Cancer de la prostate : le surpoids, facteur de risque important

Une vaste étude britannique établit un lien entre le surpoids et le risque de développer un cancer de la prostate. Plus votre IMC est élevé, plus le risque de décéder de ce cancer, particulièrement courant chez les hommes, est élevé. La localisation de la graisse a-t-elle une incidence ?

Rédigé par Cecile, le 9 May 2022, à 15 h 01 min
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Les hommes en surpoids plus enclins à mourir d’un cancer de la prostate

L’étude, remarquable par son nombre de sujets – 218.237 d’hommes -, a été publiée le 5 mai 2022 dans la revue BMC Medecine. Les chercheurs de l’université d’Oxford en Angleterre (Royaume-Uni), se sont également basés sur d’autres données préexistantes, issues d’études déjà menées sur les liens entre le cancer de la prostate et la masse graisseuse. Au total, 2,5 millions de cas ont été analysés, permettant aux chercheurs d’établir que le risque de décéder d’un cancer de la prostate est augmenté par le surpoids.

Si une telle corrélation n’est pas de prime abord étonnante, les résultats des recherches menées par l’université d’Oxford démontrent que tous les hommes dont l’IMC n’est pas dans la norme sont concernés.

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Réduire l’IMC moyen des hommes pourrait éviter de nombreux décès

Pour les besoins de l’étude, quatre mesures portant sur la masse graisseuse corporelle ont ainsi été retenues : l’IMC (Indice de Masse Corporelle, un indice obtenu grâce au poids et la taille de la personne), le tour de taille, le pourcentage de graisse corporelle et le rapport taille-hanche.

Les scientifiques ont ainsi démontré l’importance de réduire l’IMC moyen des hommes pour diminuer les cas de cancer de la prostate. D’après leurs estimations, 5 points en moins sur cet Indice de Masse Corporelle moyen permettraient d’éviter, au Royaume-Uni, la mort de 1 300 hommes en raison de ce cancer.

L’étude démontre également que chaque augmentation de 5 points de cet IMC entraîne une hausse de 10 % de probabilité de décéder d’un cancer de la prostate. Une augmentation de 5 % de la graisse corporelle totale augmenterait quant à elle ce risque de 3 %.

le cancer de la prostate

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Le cancer de la prostate, deuxième cancer le plus courant chez les hommes

Des résultats cruciaux, au vu des chiffres liés au cancer de la prostate dans le monde. Chez les hommes, ce cancer est le plus répandu après le cancer des poumons. Les spécialistes estiment même que ce cancer pourrait dépasser celui des poumons dans les années à venir, en devenant le plus courant.

Dans le monde, près de 1,3 million de cancers de la prostate sont ainsi recensés, chaque année. En 2018, la France se situait parmi les pays de l’Union européenne présentant un fort taux d’incidence de ce cancer, avec 50 500 nouveaux cas détectés. Actuellement, il est estimé qu’un homme de plus de 65 ans sur neuf est susceptible de développer cette maladie. Une pathologie dont le développement est donc favorisé par la masse graisseuse.

La localisation de la graisse a-t-elle une importance ?

L’étude en question démontre également que la localisation de la surcharge graisseuse n’a pas d’incidence sur ce constat. « Quel que soit l’endroit où la graisse se trouve, ça ne change pas grand-chose », a ainsi affirmé à l’AFP Aurora Perez-Cornago, épidémiologiste et auteure principale de l’étude. Une conclusion qui vient ainsi contredire les hypothèses antérieures de chercheurs, selon lesquelles la graisse abdominale était particulièrement responsable dans le développement d’un cancer de la prostate.

graisse et cancer de la prostate

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Quels sont les signes d’un cancer de la prostate ?

Si l’étude établit donc un lien entre surplus graisseux et cancer de la prostate, des recherches supplémentaires doivent être menées pour déterminer « si l’association est d’origine biologique ou si elle est due à des retards de détection chez les hommes présentant une adiposité plus élevée », souligne le Dr Perez-Cornago.

Si le maintien d’un poids sain est donc recommandé pour diminuer les risques de cancer de la prostate, le dépistage est également très important. Et ce d’autant plus qu’au début de son évolution, ce cancer n’entraîne pratiquement aucun symptôme. Par la suite, lorsque la prostate augmente en volume, des troubles urinaires peuvent apparaître, spécifie le site de l’Assurance Maladie. Si cette augmentation peut également être causée par d’autres maladies (l’adénome ou hypertrophie bénigne de la prostate, la prostatite ou infection de la prostate), il s’agit quoi qu’il en soit d’un signe requérant rapidement une consultation médicale. En cas d’augmentation du volume de la prostate, les symptômes sont les suivants :

  • Envie fréquente d’uriner, en particulier la nuit.
  • Un jet d’urine affaibli.
  • Des fuites urinaires.
  • La sensation que la vessie n’est pas tout à fait vidée après avoir uriné.
  • La présence de sang ou de sperme dans les urines.
  • Une infection urinaire.
  • La difficulté d’uriner, voire l’impossibilité totale.
  • Des douleurs lors de l’éjaculation.
  • Des difficultés à avoir une érection.
Illustrations : ©Shutterstock.
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