De la viande in-vitro pour l’environnement ?

Rédigé par Flor, le 6 Aug 2013, à 15 h 34 min

La première dégustation d’un morceau de viande fabriqué « in-vitro » s’est déroulée à Londres sous le regard attentif de milliers de spectateurs. Si pour certains cela semble une hérésie de la nature, pour d’autres c’est un bon moyen de lutter contre la souffrance des animaux et de protéger l’environnement. C’est en tout cas ce que revendique Mark Post, le professeur à l’origine de cette expérience.

Viande in-vitro, une recette complexe

© David Parry/PA

Le laboratoire de recherche © David Parry/PA

Créé dans un laboratoire, la viande in-vitro – surnommée aussi « Frankenburger » – a été l’objet de plusieurs années de recherches. L’idée de cette étrange expérience revient au professeur Mark Post, de l’université de Maastricht.

La viande se présente sous forme de steak haché fabriqué à partir de cellules souches de muscle prélevée sur un véritable bovin. Afin d’obtenir les 20.000 faisceaux musculaires composant le morceau de chair, les cellules souches sont plongées dans du liquide composé d’acides aminés, du sucre, d’hormones de croissance, des vitamines et du sérum de veau foetal.

Pour finaliser le bout de viande, de la poudre d’oeuf et de la chapelure sont ajoutés, ce qui permet de rendre la texture et le goût plus authentique. D’un autre côté, du jus de betterave et du safran servent à donner la couleur chair typique de la viande.

La totalité du morceau de steak revient à la modique somme de 290.000 euros !

La dégustation médiatisée du « Frankenburger »

C’est devant 200 journalistes qu’a eu lieu la dégustation du si attendu burger in-vitro. Deux personnes indépendantes ont fait office de goûteurs : Hanni Rützler, chercheuse en nutrition, et Josh Schonwald, écrivain spécialisé en alimentation. L’émission s’est déroulée en compagnie du professeur Mark Post et du chef Richard McGeown.

© David Parry/PA

Le burger après la cuisson © David Parry/PA

« Je m’attendais à une texture plus douce« , a commenté Hanni Rützler lors de la dégustation. La viande ne contenait ni de nerfs, ni de gras, mais elle a précisé que « le goût est intense et proche de la viande« . Le morceau ressemble trait pour trait à un steak haché. Les goûteurs se sont cependant mis d’accord : il manquait du gras. Malgré tout, Mark Post a conclu que c’était un bon départ.

> Suite : Viande in-vitro, une commercialisation compliquée

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Rêvant de voyages aux quatre coins du monde, je me consacre actuellement à l'alimentation et aux sciences sociales. Je m'intéresse en particulier aux...

16 commentaires Donnez votre avis
  1. J’ai vu ce reportage à la tv, soi-disant les Américains ont testé de la viande in-vitro en vue de protéger l’environnement et de faire qch contre la faim dans le monde. Et si déjà on mangeait ce qu’on a au lieu de le jeter? On peut très bien nourrir tout le monde en ne gaspillant pas et sans passer par des laboratoires. Ce sera quoi la nouvelle étape, une gélule qui remplacerait nos 3 ou 4 repas quotidiens?

  2. J’étais pour la viande de synthèse, mais à lire votre article je réalise que c’est rejeter une horreur (élevages, abattage) pour tomber dans une autre horreur : « Le sérum est prélevé par ponction cardiaque sur les foetus des vaches gestantes menées à l’abattoir. Une technique pouvant être très douloureuse et le veau n’y survit évidemment pas. »

    Si la viande de synthèse doit être fabriquée au prix de la souffrance animale la plus ignoble (encore une fois), ce n’est pas la peine. Je serai la première à m’y opposer. Décidément, les chercheurs sont des grands malades pour oser mettre au point de tels matières. Ils n’ont aucune éthique.

    Finalement il vaut mieux être végétarien ou encore mieux « végétalien ».

    • Bien sûr que l’adoption par tous d’une alimentation végétalienne serait l’idéal, mais il semblerait qu’on ne va pas dans ce sens dans un avenir proche, puisque si dans certaines parties du monde on diminue un peu la consommation de viande, dans d’autres elle est partie pour augmenter. La viande in vitro pourrait permettre d’épargner des milliards d’animaux (On tue chaque année autour de 60 milliards d’animaux terrestres et plus de mille milliards de poissons sauvages et d’élevage). Ce qu’il faudrait c’est que soit utilisé une méthode alternative pour remplacer le sérum foetal bovin et que les chercheurs s’appliquent à diminuer au maximum l’impact de la viande in vitro sur les animaux, car c’est eux les premières victimes de la consommation de viande, avant l’environnement et les humains. Mais il serait très dommage de rejeter ces recherches, plutôt que de demander qu’elles progressent sur le plan éthique.

