire pousser un arbre …s’il grandit quand même, ce n’est pas grâce à la dépouille, mais malgré sa putréfaction !
    En réalité, ce n’est qu’une tentative de « green washing » d’une pratique funéraire extrêmement dommageable pour la salubrité publique et la protection de l’environnement car le véritable problème des cimetières ce sont les nappes phréatiques carrément in-dépolluables à cause de la cadavérine, de la putrèscine,
    de tous les produits chimiques accumulés dans nos corps : résidus de médicaments, pesticides, perturbateurs endocriniens, produits d’embaumement… ainsi que métaux lourds des amalgames dentaires, des prothèses, des pace-makers, … par suite de la putréfaction (mauvaise décomposition en l’absence d’air)!

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