Troc alimentaire : le Food Swap pas seulement contre la crise

Rédigé par Eva Souto, le 14 Nov 2014, à 10 h 44 min

Dans le sillage des pratiques tendances telles que la co-consommation, le DIY (« do it yourself » ou fameux « fais-le toi-même ! ») ou encore l’up-cycling, le Food Swap prône le partage et le retour aux valeurs simples. Tout droit débarqué des Etats-Unis, ce nouvel art de vivre risque bien de faire des émules. Alors, en quoi consiste vraiment le Food Swap ? Zoom sur un phénomène qui arrive dans l’Hexagone.

Le Food Swap, le Troc alimentaire à la mode « share »

Ces derniers mois, une tendance a envahi l’Angleterre : celle du « Food Swapping ». Comme son nom l’indique, il s’agit « d’échanger de la nourriture ».

Food Swap Troc alimentaire

Crise oblige, les gens surveillent de près leur budget, ce qui est un réel atout pour le troc qui voit sa cote de popularité grimper en flèche. Basé sur le principe du « rien de ne se jette, tout s’échange », le phénomène du Food Swap connaît donc un réel engouement en Angleterre. Les échanges de nourriture et événements dédiés au troc de denrées sont régulièrement organisés.

Troc alimentaire : des échanges simples comme bonjour

Le principe est simple : une quarantaine de personnes se retrouvent avec de la nourriture, ou des préparations déjà cuisinées, qu’elles souhaitent troquer.

Une seule condition : que la nourriture soit « home made », à savoir faite maison.

Food Swap 1

L’événement est divisé en deux temps : le 1er est consacré à l’installation de sa marchandise et à la rencontre entre les participants. On partage un verre, on discute, on explique d’où viennent les produits apportés etc.

Le deuxième est dédié au swapping. Quelqu’un est intéressé par la boîte d’oeufs proposée par l’un des exposants ? Rien de plus facile, on s’inscrit sur une petite liste en indiquant ce qu’on souhaite lui proposer en échange.

Après quoi, il suffit d’attendre qu’il accepte, ou décline, et le tour est joué : on se retrouve avec de quoi remplir notre frigo sans avoir eu à sortir son porte-monnaie.

Troc alimentaire : un réel intérêt économique, mais pas seulement

« Les Food Swappers », c’est comme cela qu’on nomme ceux qui participent aux échanges Food Swap, le font pour économiser de l’argent mais pas seulement.

Food Swap 2

Ces derniers optent aussi pour cette solution pour le côté « social » qu’elle recouvre. En effet, à cette occasion, on rencontre de nouvelles têtes, les amoureux de la cuisine échangent des recettes et surtout, il s’agit d’un moment très convivial à passer.

Ajouté à cela, le Food Swap permet d’oeuvrer contre le gaspillage alimentaire et d’assurer une traçabilité des produits consommés. En effet, sur la fiche d’échange sont mentionnées les denrées contenues dans chaque plat ainsi que leur composition.

Le troc alimentaire ou le retour aux sources

L’homme a toujours pratiqué le troc alimentaire, mais cette forme de commerce avait complètement disparu de nos habitudes. Du moins, c’est ce que l’on pensait jusqu’à présent. Le Food Swap revient donc en force dans plusieurs pays. Cette pratique ancestrale est en plein boom au Royaume-Uni, au Canada ainsi qu’aux Etats-Unis.

Food Swap Troc alimentaire

Les premiers adaptes à avoir relancé la pratique viennent de Brooklyn mais désormais ce sont presque 125 groupes qui existent et propagent ce mode de commerce. Les « swappers » (troqueurs) organisent leurs rencontres avec le site http://foodswapnetwork.com/. Lors de ces événements, aucune transaction d’argent, seulement de la nourriture contre de la nourriture, rien d’autre !

Le Food Swap arrive à petits pas dans l’Hexagone

Le Food Swap est finalement le reflet du bon sens et de pratiques déjà mises en place de façon informelle et spontanée avec par exemple la rubrique ad hoc de digitroc qui permet d’échanger ses pots de confitures ou produits du jardin.

Site Troc alimentaire

Le site trocalimentaire.com propose lui aussi ce type de services sur internet. 

Par exemple, en ce moment en Essonne, on peut s’échanger des confitures, de la ratatouille ou encore des oeufs.

Food Swap : dans la lignée du « slow food » et du mouvement Incredible Edible

Le Food Swap est basé sur une philosophie « Nous imaginons un monde dans lequel tout le monde pourra avoir accès et apprécier une nourriture qui sera bénéfique pour eux, bénéfique pour ceux qui la produisent, et bénéfique pour la planète ».

Troc alimentaire

En ce sens, le Food Swap repose un peu sur ce principe : une nourriture dont on connaît la traçabilité et le contenu, une action bénéfique pour l’environnement et un bénéfice économique pour ceux qui échangent.

Le Food Swap s’approche également du mouvement Incredible Edible. Né d’une initiative citoyenne en 2008 dans une petite ville du nord de l’Angleterre, le mouvement « Incredible Edible » (incroyables comestibles en français) part d’un principe simple : chacun plante où il souhaite, arrose, cultive et partage fruits et légumes « bios ». Trottoirs, lopins de terre disponibles et accessoires : tout est possible. Il vise ainsi à créer un nouvel art de vivre en dynamisant les échanges locaux basés sur la culture collective de fruits et légumes. Et vous, auriez-vous envie de tester le Food Swap ?

La ville de Todmorden (au nord de l’Angleterre), première à avoir tenté l’expérience de l’Incredible Edible a retrouvé un véritable rayonnement économique local. Les 15 000 habitants ont changé de regard et de comportement. 3 ans après le démarrage de cette action participative, 83 % des achats de nourriture concernent des produits locaux.

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour,
    Nous en organisons aussi à Bourges avec l’association Les Berryvores. Mais on fait plus simple : chacun vient avec un plat, et peut repartir avec autant de portions piochées dans les plats des autres qu’il a lui-même apportées. On a juste fait des petites fiches pour faciliter l’échange.
    http://www.les-berryvores.fr/je-cuisine-tu-cuisines-nous-troquons/

  2. Je vis dans un petit village, (95 habitants),dans le sud de la France et cette habitude d’échange est ancestrale ici et n’a jamais changé. Nous échangeons oeufs, légumes et fruits du jardin, et même les épluchures se donnent pour les poules et les lapins que nous offrons après. Idem pour les services et l’aide que l’on peut s’apporter les uns et les autres, c’est notre manière de vivre, ici.

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