Pour ou contre la ionisation des aliments ?

Rédigé par Sonia C, le 20 Oct 2015, à 10 h 00 min

L’irradiation des aliments, ou ionisation des aliments, est aujourd’hui une pratique courante pour favoriser le développement des échanges internationaux. Cette méthode dite moins néfaste que d’autres modes de conservation des aliments, limite l’usage des produits chimiques. Cependant, les associations sont de plus en plus nombreuses à contester les avantages de l’irradiation, suspectant notamment des risques de cancérogénèses. L’irradiation, néfaste pour notre santé et l’environnement ?

Moins inquiétant que de parler d’irradiation , l’ionisation de certaines denrées alimentaires n’en reste pas moins un sujet assez tabou sur lequel le consommateur n’est que très peu informé. A l’heure où les langues se délient pourtant, où nous sommes demandeurs d’informations fiables et de communication transparente, peut-être est-il temps de ressortir les sujets qui ont pu faire polémique avant de retomber dans l’oubli.

Article écrit par Nolwen en 2014 et mis à jour par Sonia en octobre 2015.

L’irradiation, une technique qui a fait ses preuves mais…

L’origine de l’irradiation

Inventée dans les années 1940, l’irradiation est une technique devenue ordinaire de décontamination des aliments, tout en leur permettant une meilleure conservation. Pour cela, les denrées sont soumises à un rayonnement gamma (ou à un faisceau d’électrons) de très haute énergie. Il s’agit donc d’une technologie nucléaire(3).

Tout d’abord testée en laboratoire dans les années 1948 avec des rayons X , l’ionisation décolle vraiment en 1950 avec l’utilisation du Cobalt 60. Jugée sans danger par l’OMS en 1980 , elle entre alors dans son âge d’or avec son emploi à grande échelle sur les aliments dans de très nombreux pays.

Quels sont les avantages de la ionisation des aliments ?

ionisation des aliments irradiation

Certains considèrent que la ionisation des aliments n’a pas de conséquence sur la santé © Shutterstock

Dès 2005, 7 centrales d’irradiation des aliments avaient été référencées en France : c’est une pratique courante. Pour mieux comprendre de quoi il est question, commençons par une définition : la ionisation, de par son rayonnement, permet d’éliminer une certaine quantité de micro-organismes et divers bactéries responsables de la dégradation des aliments, pouvant causer les fameuses intoxications alimentaires.

En d’autres termes, la ionisation des aliments améliore la salubrité de ces derniers en réduisant les charges microbiennes. Par ailleurs, les aliments ayant subi ce type de traitement ne sont en aucun cas radioactifs comme nous pourrions l’imaginer, mais irradiés.

Dans ce sens, les promoteurs de cette technique diront que la ionisation est un moyen efficace de lutter contre les maladies caractéristiques des aliments comme la salmonellose. Toujours selon ce point de vue, la ionisation représente une alternative sûre et propre à la fumigation chimique, et permet de réduire les pertes postérieures à la récolte.

  • En dessous de 10eV (Électron-volt), les radiations sont non ionisantes, on y classe notamment les rayonnements ultra-violets et infrarouges.
  • La ionisation n’est pas autorisée sur tous les types d’aliments.

Irradiation des aliments, quels dangers ?

Bien que l’irradiation soit efficace en termes d’alternative aux conservateurs chimiques, elle présente aussi des inconvénients assez lourds. En effet, l’irradiation entraîne la destruction d’une partie des nutriments et des vitamines que contiennent les denrées.

D’autre part, elle est responsable de la formation de radicaux libres, pouvant entraîner l’altération des caractéristiques organoleptiques des aliments. De plus, les aliments irradiés peuvent tromper le consommateur car ils sont sains en apparence, mais ne le sont pas toujours (une alternative douteuse au respect des pratiques sanitaires ?).

raisin fruit de saison automne octobre

Ce fruit a-t-il été irradié ? Non, pas en Europe, grâce à la réglementation © Shutterstock

Enfin, sur le plan environnemental, les animaux de laboratoire nourris sur le long terme avec des aliments irradiés souffrent de plusieurs maladies génétiques comme les malformations, et l’irradiation faisant appel à l’industrie nucléaire, la pollution se manifeste à plusieurs niveaux (déchets, CO2, radioactivité, transport…).

