Bio Cohérence : le label de trop ?

Rédigé par Consoglobe, le 21 Dec 2010, à 12 h 04 min

Au cours de l’année 2011, nous aurons le plaisir de voir apparaître un tout nouveau label sur nos étals de supermarché…Destiné aux produits fabriqués selon des principes plus strictes que ne l’exige le label européen actuel, l’écolabel Bio Cohérence se veut plus bio que bio…

Pourtant, ce tout nouveau label peut vite semer davantage la zizanie dans la tête des consommateurs déjà très perturbés par le nombre de labels existants actuellement.

Bio Cohérence : un nouveau label pour plus de confusion ?

C’est officiel, la filière de l’agriculture biologique va pousser le bouchon pour être plus proche de la perfection en promouvant les produits bio qui répondent à des critères encore plus sévères que le label bio existant.

 

Ce label bio reprend la base du cahier des charges de l’écolabel européen et le label AB mais en y ajoutant des mesures à la fois drastiques et améliorées :

  • absence totale d’OGM obligatoire (tandis que le label AB accepte la présence d’OGM à hauteur de 0,1 %),
  • les produits devront contenir 100 % d’ingrédients bio, contre 95 % pour les labels AB et européen.

Pour obtenir le certificat Bio Cohérence, un des 5 organismes certificateurs agréés officiellement en Agriculture Biologique comme Ecocert ou Qualité France devra effectuer les contrôles nécessaires, puis le label sera attribué par un comité interne de l’association Bio Cohérence.

Quel impact ce label aura-t-il sur le consommateur ?

Bien que la démarche soit une fois de plus honorable, un nouveau label, si sérieux soit-il, risque non seulement de perdre en visibilité mais aussi de troubler davantage l’esprit des consommateurs… et de les inciter à se passer des labels.

En effet, selon l’étude Institut Médiascopie / Ethicity 2010, 65 % des Français estiment qu’il y a trop de labels pour distinguer les produits plus responsables.

En clair, non seulement les consommateurs ne savent plus à quel label se fier, mais cela risque également de favoriser le Greenwashing avec certains grands groupes industriels qui, conscients de l’influence des labels sur l’achat, ne se gêneront pas pour créer leur propre label.

D’après le rapport 2009 de l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité), 6 % de publicités ont recours à l’argument environnemental dans leurs visuels. Ce taux était encore de 1 % en 2006…

*

La suite : la réaction de Bernard ASTRUC de Bio Consom’acteurs Provence.

Je réagis

Sur les labels et l’alimentation bio

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6 commentaires Donnez votre avis
  1. Pas tout à fait d’accord avec l’auteur. C’est sûr, c’est peut-être un peu perturbant cette moisson de labels mais ce n’est qu’un retour aux sources de ce qu’était la Bio à ses débuts. C’était une vision globale de la production, du bien-être des animaux, de l’environnement, et des gens qui travaillaient dans les exploitations. De la même façon que Max Havelar a essayé de dire à ses producteurs “vous êtes mieux payés alors n’oubliez pas au passage, d’en faire profiter un peu aussi les gens qui travaillent pour vous” ! La Bio européenne voulue par Bruxelles et les GMS, c’est par exemple, une poule nourrie (on espère) de grains bios mais qui continue, comme ses soeurs de misère à vivre sur une feuille de papier A4. Le label européen est un vrai recul en Bio pour l’élevage. Le cahier des charges Biocohérence, lui n’oublie aucun de ces aspects là. PS : je ne suis pas payé par Biocohérence mais producteur et j’essaie d’expliquer ma démarche à mes clients-consommateurs.

  2. L’idée n’est pas si mauvaise, le but étant de trouver des produits “bio”, sur qui se fier: à ce jour, on trouve de tout et n’importe quoi, et pourtant se disant biologique.
    C’est une amorce de quelquechose, de beaucoup plus sérieux, et qui demain évoluera, mais surtout, pour que les gens sachent que ce label, c’est du pur de bio ( dans le meilleur des mondes…).

    Ne taisons pas ces élans puristes, c’est si rare…..

  3. D’accord avec Vincent.
    IL NE FAUT PAS SE FIER AVEUGL2MENT AUX LABELS, IL FAUT REFLECHIR (et agir) EN FONCTIONS DE NOS CONNAISSANCES.C’est à dire lire les étiquettes.
    Les consommateurs trad’ doivent s’enquérir de plusieurs informations avant de prendre conscience de la nécessité d’un changement et de changer effectivement leurs habitudes alimentaires et pécunières. LES INDUSTRIELS NE S’Y SONT PAS TROMPES. Un exemple: dans mon super marché U je vois avec plaisir que ceux ci on développé une gamme de produit bio dont la pâte feuilletée que je prend dans mes mains…pour la reposer sachant que vu qu’elle contient DE L’HUILE DE PALME.(danger-sante.org/category/huile-de-palme/http://forums.futura-sciences.com/sante-medecine-generale/134779-huile-de-palme-danger-sante-cauchemar-ecologique.html)J’ai contacter ET le label de certification de l’Agriculture Biologique ET le directeur du magasin qui m’a certifié avoir fait remonter l’info en haut lieu…j’attend encore de leurs nouvelles respectives. alors OUI SOYONS EXIGEANTS et OUI INDIGNIONS NOUS. Et le domaine des cosmétiques n’est pas en reste 🙁

  4. Manger bio c’est bien, mais c’est insuffisant si on n’y rajoute pas une dimension citoyenne et si on se limite uniquement au contenu de son assiette.

