L’Etat laisse-t-il volontairement la Martinique s’empoisonner au chlordécone ?

Rédigé par Nolwen, le 15 Jan 2014, à 15 h 50 min

La banane de Martinique et des Antilles est très appréciée en France métropolitaine et constitue une ressource agricole traditionnelle de ces îles. Mais cela fait plusieurs années qu’une menace pèse sur la filière à travers le chlordécone. Le docteur Maurice Montezune, de Fort de France, nous alerte sur une pandémie qui menace avec un État français passif. Ce “J’accuse” est notre carton rouge de la semaine

Chlordécone, chronique d’une pandémie annoncée

La France, son gouvernement et ses Ministères successifs ont rendu légal la consommation de chlordécone.

En Martinique ou en Guadeloupe, un insecticide, le chlordécone, qui sert à lutter contre le charançon dans les bananeraies, fait des ravages et pollue les eaux massivement : 96 % des rivières et 61 % des nappes d’eau souterraines sont contaminées. Ce n’est pas nouveau*.

chlordecone-moleculeUn rapport de l’INRA d’août 2010 pointait déjà du doigt « de véritables anomalies » dans la gestion de la question du chlordécone par le gouvernement français entre 1972 et 1993. Alors que le Chlordécone était interdit aux États-Unis depuis 1976, et classé Cancérigène possible en 1979, l’État français a continué à autoriser son utilisation  massive a massivement dans les Antilles françaises jusqu’en 1993, soit 17 ans après les premières alertes des États-Unis

Or, comme le souligne l’Afsset, l’agence de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, les pesticides qui se sont infiltrés, vont mettre jusqu’à 30 ans pour s’éliminer des sols, des siècles selon certains experts !

  • En 2007, l’AFSS a expliqué que 4 types de denrées peuvent être contaminés à un niveau tel qu’il représente un risque aigu pour la population des Antilles : la patate douce, le chou caraïbe (malanga), le dachine (madère),les poissons et les crustacés d’eau douce.
  • Une équipe de l’INSERM a mené une étude qui démontre qu’il serait à l’origine d’une augmentation du risque de naissance prématurée.

Aujourd’hui, en France et plus particulièrement aux Antilles, on parle “d’empoisonnement pour des siècles” car le chlordécone est une molécule bio-accumulative. Il s’accumule dans le corps et dans les organismes pour longtemps. Cette molécule qui est pourtant reconnue cancérogène est pourtant acceptéelégale et  encouragée (par le Grephyy de Martinique(1)) notamment dans les aliments végétaux et de provenances animales depuis 2008. Un état de fait conforté par le ministère  de la santé : la présence actuelle de chlordécone dans nos aliments est légale !

Chlordécone – Un médecin révolté

BananesAlors, qu’aucune manifestation majeure suite à la légalisation d’un empoisonnement de l’ensemble de la population n’a eu lieu, ma qualité de médecin et le serment d’Hippocrate me donnent le devoir d’alerter la population. Car à partir d’aujourd’hui, il sera légal de cultiver des terres contaminées.

La Préfecture de Martinique et le GREPHY ont autorisé et encouragé la culture sur terre contaminée ; ce qui a pour impact direct la multiplication de produits contaminés présentés au consommateur comme “produit certifié conforme”.

fleche-suite Afin que tous les Français comprennent que l’État leur “dissimule” la présence de poisons dans leurs aliments, je présenterai quels sont les effets attendus de cette attitude sur la santé publique. Dans la foulée de ces décisions génocidaires rappelant que le chlordécone est un pesticide parmi tant d’autres, car à chaque région son pesticide alimentaire légal, je parlerai de suicide national.

Pour être précis, il faut dire quelle est la teneur de l’empoisonnement légal actuel. En ce qui concerne les denrées végétales, les valeurs limites seront de :

  • 20 μg/kg pour les denrées cultivables sous climat tropical ou tempéré (agrumes, fruits,tropicaux, tous les légumes, laitues, maïs, canne à sucre….).
  • 10 μg/kg pour certaines denrées spécifiques aux régions de climat tempéré ou susceptibles d’être importés de pays tiers (blé, riz, pommes, poires et fruits à noyaux, betterave sucrière…).
  • pour les denrées animales, qu’elles soient d’origine terrestre ou aquatique, la valeur limite sera fixéeà 20 μg/kg.” (2)
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Fan de consoGlobe depuis longtemps, j'apprécie de contribuer à son incroyable richesse de temps en temps pour redonner un peu de ce qu'il m'apporte : une...

68 commentaires Donnez votre avis
  1. Merci pour tout vos commentaires ça fais plaisir de voir que je ne suis pas seul a crier dans mon coin,pour ma part je suis végétarien et malheureusement je n’aime pas les pesticides:)en fait il faut lutter contre tout cela en premier lieu il faut s’informer le plus possible ensuite il faut avoir une bonne hygiène de vie c’est a dire éviter l’alcool ,le tabac,la viande a base d’antibiotiques…. les mc do et autre vendeurs de rêves, les restaurants( allez faire un tour dans les cuisines vous n’en reviendrez pas, pour eux l’hygiène commence avec un i), le pétrole et tout ses dérivés genre plastique . je sais que tout cela est difficile et contraignant et encore cela n’est qu’une petite liste car j’en aurais pour des heures…
    Enfin pour ce qui est des politiques il font très bien le boulot que les multinationales genre bayer, total et autre leur demande tout cela avec l’aide des banques super sympa car évidemment leur paradis fiscaux ne sont pas les nôtres. évités aussi de prendre un maximum de médicaments car cela rends malade sauf le pharmacien qui est très heureux de vous voir dans son commerce. Ca va être dur de s’en sortir et je suis optimiste.Les bananes en France ont le gout de farine avec un soupçon de sucre alors bon appétit…

  2. Chacun râle dans son coin, mais autour de moi, je ne vois pas beaucoup de résistants, chacun préfère aller à des concerts, se faire éclater les tympans avec du bruit électrique,en mangeant des frites industrielles. Je souhaiterais qu’il soit établi une charte pour “changer son monde”, qui réuniraient les personnes ayant le désir de la suivre pour un monde propre. Car le gros problème est l’isolement des personnes conscientes et lucides.

  3. C’est bien d’alerter les consommateurs, mais ce n’est pas suffisant. Il faut faire circuler des pétitions et les envoyer au Ministère de l’Environnement.

  4. Les bananes ne sont pas contaminées, il y a risque pour les pour les produits animaux, les légumes poussant sous terre ou en contact de la terre.

  5. Face à l’indigence du pouvoir politique que nous avons mis en place, seuls les “consom acteurs” que nous sommes pouvons enrayer cette “pandémie” en accomplissant cet acte citoyen qui consiste à boycotter purement et simplement nos achats de bananes… Après tout, tout le monde peut vivre SANS et tellement MIEUX !!!

Moi aussi je donne mon avis