Quels sont les principaux risques potentiels pour le consommateur ?

On soupçonne les aliments irradiés de subir des modifications génétiques qui pourraient provoquer des cancers. D’autre part – et là , le doute n’est pas de mise, la production de radicaux libres induite par cette technique de conservation a un rôle prépondérant dans le déclenchement du processus de dégradation cellulaire.

Les associations pointent du doigt la ionisation

Face à une telle polémique sur l’irradiation, qui se développe à travers le monde, des associations étrangères et françaises telles que Action Consommation, la Fédération Nature et Progrès ou encore Les Amis de la Terre n’ont pas tardé à réagir. Parmi leurs requêtes envers le gouvernement et la Commission européenne, on trouve :

  • L’attribution de fonds pour une recherche, indépendante et transparente, sur les effets pour la santé de la consommation d’aliments irradiés,
  • Une modification de la liste des aliments autorisés en France,
  • Une mise en place d’enquêtes sur les fraudes,
  • Des contrôles significatifs par les différents pays de l’Union Européenne, et la mise en place de sanctions.

Ainsi, campagnes, communiqués, pétitions et rencontres se multiplient pour inciter les consommateurs à la mobilisation contre cette pratique qu’elles considèrent des plus douteuses…Et vous ?

Irradiation – A savoir

  • En France, la ionisation concerne les volailles, les fruits et légumes secs, les germes et flocons de céréales pour produits laitiers, les oignons, l’ail, l’échalote, la farine de riz, les cuisses de grenouilles et les crevettes.
  • Dans l’Union européenne, plus de 15 000 tonnes de denrées alimentaires ont été ionisées en 2006(2).
  • La Chine est passée de 7 unités d’irradiation en 2003 à 50 en 2006, l’Inde a prévu 25 nouvelles installations d’ici 2012.

Ionisation des aliments : où en est-on en 2015 ?

Irradiation – Quelles sont les réglementations ?

La Commission conjointe du Codex Alimentarius FAO/OMS associée à d’autres organismes de réglementation ont établi des principes fondamentaux pour l’irradiation des aliments en complément des procédures essentielles de contrôle.

En Europe, la directive européenne 1999/2/EC édicte les lois en matière d’aliments et d’ingrédients alimentaires traités par rayonnement ionisant. Actuellement, une seule catégorie alimentaire, celle des herbes séchées, épices et condiments végétaux, est évoquée sur la liste des produits alimentaires pouvant être irradiés.

thym-epice-sante-naturelle-plante-ban

Thym frais : on évite la ionisation… 

Par ailleurs, la directive établit des dispositions comprenant la source du rayonnement ionisant, les contrôles sur le taux de radiation autorisé et les conditions d’étiquetage des produits alimentaires. Les conditions d’importation des produits alimentaires irradiés doivent également être indiquées.

Cependant, ces règlementations sont actuellement jugées inefficaces, de par un manque de contrôle évident et des données insuffisantes sur les risques sanitaires, sans oublier les fraudes de plus en plus fréquentes…

En Europe il n’y a malheureusement pas de consensus quant à l’autorisation de l’ionisation. Ainsi , huit pays – dont la France – autorisent cette pratique tandis que d’autres l’ont définitivement bannie.

Et le consommateur, dans tout ça ?

Là encore, le flou demeure. Bien que l’indication – logo à l’appui – de l’ionisation soit obligatoire , elle n’est absolument pas contrôlée et invite donc facilement à la fraude. Tout est fait pour berner le consommateur : le logo lui-même – une petite fleur enfermée dans un cercle – suscite pour le béotien un sentiment de confiance plutôt que l’angoisse et ce n’est pas parce que le fabricant promet que ses herbes sèches n’ont subi aucun traitement en France qu’elles n’en ont pas fait l’objet dans leur pays d’origine ! Le citoyen lambda est-il en mesure de recevoir une information sûre sans devoir passer par un parcours du combattant ? Difficile…

Pour avoir la certitude de consommer des aliments non ionisés, le label bio reste le seul garant sanitaire car il n’autorise pas l’irradiation des produits soumis à sa charte de qualité. Ouf !

Illustration bannière : Certains considèrent que la ionisation des aliments n’a pas de conséquence sur la santé © Shutterstock

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Sonia C., passionnée de biologie et de nutrition, j’aime l’idée de rendre les sciences accessibles à tous sans pour autant en édulcorer les grands...

