Mort et écologie : comment rester vert jusqu’au bout ?

À quoi sert d’être écolo toute sa vie si on se met à polluer la Planète après sa mort ? Car c’est une chose aussi inévitable que la mort en soi : que l’on choisisse l’inhumation ou la crémation, notre mort aura forcément un impact sur l’environnement. Toutefois, des alternatives existent pour allier mort et écologie.

Rédigé par Annabelle, le 31 Oct 2016, à 15 h 47 min

Des exemples de funérailles écologiques

Un peu partout dans le monde, on essaie d’être écolo jusqu’à la fin, et même après. Alors pour que notre passage sur Terre ne laisse plus aucune trace, même après notre départ, des associations de protection de l’environnement veille à rendre les funérailles vertes au possible.

© CC, christgr

© CC, christgr

Tout en conservant les procédés traditionnels de crémation ou d’inhumation, on va choisir des matériaux alternatifs au bois laminé ou exotique et même faire appel à des ressources renouvelables.

Par exemple, des associations américaines proposent d’extraire les plombages au mercure des corps avant leur crémation. Le cimetière Centennial Park à Adelaïde, en Australie, a mis au point une charte écologique par laquelle le personnel s’engage à rationaliser les ressources et à observer de bonnes pratiques environnementales. Le crématorium de Cornebarrieu, en Haute-Garonne, quant à lui, propose une urne entièrement biodégradable.

Des cercueils écologiques

Chez nos voisins européens on délaisse de plus en plus les cercueils en bois pour des matériaux beaucoup plus écolo.

Des cercueils en carton

Utilisés depuis une trentaine d’années dans les pays du nord, mais de façon très confidentielle en France, les cercueils en carton « séduisent » de plus en plus. Il faut dire qu’AB Crémation met le paquet : les cercueils sont personnalisables et les motifs à sélectionner sont pleins de couleurs pour certains et en tout cas, très esthétiques.

mort et écologieCe cercueil en carton supporte jusqu’à 250 kilos et en pèse seulement 7. Il est résolument plus écologique car conçu en papier recyclé, dans lequel sont injectés des fibres naturelles et de l’amidon de maïs afin de le solidifier. Il est décoré avec des teintures à l’eau et le capiton intérieur est en lin

  • Le cercueil est ainsi biodégradable à 100 % ;
  • il ne contient ni chlore, ni fluor. Il présente un faible taux d’oxyde d’azote et ne dégage aucun métal lourd durant la crémation ;
  • en outre, il réduit le temps de crémation à 15 min en moyenne alors qu’il est d’1h30 avec un cercueil standard.

Une urne bio

L’urne bio est conçue pour « redevenir poussière » et au passage, donner naissance à un bel arbre qui fera office de plaque commémorative. Bios Urn est une société américaine. Celle-ci commercialise des urnes funéraires se présentant comme un grand gobelet en carton sauf que celui-ci est fabriqué à base de fibre de noix de coco, à laquelle sont mélangés des fertilisants biologiques, de la tourbe, de la cellulose et des graines d’arbres.

mort et écologieLes cendres du défunt sont recueillies dans le gobelet qui sera à son tour enterré. Au bout de quelques temps, le contenu du gobelet donne un « coup de pousse » aux graines qui deviennent un bel arbre à la mémoire du défunt.

Bios propose d’ensevelir l’urne dans l’un de ses parcs aux États-Unis et de suivre la croissance de l’arbre en ligne.

Outre Manche, la mort écolo est à la mode !

mort et écologie

Au Royaume-Uni, concilier mort et écologie n’a rien de tabou, au contraire ! Les bio-cimetières ont le vent en poupe : il s’en crée 40 chaque année. En Angleterre, près de 270 bio-cimetières ont emboîté le pas au Natural Death Centre ouvert à Londres en 1993. Il s’agit de forêts qui viennent peu à peu remplacer les cimetières. Ces aires naturelles sont accessibles au public : on peut s’y balader et même pique-niquer. Ce sont des lieux privilégiés pour communiquer avec la Nature tout en communiant avec le défunt.

Les Pays-Bas, la Suède et les Ètats-Unis ont, eux-aussi adopter le système.

Le Natural Death Centre est un spécialiste des funérailles écologiques outre Manche : il commercialise un guide des obsèques écologiques en vente sur son site (naturaldeath.org.uk) et organise depuis 2008 un salon des Obsèques vertes.

Découvrez aussi Capsula mundi, l’urne funéraire qui fait pousser des arbres

Lire page suivante : les alternatives à l’inhumation et à la crémation

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Passionnée de voyages et de rencontres en tout genre, j'adore prendre mon sac-à-dos et voir ce qui se passe ailleurs ! Consommer responsable est devenu une...

35 commentaires Donnez votre avis
  1. Et pour quoi appliquerait une autre méthode. Faire comme font Item entreprises pour recycler leurs déchets de boucherie dont c’est la seule usine au Havre d’Europe. Les déchets de viande sont transformés en carburant et représente 7% d’un litre de diesel.
    L’inhumation, c’est une arnaque ! Quelle que soit votre concession que vous avez  »acheté » ou que vos héritiers ont retenu, reste être une arnaque. Car dès que par manque d’entretien de la sépulture par vos descendants, après six mois que la  »petite affichette » posée devant la pierre, les cercueils seront relevés et emmenés au crématorium public le plus proche, puis les cendres seront déversées sur  »l’aire du souvenir » où vos cendres seront mélangées avec d’autres qui pouvaient être vos ennemis !!! En bref, être inhumé => par votre décomposition, les jus polluent pollues la nappe phréatique, puis au levée du corps, des virus peuvent reprendre vie, puis on vous crame !!! Alors qu’en dit le Hulot ??? et son successeur ??? Encore un enfumage de  »tapis roulé » … à suivre

  2. Article intéressant, mais dans le cas d’inhumation, la thanatopraxie n’est pas obligatoire. La conservation du corps peut se faire par le froid, ce qui évite le rejet de de formaldéhyde et autres dans le sol. Si on prend cela en compte, est-ce que l’enterrement n’est pas plus écologique ?

  3. Pas mal…. mais c’est scandaleux de faire (ou de laisser) croire aux gens que c’est en enterrant un défunt, même dans un œuf en plastique biodégradable, qu’on peut faire pousser un arbre …s’il grandit quand même, ce n’est pas grâce à la dépouille, mais malgré sa putréfaction !
    En réalité, ce n’est qu’une tentative de « green washing » d’une pratique funéraire extrêmement dommageable pour la salubrité publique et la protection de l’environnement car le véritable problème des cimetières ce sont les nappes phréatiques carrément in-dépolluables à cause de la cadavérine, de la putrèscine,
    de tous les produits chimiques accumulés dans nos corps : résidus de médicaments, pesticides, perturbateurs endocriniens, produits d’embaumement… ainsi que métaux lourds des amalgames dentaires, des prothèses, des pace-makers, … par suite de la putréfaction (mauvaise décomposition en l’absence d’air)!

Moi aussi je donne mon avis