Bio Cohérence : le label de trop ?

Au cours de l’année 2011, nous aurons le plaisir de voir apparaître un tout nouveau label sur nos étals de supermarché…Destiné aux produits fabriqués selon des principes plus strictes que ne l’exige le label européen actuel, l’écolabel Bio Cohérence se veut plus bio que bio…

Pourtant, ce tout nouveau label peut vite semer davantage la zizanie dans la tête des consommateurs déjà très perturbés par le nombre de labels existants actuellement.

Bio Cohérence : un nouveau label pour plus de confusion ?

C’est officiel, la filière de l’agriculture biologique va pousser le bouchon pour être plus proche de la perfection en promouvant les produits bio qui répondent à des critères encore plus sévères que le label bio existant.

 

Ce label bio reprend la base du cahier des charges de l’écolabel européen et le label AB mais en y ajoutant des mesures à la fois drastiques et améliorées :

  • absence totale d’OGM obligatoire (tandis que le label AB accepte la présence d’OGM à hauteur de 0,1 %),
  • les produits devront contenir 100 % d’ingrédients bio, contre 95 % pour les labels AB et européen.

Pour obtenir le certificat Bio Cohérence, un des 5 organismes certificateurs agréés officiellement en Agriculture Biologique comme Ecocert ou Qualité France devra effectuer les contrôles nécessaires, puis le label sera attribué par un comité interne de l’association Bio Cohérence.

Quel impact ce label aura-t-il sur le consommateur ?

Bien que la démarche soit une fois de plus honorable, un nouveau label, si sérieux soit-il, risque non seulement de perdre en visibilité mais aussi de troubler davantage l’esprit des consommateurs… et de les inciter à se passer des labels.

En effet, selon l’étude Institut Médiascopie / Ethicity 2010, 65 % des Français estiment qu’il y a trop de labels pour distinguer les produits plus responsables.

En clair, non seulement les consommateurs ne savent plus à quel label se fier, mais cela risque également de favoriser le Greenwashing avec certains grands groupes industriels qui, conscients de l’influence des labels sur l’achat, ne se gêneront pas pour créer leur propre label.

D’après le rapport 2009 de l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité), 6 % de publicités ont recours à l’argument environnemental dans leurs visuels. Ce taux était encore de 1 % en 2006…

*

La suite : la réaction de Bernard ASTRUC de Bio Consom’acteurs Provence.

Je réagis

Sur les labels et l’alimentation bio