11 commentaires Donnez votre avis
  1. L’autre jour je suis attiré par des biscuits déjeuner,gros paquet moins cher que les “lus”,je cherche un peu,distributié par une société de Barcelone,mais aucune mention de provenance initiale,je tente d’autres produits et j’en tire une conclusion,de plus en plus de “lecture” sur les étiquettes mais un pragraphe en voie de disparition,celui du pays d’origine du produit.
    Je suppose que l’UE fait tout pour que cela arrive au non du commerce mondial.

  2. Pas plus tard qu’il y a deux semaines, j’ai acheté chez lideule, des cuisses de grenouilles,origine Indonésie.
    Arrivée à la maison, je vois sur l’étiquette : “Produit ayant subi une ionisation”.
    Est ce que la viande fait maintenant parti de la liste des aliments ??? Ou bien est ce illégal ???

  3. message destiné a l’attention de tueur: j’ai essayé de trouvé la fameuse video qui correspond à l’adresse que tu as donné dans ton texte mais celle-ci a disparu. sais tu ce qu’elle est devenue?

  4. Je suis totalement contre surtout que la Chine et autres pays doivent dépasser allègrement les doses
    Cela detruit les protéines , les vitamines qu’est ce qu’il reste au produit après ça ?
    Les consommateurs doivent exiger le logo sur ces aliments ionisés .

  5. je suis contre cette pratique qu’on nous impose ça +les pesticides il y en a marre de nous faire bouffer des produits toxiques

  6. Ils commencent à mon gonfler gravement ces apatrides mondialistes. Tout cela essentiellement pour préserver leurs profits déjà énormes sous couvert de risques sanitaires.
    Comme le terrorisme mit en avant pour justifier toute leurs vermines d’idées liberticides et comploteuses.

    Les fruits ont nourris nos ancêtres sans risques. Si leur viande pose problème c’est dans leur technique d’élevage trop concentrationnaire.
    Et dire que la mafia européistes veut nous imposer leur TTIP. Nous savons bien pourquoi et nous savons que les merdes des USA vont se déverser dans nos assiettes. Vivement un logo France ou alors éradiquons ces criminels ayant fait un coup d’état sur nos nations par Lisbonne 2005/2007. Ploutocratie criminel organisée en mafia d’apatrides, mondialiste et libéraux.

    Voici une vidéo d’un reportage assez riche sur le sujet. Une seule étude. Elle est française.
    https://www.youtube.com/watch?v=UEkBL2qzC94

  7. Et si on buttait toute cette vermine d’industriels ?

  8. Achetez local et frais, et il n’y aura pas besoin de conserver les aliments sur de longues périodes.
    Pas de transport, pas d’irradiation, pas de conservateurs !

  9. NON à l’irradiation des aliments et il ne faut surtout pas les acheter car nous n’avons pas assez de recul des effets secondaires chez l’être humain !

  10. Bjr Garrigues,
    j’ai ouie dire exactement le contraire, à savoir que tout produit importé passait obligatoirement à l’irradiation pour éviter toute contamination sur le territoire français. Qui croire ?

  11. La « traçabilité » pour certaines viandes importées ?… – Une farce !
    L’information des consommateurs ?… – Vous plaisantez !

    Le dernier scandale sur la viande de cheval a choqué l’opinion. Il a mis en évidence l’opacité des circuits commerciaux. Il a montré la désinvolture de quelques opérateurs affairistes et -peut-être aussi- l’indigence des dispositifs de contrôle…

    Mais l’affaire du cheval peut permettre de révéler des pratiques encore plus graves : elle ne doit pas rester l’arbre qui cache la forêt.

    Très mobilisés, certains réclament déjà le contrôle de tous les ingrédients entrant dans la composition des plats cuisinés… vaste chantier. Pourra-t-on aussi connaître un jour la nature de toutes les viandes utilisées en restauration ? Plus simplement, quelles sont déjà les certitudes pour les pièces entières proposées par les distributeurs ?

    Si l’on se soucie vraiment de la santé et de l’information des consommateurs, il est urgent d’assurer d’abord le respect des règles existantes, en ne tolérant plus certaines dérives inquiétantes…
    Or, ces manquements, chacun d’entre nous peut les constater, tout de suite, près de chez lui.
    Il suffit de s’intéresser à une viande particulière : la viande d’agneau importée.