    Il est “dangereux” Gilook, de voir le bio uniquement à travers le respect technique de nouvelles règles. Le véritable enjeu de ces nouveaux labels n’est pas “une escalade à la pureté”, mais bien la pérennité d’un mode agricole basé sur le bons sens.

    La nouvelle réglementation européenne, sous couvert d’une plus grande fluidité du marché, facilite le développement d’une bio intensive et industrielle dont le but est d’alimenter la grande distribution française et les cantines scolaires…

    L’arrivée du « bio » dans les grandes surfaces est d’une certaine façon la reconnaissance d’une filière agricole et de son mérite. On peut tout de même s’interroger sur les motivations des grandes enseignes qui n’ont jamais eu d’éthique bio jusqu’à présent et portent surtout la réputation de pratiquer des marges gonflées pour maintenir leurs profits et des prix cassés au détriment de la rémunération des producteurs, qu’ils soient bio ou pas.

    L’avenir de la bio est lié à un modèle économique en rupture avec le système agricole conventionnel. Il est important de ne pas reproduire avec la bio, un système dont la priorité est la mise en marché des produits, les marges bénéficiaires, au détriment de l’autonomie des agriculteurs et de la pérennité de leurs exploitations.

    Voilà pourquoi “gilook”, il est nécessaire que ces nouveaux labels ne se limitent pas au simple respect d’un cahier des charges techniques, au détriment de toute cohérence, et éthique…

    Il existe désormais deux visions différentes de la bio :

    -Une agriculture biologique et paysanne, à taille humaine, soucieuse de nourrir le monde dans le respect de critères sociaux et environnementaux.

    -Une autre agriculture… bio intensive, proche du modèle agricole conventionnel, reposant sur la monoculture.

    Gilook: “-Inutile pour le consommateur car il n’y gagnera rien en terme de santé” – Certes, on ne peut pas remettre en cause la qualité des produits bio en grandes surfaces, ni leur origine biologique puisqu’ils sont porteurs du label officiel AB et/ou du nouveau logo bio européen. Vous consommez bien des produits issus de l’agriculture biologique, même s’ils peuvent contenir jusqu’à 4,99% d’ingrédients non biologiques et des OGM « accidentels » autorisés à hauteur de 0,9%… Quel est donc votre intérêt à consommer du bio, pas vraiment bio ?

    A contrario, marchés, AMAP, vente directe permettent de rencontrer les producteurs et de s’informer sur leurs méthodes de travail, de valoriser par la même occasion, une économie locale et des services de proximité. Nos producteurs locaux, représentent sans doute mieux la philosophie de l’agriculture biologique qu’une multinationale ! Un producteur certifié avec une exploitation à taille humaine maîtrise sa filière de production et connaît les exigences des consommateurs… la caissière du Leclerc ou du Carrefour, c’est pas gagnée…

    Les vrais produits bio se retrouvent désormais dans des labels «bio privés» (Bio cohérence, Demeter, Nature et Progrés). Alors manger Bio ! mais achetez sur les marchés, aux producteurs locaux, et venez avec votre panier. Privilégiez aussi les magasins spécialisés au détriment de la GMS. L’avenir d’une bio cohérente passe par là.

    Vincent Datin
    Animateur Biodordogne
    biodordogne.fr

  5. Cette escalade à la pureté, au plus blanc que blanc, est dangereuse pour le bio et complètement inutile pour les consommateurs.
    -Dangereuse pour le bio car il faudrait aussi supprimer le label bio à tous les produits bio qui ont des traces, m^mes infimes, de produits phytosanitaires. Et dans cette hypothèse il n’y aura plus de produits bio sur le marché.
    -Inutile pour le consommateur car il n’y gagnera rien en terme de santé mais sera encore plus inquiet de découvrir que la pureté à 100 % est impossible.

  6. Je vous trouve un peu dur dans l’article. Ce nouveau label me semblait indispensable depuis que j’ai eu connaissance des critères du nouveau label européen. Ce label européen n’est pas un vrai label bio, juste un ersatz pour faire plaisir aux industriels qui comptent bien nous faire croire qu’ils s’améliorent.

    Lorsque j’achète bio, je ne veux pas d’OGM, pas même 0,1%. Et je veux du bio à 100%, pas du bio à 95%. Et ainsi de suite. Ce fameux label européen est surtout destiné au greenwashing.

    Au final, ce label n’est que ce que le Bio doit être. Ni plus, ni moins.

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