La gaulthérie odorante, l’aspirine naturelle

Dans ce nouvel épisode du tour du monde des huiles essentielles, nous marchons aujourd’hui dans les pas d’Amandine au Népal. Sur les contreforts de l’Himalaya, pousse la gaulthérie odorante : une plante à l’odeur camphrée dont les vertus médicinales sont étonnantes.

La gaulthérie odorante, l'aspirine naturelle

Pour la suite de nos aventures, j’avais choisi comme destination le Népal où l’on trouve une plante extraordinaire dont est extraite une huile essentielle aux vertus exceptionnelles et qui, grand sportif oblige, ne me quitte d’ailleurs jamais.

Je voulais une fois de plus faire tester à Amandine l’huile essentielle dans son environnement naturel. Son aromathèque commençait à être conséquente au fil de nos voyages, mais je comptais l’améliorer toujours plus.

Arrivés à l’aéroport de Katmandou, nous avons traversé la vallée éponyme et nous sommes dirigés immédiatement vers Thamel, le quartier à vocation touristique de Katmandou, la capitale chaotique et insalubre du pays.

Il faut dire aussi que la région a subi de plein fouet, le tremblement de terre d’avril 2015. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je tenais à venir au Népal : le pays a besoin du tourisme plus que jamais, tant pour des raisons financières que pour son moral.

Dans Thamel, où se côtoient touristes fortunés et montagnards aguerris, suites luxueuses et petites boutiques d’alpinisme, nous avons déniché tout l’équipement nécessaire à notre petite expédition.

Découvrons la gaulthérie

Le lendemain, tôt le matin, nous nous sommes mis en route pour un trek mémorable. Je vous passe les paysages et les villages magnifiques admirés sur notre chemin, pour vous parler de l’endroit où nous avons fait une pause pour déjeuner : un grand espace vert où ça et là, poussait de la gaulthérie odorante, une belle plante qui dépasse rarement 20 cm et possède une apparence assez originale.

gaulthérie

© Artush / Shutterstock.com – Baies de gaulthérie

Sachant que c’était cette plante que nous venions chercher, Amandine s’écria en courant pour en arracher une petite branche : « Ça y est, elle est ici ! ».

Notre guide la regarda d’abord d’un air étonné puis heureux d’avoir affaire à de vrais amateurs d’aromathérapie. Nous lui avons alors expliqué que l’objectif premier de notre trek était de découvrir la gaulthérie et il s’empressa de réunir tout le groupe pour s’exprimer à propos de cette plante vertueuse.

Il prit poliment le brin qu’Amandine tenait en main et commença un petit exposé : « La gaulthérie pousse à divers endroits dans le monde, mais c’est ici et seulement ici, au Népal, qu’on la trouve en abondance et que l’on peut la cueillir sans mettre son existence en péril. 

« C’est le médecin du roi du Québec, Jean-François Gaulthier (1708-1756), qui se pencha le premier cette plante étonnante, lui laissant ainsi ses noms scientifique ‘gaultheria et francophone ‘gaulthérie‘. On l’appelle également ‘wintergreen ou ‘evergreen‘ en anglais pour ses feuilles toujours vertes même en hiver et ‘thé des bois‘ au Québec. Elle possède de petites fleurs blanches qui deviennent rapidement des baies rouges comme c’est le cas ici. »

Une huile essentielle à mettre dans le sac de tous les sportifs

« Je vous invite maintenant à sortir votre flacon du petit sac que l’on vous a donné avant de partir. Ouvrez-le, mettez cinq ou six gouttes sur chaque jambe puis étalez en massant bien vos muscles. » Tout le monde s’est exécuté, Amandine et moi les premiers.

« Vous sentez quelque chose ? » demanda-t-il avec un large sourire. Nous nous sommes tous regardés un peu perplexes, car nous ne ressentions rien. Mais au bout d’une bonne minute, une vague de chaleur a commencé à envahir nos jambes, comme si des braises les effleuraient : une sensation sacrément agréable.

Le guide nous expliqua alors : « Je vous ai demandé d’appliquer l’huile de gaulthérie maintenant pour que vous sentiez bien la différence. Voilà pourquoi les alpinistes et autres sportifs l’utilisent avant de mettre leurs muscles à l’épreuve. Celle-ci les chauffe en retenant le sang à l’endroit où elle a été appliquée, les préparant ainsi à l’effort à venir. L’huile de gaulthérie, grâce aux molécules de salicylate de méthyle qu’elle contient et qui entrent par ailleurs dans la composition de l’aspirine, est surtout utilisée comme anti-inflammatoire et antalgique»

Avant de reprendre notre chemin, il conclut en ces termes : « J’aime autant vous dire que la gaulthérie odorante n’a pas son pareil pour lutter contre les courbatures, les crampes ou autres douleurs musculaires et articulaires. Je la préfère même à mon baume du tigre. »

En route, chacun parlait de l’effet de la plante sur son organisme et sur ses performances sportives à venir. Le soir, bien installés à l’hôtel, nous avons encore appliqué un peu d’huile essentielle de gaulthérie avant de nous coucher, afin de prévenir tout risque de courbatures le lendemain. Avant de nous endormir comme des marmottes, bien au chaud.

Huile essentielle de gaulthérie odorante

Carte d’identité :

Nom latin : gaultheria fragrantissima Wall

Partie distillée : feuilles

Utilisateurs :

  • Interdit aux femme enceintes.
  • Interdit aux enfants de moins de 6 ans.

Utilisations :

  • Courbatures
  • Tendinites
  • Déchirures musculaires
  • Foulures
  • Rhumatismes, arthrose, arthrite, maux de dos
  • Douleur du genou

Retrouvez toutes les précautions d’utilisation sur le site internet de la Compagnie des Sens.

Illustration bannière : Douleur – © www.BillionPhotos.com Shutterstock