Un salaire minimum mondial pour abolir l’esclavage

Rédigé par Consoglobe, le 4 nov 2013, à 18 h 11 min
Un salaire minimum mondial pour abolir l'esclavage

Partout dans le monde, la plupart des consommateurs et travailleurs, souhaitent l’éradication de conditions de travail proches de l’esclavage et accueilleraient favorablement l’instauration d’un salaire minimum mondial. La dernière convention internationale contre l’esclavage fut organisée par la Ligue des Nations en 1926 et signée par 99 pays. Depuis, aucune autre mesure globale n’a été prise pour améliorer les conditions de travail et de rémunération des populations les plus fragiles. Aussi, dans un contexte de mondialisation sauvage où seul le profit fait loi, il est maintenant  urgent de définir de nouvelles règles pour éradiquer des conditions de travail proches de    l’esclavage.

Un salaire décent contre l’esclavage

 UN SALAIRE DÉCENT PEUT CONSTITUER UN OUTIL DE RESPECT DES DROITS HUMAINS

L’éradication de conditions de travail proches de l’esclavage passe d’abord par une digne rémunération

chantier-esclave-ecoL’Organisation Internationale du Travail (OIT) et des ONG (organisations non gouvernementales) dressent régulièrement des constats alarmants à propos des conditions de travail et de sécurité des ouvriers des pays à bas coûts. Mais les chartes éthiques signées par les groupes de distribution et les industriels locaux  s’avèrent insuffisamment contraignantes et n’ont jamais permis d’améliorer significativement l’existence de populations trop souvent asservies.

Chaque année, des situations sanitaires dangereuses et de nombreux accidents continuent à tuer des milliers d’ouvriers.

Il est hélas peu certain que les donneurs d’ordres acceptent de renoncer à une part même mineure de leurs bénéfices, pour faire progresser la sécurité et la situation des ouvriers. En effet, ceux-ci estiment souvent que cette responsabilité incombe aux sous-traitants qui, à l’opposé, affirment généralement, ne pas pouvoir financer des améliorations sans l’implication financière des grands groupes de la distribution.

Changer d’approche

fleche-suiteIl nous faut aujourd’hui penser une autre approche : des travailleurs mieux rémunérés ont davantage accès à l’information, mais aussi à des conseils et à une aide juridique pour les protéger et faire valoir leurs droits.

Si nous, marchés occidentaux de consommateurs, aidions les salariés des pays à plus faibles coûts à obtenir une plus digne rémunération de leur travail, nous leur procurerions ainsi les outils qui leur permettraient d’influer sur leurs conditions de travail, de santé et de sécurité. Ils sauraient, n’en doutons point, engager avec leurs entreprises et pays respectifs, un dialogue qui conduirait à l’éradication de conditions d’existence proches de l’esclavage.

Adopter une vision plus globale

travailleurs-esclaves qatarDans un contexte de mondialisation, il convient d’appréhender avec une vision globale, la situation des salariés des pays émergents.

On peut, certes, continuer à pointer du doigt la dangerosité et pénibilité du travail ou l’extrême exploitation des ouvriers de certains pays, mais cela les expose à la délocalisation de leur production vers d’autres régions où les travailleurs sont parfois encore plus fragiles. Depuis l’accident de Dacca, qui à couté la vie à 1 133 personnes et causé de graves blessures et amputations à plus de 1 000 ouvrières et ouvriers parmi les 1 900 blessés, plusieurs groupes textiles, sans doute plus soucieux de leur image que du sort des ouvrières et ouvriers bangladais, transfèrent maintenant leur production vers d’autres pays d’Asie ou d’Afrique.

Une tentative d’indemnisation des victimes du Rana Plaza a été organisée le 12 septembre 2013 à Genève sous la houlette de l’OIT. Cependant, 9 marques seulement sur les 29 impliquées se sont déplacées.

salaire minimum mondialEnviron 1,2 million de travailleurs étrangers – qui sont en majorité des personnes pauvres sans droit, sans contrat et originaires d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, du Népal, d’Indonésie et des Philippines – représentent 94 % de la main d’oeuvre au Qatar.

Aussi, peut-être pourrions-nous, afin de mettre fin à cette folle et meurtrière  ronde, tenter d’apporter une réponse plus pertinente.

La plupart des consommateurs occidentaux accueilleraient très favorablement l’institution d’une norme salariale mondiale. Néanmoins, la protection, les droits, la sécurité et la santé des citoyens relèvent de la responsabilité de chaque État qui, même en cas d’insuffisances, demeure souverain. Par ailleurs, l’instauration immédiate d’un salaire minimum décent pour l’ensemble des salariés de chaque pays émergent serait, le plus souvent, économiquement irréalisable.

Aussi, Il importerait simplement, afin de remédier rapidement et durablement à des situations sanitaires urgentes et souvent dangereuses, d’organiser une convention internationale pour définir dans la concertation, un montant de rémunération minimum obligatoire spécifique à l’exportation, afin d’échanger dans un monde plus juste et plus serein.

Quels sont les salaires en Europe ?

salaires-minimum-europe

Suite > Vers une convention internationale ?

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3 commentaires Donnez votre avis
  1. Justement l’Europe a été faite pour permettre la libre circulation des travailleurs pour le plus grand profit des capitalistes, et ce pour les raisons que l’on connait.
    Cette situation permet aux étrangers des pays de l’Est par exemple, de venir travailler en France pour un salaire de misère, mais ce salaire est toujours plus élevé que celui qu’ils auraient eu dans leur propre pays, de plus, en se déplaçant hors de leur pays ils quittent leur famille souvent pour de longs mois, parfois 1 à 2 ans, c’est un lourd sacrifice pour accéder aux richesses du monde capitalistes !

  2. Merci de tout coeur à Francis Journot pour cet article. J’espère qu’il sera lu et relu par le plus grand nombre. Je doute malheureusement que ces propositions ne soient pas mises en application si les peuples, ensemble, ne luttent pas pour l’obtenir. Mais l’information est le premier pas pour le changement, alors encore merci

  3. Nos politiques de tous bord quand ils ont fait l’Europe, auraient dus commencer par le social c’est à dire harmoniser les salaires et la couverture sociale de tous les Européens, ce qui aurait évité d’une part l’immigration de pays à pays, dont but est de profiter des aides attribué par ces derniers, la ou elles sont plus intéressantes et d’autre part éviter la délocalisation du travail vers les pays ou les salaires sont indécents, Pologne Roumanie, Turquie,etc, et que dire de l’Allemagne qui elle ne n’a même pas de SMIG, ou elle peut embaucher au prix de l’heure le plus bas, voir 1 euro de l’heure, va même recruter Polonais, Roumains, Tchèques et payer les charges sociales dans ces pays respectifs parce-qu’elles sont moins élevées, il est certain, nous pauvres Français nous sommes or jeu.

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