Fondation Nicolas Hulot, les raisons de manger de saison

La Fondation Nicolas Hulot vient de lancer en octobre 2008  l’opération « Des Fraises au printemps », dans le cadre des Défis pour la terre. Nathanaëlle Courtois en est responsable et nous en dit plus sur cette nouvelle campagne au titre si interpellant.
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Consoglobe : Depuis quand vous occupez-vous des Défis pour la Terre ?
Nathanaëlle Courtois : Je suis rentrée à la Fondation Nicolas Hulot en 2001, et j’ai pris la responsabilité des Défis en 2006. Il s’agissait d’une prise de relève, puisque les Défis ont été lancés en 2005 par la Fondation, avec l’Ademe.

 Consoglobe : Qu’est-ce qui vous a séduit de relever ses Défis ?
Nathanaëlle Courtois : La baseline des Défis est de dire qu’on a plus de pouvoir qu’on ne le croit. Ce pouvoir passe par l’union des forces individuelles. Il faut se rendre compte qu’on a tous un impact sur l’environnement, et qu’on a surtout tous le pouvoir d’agir pour améliorer les choses. Voilà ce qui me fait vibrer dans les Défis !

Consoglobe : Cette action commune, définie par les Défis dès 2005 est-elle toujours d’actualité ? Comment la mettez-vous en place ?
Nathanaëlle Courtois : Oui, bien sûr, elle est encore prioritaire. Pour la rendre concrète, nous avons répondu aux questions qu’elle engendre : Qu’est-ce que je peux faire ? Comment ? Où ? Avec comme thème central l’impact climatique.

Consoglobe : Comment s’articule l’opération « Des Fraises au printemps » dans les Défis ?
Nathanaëlle Courtois : C’est une nouvelle entrée dans la problématique sur l’impact climatique : celle de la biodiversité, autour de l’assiette et de l’alimentation.
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Consoglobe : Pourquoi un tel titre ?

Nathanaëlle Courtois : Il a été choisi pour mettre en avant et insister sur la saisonnalité des fruits et légumes. Les fraises ne poussent pas en hiver, en tous cas pas en France… sauf les fraises remontantes, qui sont produites dans le Périgord en octobre ! Nous nous excusons de les avoir oubliés.

Consoglobe : Expliquez-nous ces « Fraises au printemps ».
Nathanaëlle Courtois : Pour mieux parler de la biodiversité via l’alimentation, nous avons travaillé sur trois grandes parties : comprendre, agir et partager. La biodiversité est au carrefour de plusieurs grands sujets : la consommation, l’agriculture, le transport, mais aussi le paysage, le social et le culturel. Nous essayons d’expliquer toutes ces interactions dans « comprendre ». « Agir » donne des conseils pour faire ses courses.
Pas n’importe comment : en privilégiant l’approvisionnement local (la géolocalisation des AMAP et autres boutiques bio est disponible sur le site) ;  en choisissant des fruits et légumes de saisons (grâce à un tableau classant les fruits et légumes par saison) ; en se fiant aux labels (tous expliqués dans une liste). Il est intéressant de constater que les internautes enrichissent eux-mêmes la liste des boutiques ou AMAP. Dans la rubrique « Agir », nous proposons aussi des recettes de cuisine, concoctées par des personnalités du monde culinaire. Dans leurs recettes, « Les petites histoires » donnent des informations supplémentaires sur les produits utilisés dans les recettes. Elles sont un autre lien avec la biodiversité. Enfin, pour « Partager », nous avons cherché à valoriser et à rendre visible les actions des associations, et des individus, sur le terrain. Pour leur donner la parole, donner envie et montrer que c’est possible.
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Consoglobe : Quel genre de projet individuel suivez-vous ?
Nathanaëlle Courtois : Celui de Stéphane Linou, par exemple. Son défi à lui est de ne manger que des aliments qui sont produits à moins de 150 km de chez lui, dans le Sud-Ouest de la France. Cela signifie qu’il ne peut pas utiliser de thé, de café, de chocolat, ni de poivre, etc. Pas évident comme défi !

Consoglobe : Allez-vous élargir le champ des « Fraises au printemps » aux professionnels ?
Nathanaëlle Courtois : Oui, une future déclinaison, prévue en 2009, s’adressera aux professionnels. Il s’agit de la restauration collective, puisqu’on est toujours autour de l’assiette. Là encore, nous allons essayer de mettre en lumière ce qui se passe sur le terrain et appliquer la pédagogie de la répétition.

Consoglobe : Plus globalement, pensez-vous que la prise de conscience sur l’environnement est faite aujourd’hui ?
Nathanaëlle Courtois : Oui, surtout depuis le Grenelle de l’Environnement ; et avec l’élection d’Obama aux États-Unis, il y a un changement de la façon de penser. J’en veux pour preuve les 50 000 personnes qui se sont manifestées sur le site des Défis et à la multiplication des contacts par 10, voire 15, des contacts depuis le lancement de l’opération « Fraises », accompagnés souvent de remarques très constructives.

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Article rédigé par Emmanuelle, Novembre 2008