    À l’approche de la période pascale, les gondoles de la plupart des Grandes Surfaces commencent à regorger d’offres promotionnelles alléchantes : de jolis petits gigots raccourcis, frais, à souvent moins de 8 euros/kg…
    Ces pièces sont généralement présentées dans une légère barquette, entourée d’un petit film transparent. Sur l’étiquette, les indications sont assez sommaire… (voir photo).
    Origine : Nouvelle-Zélande (ou Australie),
    Emballage : … (souvent le matin-même),
    À consommer jusqu’au : … (3 ou 4 jours après, sans aucune autre mise en garde…)

    Par quel miracle cette viande a-t-elle débarquée toute fraîche de l’autre bout du Monde ? Ça ne concerne donc pas le con-sommateur ?…

    En réalité, quelques heures avant, les petits gigots étaient encore dans la solide enveloppe protectrice, de type « Cryovac », qui avait été sertie dans l’abattoir d’origine et qui les maintenait sous atmosphère contrôlée. Sur cet emballage était imprimés l’identité de la firme exportatrice, les coordonnées de l’atelier agréé, la date d’abattage de l’agneau et celle du conditionnement…

    … Et c’est là qu’intervient la « remballe », pratiquée dans les petits ateliers à l’arrière de la grande surface. Officiellement interdite, la remballe permet toutes les turpitudes : certains ont encore en mémoire les vidéos qui circulaient sur le reconditionnement de viandes avariées…

    L’affaire des gigots d’Océanie peut, certes, paraître moins grave. Elle occasionne néanmoins une sacré rupture dans la traçabilité et surtout dans l’information des consommateurs… Les grands distributeurs (Auchan, Carrefour, Leclerc, Super U… etc : tous font pareil…) oublient simplement de préciser qu’il s’agit d’un reconditionnement et ils dissimulent bien que ces gigots « pseudo-frais » proviennent d’animaux abattus 2 ou 3 mois auparavant ! On peut supposer que les registres des entreprises répertorient correctement les flux, afin de permettre les vérifications a-posteriori, en cas de problème. Mais peut-on se fier aveuglement à l’auto-contrôle sur lequel comptent des Autorités sanitaires privées de moyens ?

    En fait, la légèreté des distributeurs dissimule une magouille beaucoup plus grave, avec des compromissions à assez haut niveau.

    La stupéfiante longévité de ces viandes, qui ne sont même pas congelées, a une explication. Ce sont -à coup sûr- des viandes irradiées, bombardée au Cobalt 60, quasiment « vitrifiée » pour échapper à la putréfaction.
    Si cela est prouvé, on a affaire à une fraude autrement plus sérieuse, puisque l’ionisation, ainsi que l’importation ou la détention de viandes ainsi traitées, sont strictement interdite en France et dans l’Union Européenne. Même l’Organisation Mondiale de la Santé, pourtant favorable à l’ionisation, recommande l’identification des produits traités avec un logo distinctif et cela jusqu’au consommateur final. Mais voilà une disposition que les Autorités Néo-Zélandaises, trop intéressées, se gardent bien d’imposer…

    À coup sûr, le traitement radioactif des viandes (avec celui de l’emballage attenant) n’est pas anodin. Il provoque même l’apparition de radicaux chimiques nouveaux. C’est justement la mise en évidence, par analyse, de ces radicaux -suspectés cancérigènes- qui peut prouver l’irradiation.
    Encore faut-il que ce soit souhaité…

    Finalement, le scandale provoqué par la fraude sur le cheval peut s’avérer bénéfique s’il provoque enfin un sursaut d’indignation.
    Un tel sursaut amènerait déjà une considérable amélioration de la sécurité alimentaire.
    Accessoirement, vu l’importance des importations litigieuses, les éleveurs d’ovins français seraient soulagés d’une concurrence déloyale et se verraient récompensés des efforts accomplis pour « tracer » leur production…

    BG, le 02/03/2013

    Remarque :

    Pour plus d’informations sur ce « pseudo-frais », parfois qualifié de « chilled », voir notamment sur Internet les articles -signés et assumés- de « revenonsanosmoutons.over-blog.com ».

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