  3. L’argument…manger de l’agonie en mangeant de la viande n’est pas recevable pour plein de raisons…s’il il suffisait de manger de l’herbe pour être heureux et respectueux envers le monde et son environnement…celui-ci aurait été tout autre …l’humanité à un prix que seul celui qui l’a créé peut concevoir et aider l’homme à mieux la gérer. L’homme est un animal qui possède aussi ses lois de subsistance auxquels tout comme les animaux, il est contraint de vivre…en lui laissant le temps s’il n’est pas contrecarré par trop de guerre, de manipulations politiques ou tout simplement par lui-même, il trouvera des solutions qui le grandiront. Mais se prétendre anges moralisateurs qui voudraient à tout prix retirer ses pieds d’une terre nourricière cela s’appelle tout simplement de la crédulité. Ce n’est pas une question de renoncement mais actuellement c’est une question de bon sens et de réalité. Les végétaux ne poussent pas dans le sable et sans eau qui manque pourtant cruellement à certains et malheureusement pas de manière gérable d’un pays à l’autre encore à notre époque. Et changer l’eau de la mer en eau potable non plus et surtout pas sans conséquence…quant à son conditionnement, il est plus que douteux sur le tonnage qu’il génère en déchets donc le végétarisme et le végétalisme ne sont toujours pas de bonnes solutions mais plutôt une problématique de plus à l’heure actuelle… Alors continuons de chercher…

    • Je ne suis évidement pas pour que l’homme seul décide de ce que je dois et ne dois pas manger…je suis pour la réglementation des fermes de proximités dans le bio et le respect de l’animal…c’est pourtant très simple à comprendre, à réaliser…Si il n’y avait pas tous ces promoteurs, traders etc. qui n’en veulent qu’à mon argent…je leur ai pourtant dit que je ne suis pas et ne veux pas être un porte monnaie à pattes !!! Mais à mon humble avis…il s’en fiche royalement…

  4. Je suis d’accord et toutes les solutions dont nous avons besoins sont très simples et dans tous les domaines. Les personnes avides se servent de nos besoins pour créer de l’argent ET nous exploiter. Les voilà maintenant avec dans les mains une nouvelle honte de plus à nous « imposer ». Laissons les donc à leur sort et construisons le notre… sagement.

  5. Il est surtout urgent et vital d’empêcher les « scientifiques » de faire n’importe quoi, surtout ceux qui sont grassement financés…

  6. la solution la plus facile, et surtout la seule qui soit moralement recevable: Devenir végétalien..et mieux vegan!
    Pour faire cette viande, il faudra tout de même continuer à élever des animaux, et donc les exploiter, pour les envoyer ensuite à l’ abattoir !
    Un moindre mal, certes, mais pourquoi est-ce si difficile de cesser de manger l’ agonie ??
    J ‘ai même remarqué que beaucoup de gens sont dégoûtés à l’idée de manger de la viande in vitro, mais pas du tout à celle de manger un cadavre d’ animal, tué pour le plaisir de l’ estomac de celui qui le mangera..

  7. plus simple évidemment devenons végé@alien!!! plus de souffrance, diminution importante des pollutions et des dégradations environnementales!

  8. En effet, si nous ne mangions de la viande que deux fois par semaine, une partie du problème serait réglé… NON à la souffrance animale…. surtout pour de l’artificiel…

  9. Super idée, maintenant on va investir du personnel scientifique, médical, quelques millions… Faut arrêter avec les solutions compliqués alors qu’il y a beaucoup plus simple.

  10. c’est c’est une recherche scientifique qui n’a que ça …
    Pas besoin de ce nouveau bizness . Nous pouvons absolument et très bien vivre sans viande Arrêtons de faire n’importe quoi et surtout d alimenter un nouveau bizness parce que derrière la recherche, c’est ça.

  11. Arrêtons de manger de la viande tout simplement !

    • Soyons déjà un peu plus pondérés et raisonnables, vu l’augmentation de la consommation et l’ancrage des habitudes alimentaires, je pense que le message à faire passer ne doit pas être simpliste alors si nous disions : « diminuons notre consommation de viande » ce serait déjà un grand progrès.

    • Je suis plutôt d’accord avec le sage commentaire de Rahlf !

    • +1 dans le sens de Rahlf !

      Allons-y progressivement et faisons des constats qui viendront confirmer que, plus la population mondiale augmentaera et plus il faudra se passer de viande si on veut nourrir tout le monde.
      En dehors de la souffrance animale et des problèmes environnementaux, c’est aussi une question d’équité envers les peuples, pourquoi les uns auraient-ils le droit de manger de la viande en excès dont la production nécessite une grande quantité de céréales pendant que les autres meurent de faim alors qu’ils pourraient être nourris avec les céréales destinés aux bêtes ?

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