Faut-il éviter de donner du gras aux tout-petits ?

Les lipides n’ont pas bonne réputation. On les accuse de tous les maux quand ils sont sur-consommés dans l’alimentation quotidienne : surpoids, obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2, etc. Mais ce constat est valable pour les adultes. Qu’en est-il du gras pour les enfants de moins de 2 ans ?

Rédigé par Emma, le 7 Apr 2017, à 13 h 50 min

Une étude réalisée en 2012 par les chercheurs de l’université Paris XIII a changé la donne en matière d’apports en graisses pendant la prime enfance. Elle montre l’inverse de ce que l’on pourrait croire : manger gras est bon pour les tout-petits !

Les tout-petits ont besoin de gras

Les chercheurs parisiens ont suivi 73 enfants nés entre 1984 et 1985 pendant 20 ans en observant leurs apports nutritionnels tout au long de leur croissance et l’évolution de leur poids(1).

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© Evgeny Atamanenko Shutterstock

Résultat : les jeunes qui ont eu des apports lipidiques faibles avant l’âge de 20 ans ont développé un surpoids, avec plus de masse grasse que les autres.

Lire aussi : Les petits Français ne mangent pas assez de lipides

Ces mêmes participants avaient aussi un taux de leptine (l’hormone qui régule les réserves de graisse, mais aussi l’appétit et peut provoquer sa diminution) plus élevé. Ceci montre l’existence d’une résistance éventuelle ou d’une diminution du passage de la leptine du sang au cerveau : l’un des signes biologiques de l’obésité.

Bébés sans apports de graisses = adultes en surpoids

Ces résultats ne surprennent pas Marie-Françoise Rolland-Cachera, co-auteur des travaux. Elle explique que pendant la petite enfance, l’organisme s’adapte en prévision de l’environnement à venir.

Ainsi, si on ne donne pas assez de lipides à un bébé, son métabolisme sera « programmé pour faire face aux déficits et ne sera pas préparé à faire face à des apports élevés en lipides ultérieurement ». Elle met en parallèle l’épidémie d’obésité débutée dans les années 90 avec les apports en lipides trop bas ce ces enfants nés dans les années 1984-85.

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© MIA Studio Shutterstock

Comment est-ce possible ?

La peur des graisses chez les adultes leur fait appliquer à leurs enfants des habitudes alimentaires – manger moins de gras – qui leur sont en fait défavorables, alors même qu’ils pensent les protéger de l’obésité !

En pratique, ces parents  – qui croient bien faire –  donnent à leur enfants des produits laitiers demi-écrémés (dans l’étude 36 % des enfants de moins de 10 mois en consommaient) et ne mettent pas ou presque pas de lipides d’assaisonnement. Ces pratiques augmentent encore avec l’âge des enfants : à 2 ans, ils étaient 67 % à ne manger que des laitages demi-écrémés.

Avec ses habitudes, les apports en lipides ne dépassent pas… 30 % des apports quotidiens. Or la FAO et l’Anses en France recommandent qu’ils doivent être d’au moins 50 % jusqu’à 6 mois et décroître progressivement jusqu’à 35 % à l’âge de 2 ans.

Lire page suivante : les laits maternel ou maternisé sont la solution

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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Je suppose que les 73 enfants sont nés entre 1984 et 1985… 😉

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