Sodas : plein gaz sur les alternatives !

Ces célèbres boissons, pour la plupart gazeuses et très sucrées (jusqu’à plus de vingt morceaux de sucre par bouteille, soit une douzaine environ pour une simple canette), sont composées d’eau, de sucre ou d’édulcorant, de plusieurs extraits végétaux parfois, et d’arômes ou d’additifs de synthèse de manière générale.

Représentatifs d’une alimentation industrielle et mondialisée, les sodas sont aussi incriminés lorsqu’il s’agit de parler d’obésité croissante au sein de nos pays, surtout concernant les jeunes qui consomment deux fois plus de boissons sucrées que le reste de la population.

En 2007, une importante étude américaine publiée dans la revue scientifique "Circulation", et réalisée à Framingham, dans le Massachusetts (Etats-Unis), a révélé que la consommation de plus d’un soda par jour (même "light") présenterait un risque élevé de syndrome métabolique, et augmente de façon non négligeable le risque de crise cardiaque ou de diabète de type 2.

Les sodas sur le plan environnemental

La production de sodas a un impact significatif sur l’environnement, et ce, à chaque étape. Grande consommatrice d’eau (en moyenne 5 litres d’eau par litre de soda), cette production s’avère également agressive pour l’environnement lors de l’embouteillage, du transport, de la distribution, de la réfrigération du produit, sans oublier la production des matières premières et de la boisson !

  • 240 millions de litres de Coca-Cola sont consommés chaque jour dans le monde.

Par ailleurs, malgré la baisse des ventes de sodas ces derniers temps, notamment aux Etats-Unis, l’activité des grands fabricants est soutenue par le progrès des ventes dans les pays émergents.

En Inde, l’une des plus grosses usines de Coca-Cola doit consommer un demi-milliard de litre d’eau potable par an pour produire 600 bouteilles à la minute, alors que 40 % de la population n’a pas accès à l’eau potable…

A ceci s’ajoute la polémique lancée en 2003 sur les taux de pesticides contenus dans les bouteilles de Coca-Cola, tout comme son concurrent Pepsi. Une ONG environnementale indienne et un comité mandaté par le Ministre de la Santé ont testé les principales marques de boissons élaborées et distribuées par les deux géants américains.

Le verdict est sans appel, il y a bien présence de traces de pesticides (à hauteur de 30 fois les standards européens ou américains en la matière) abondamment utilisés en Inde, notamment dans la culture du coton.

  • En Belgique, la production d’un litre de Coca-Cola demande 600 kilojoules d’énergie.
  • Les emballages de boissons représenteraient plus du tiers du tonnage des emballages mis sur le marché.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis la rentrée 2005, une loi interdit les distributeurs automatiques de sodas et autres confiseries dans les écoles, collèges et lycées, le taux d’obésité chez les jeunes ayant augmenté de 17 % en 20 ans. Des mesures similaires ont été prises dans d’autres pays tels que la Belgique mais aussi les Etats-Unis.

D’autre part, quelques organisations de commerce équitable ont pris l’initiative de proposer des sodas très proches de l’original, mais…équitables. Il existe deux produits sur ce marché :

Le Guaranito, une boisson pétillante à base de sucre de canne et de guarana, une liane amazonienne au fruit très caféiné car elle contient le plus haut taux de caféine au monde, soit 6 fois celui du café. Le Guaranito est principalement commercialisé au Brésil et en Allemagne.

Le Beuk Cola, qui a été créé par la Realidad à Morlaix (le premier bar excluant tous les produits des multinationales pour y préférer des produits artisanaux, bio et éthiques) et est fabriqué à plus de 90 % avec du sucre du Costa Rica issu de la coopérative Coopecañera, a connu un succès immédiat. L’objectif étant de diffuser une gamme de boissons éthiques et alternatives dans des bars, des boutiques et à l’occasion d’évènements divers.

En Allemagne, une limonade bio appelée Bionade et qui se veut l’antithèse du Coca-Cola a fait son apparition discrètement ces derniers mois dans une cinquantaine de bars branchés de la capitale. L’objectif de l’inventeur est d’offrir aux jeunes une alternative au Coca-Cola, une sorte de « Fanta sans chimie ».

Cette boisson gazeuse, peu sucrée, avec des goûts d’herbes, de litchi ou de sureau, est considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands succès économiques de ces dernières années. En quatre ans, la production a progressé de 300 %. La bouteille se vend dans toute l’Europe à plus de 200 millions d’unités par an, soit dix fois plus qu’en 2003. Et si vous la testiez ?

L’eau reste la boisson rafraichissante par excellence, mais si vous ne pouvez pas résister aux bulles, pensez également à la fontaine à eau gazeuse ! Vous pouvez aussi créer votre propre limonade : des citrons bio épluchés, de l’eau du robinet gazéifiée (ou pas), du sucre, mixez et n’oubliez pas les glaçons !

Le but n’est pas de bannir définitivement la consommation de sodas mais d’en consommer de manière occasionnelle et surtout pas comme boisson régulière.

Lire également

Article rédigé par Elwina, novembre 2008