L’agriculture bio progresse en France… pour le plus grand bonheur de la grande distribution

En 2018, la production agricole biologique a atteint un nouveau record en France puisque la surface agricole bio a en effet progressé de 7,5%, pour atteindre au total deux millions d’hectares cultivés. Un engouement qui profite en grande partie à la grande distribution.

Rédigé par MEWJ79, le 8 Jun 2019, à 8 h 00 min

Le rapport annuel de l’Agence Bio, publié le 4 juin, l’affirme : 2018 a été une année record pour l’agriculture biologique. Un succès sur lequel surfent les groupes de la grande distribution. Ils sont en effet à l’origine de 49 % des ventes de ce genre de produits en 2018, pour un total de 4,75 milliards d’euros.

2018, année record pour la production agricole bio en France

C’est un véritable boom du bio auquel on assiste ces dernières années. En 2018, la production agricole biologique a même atteint un nouveau record en France puisque la surface agricole bio a en effet progressé de 7,5 %, pour atteindre au total deux millions d’hectares cultivés(1).

Les surfaces agricoles bio ont progressé de 7,5 % en 2018 © Gilles Lougassi

En outre, aujourd’hui, 10 % des agriculteurs travaillent dans le secteur du bio, selon les données révélées mardi 4 juin par l’Agence Bio.

Pour Florent Guhl, directeur de l’organisme public qui suit l’évolution du bio en France, un cap a été franchi côté production, « en ligne avec l’objectif de parvenir à 15 % de la surface agricole en bio fin 2022 », témoigne-t-il sur franceinfo. Et d’insister sur le fait que si « 14 % de l’emploi agricole est en bio », cela montre qu’il existe « un effet emploi très significatif des fermes bio ».

Pour rappel, l’Agence Bio est un groupement d’intérêt public dont le but est de promouvoir l’agriculture biologique en France, via notamment ses labels AB et le logo européen Eurofeuille.

Un succès porté par les céréales et le vin

Les nouveautés de 2018 concernent surtout les céréales, oléagineux et légumes secs qui rattrapent leur retard, avec un bond de 31 % de ces surfaces agricoles en bio, à 513.000 hectares, indique l’Agence Bio dans son bilan annuel. Il salue aussi les efforts réalisés quant aux fruits et légumes bio, encouragés par l’objectif affiché dans la loi Alimentation qui a fixé les objectifs à 20 % de produits bio ou en conversion, en restauration collective d’ici à 2022.

Champ de lin en fleur © igorstevanovic

À titre de comparaison, le directeur de l’Agence bio explique : « En 2013, seulement 1 % des grandes cultures en France étaient bio, aujourd’hui nous sommes à 4,3 % ».

Une volonté du secteur agricole qu’il salue, notamment en donnant deux exemples : la coopérative Valfrance près de Melun et celle de Soufflet dans le Rhône. Celles-ci ont ainsi permis d’augmenter les capacités de traitement et de stockage, l’ouverture de silos et de moulins consacrés aux blés bio.

La grande distribution se fixe des objectifs ambitieux pour profiter des retombées financières

Et l’engouement croissant du consommateur pour les aliments respectueux de l’environnement profite en grande partie à la grande distribution. Toujours selon l’Agence Bio, les grandes enseignes sont à l’origine de 49 % des ventes des produits respectueux de l’environnement en 2018, pour un total de 4,75 milliards d’euros.

Le Monde cite ainsi Carrefour, qui s’est fixé un objectif de chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros dans le bio en 2022, contre 1,8 milliard en 2018(2). De même, Leclerc table sur un doublement de ses ventes dans ce secteur en cinq ans.

Et pour cause ! Ces grandes enseignes comptent bien profiter de cette nouvelle manne financière.

Le rayon bio d’un Géant Casino.  © Targa56 / Shutterstock

Au final, elles n’hésitent donc pas à innover : des références bio supplémentaires ou encore des zones bio spécifiques dans leurs magasins. Autre atout dans la manche de la grande distribution : les marques propres mais aussi les marques nationales. On peut ainsi citer Danone ou encore PepsiCo qui propose quelques références de jus Tropicana bio.

Si la grande distribution a le vent en poupe, les magasins spécialisés en subissent les conséquences et représentent aujourd’hui 34 % du marché.

Illustration bannière : Agriculteur inspectant son champ – © igorstevanovic
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Quand je vois le cirque qu’on mène avec les produits BIO comme si c’était l’invention du siècle, je me marre……. dans ma jeunesse IL N’Y AVAIT QUE DES PRODUITS BIO CAR TOUS CES POISONS QUE TOUT LE MONDE UTILISE POUR SE REMPLIR LES POCHES AVEC UNE HYPOTHÉTIQUE PRODUCTION MIRACLE, N’EXISTAIENT PAS !!!!! et tout le monde mangeait sans risque de s’empoisonner avec tous ces pesticides, herbicides, fongicides, engrais chimiques, et on engraissait pas les animaux avec des granulés, des poudres miracle, en les bourrant d’antibiotiques car ils vivent dans la m…….. !!!!!!

    • Bien dit rien à ajouter, tout cela n’est qu’une question de FRIC et rien d’autre

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