Taxer le kérosène des avions : la Commission européenne à l’heure du choix

Une étude commandée par la direction générale des transports de la Commission européenne recommande de taxer le kérosène des avions 33 centimes d’euro le litre. Le but recherché est de faire diminuer le trafic aérien de 10% dans l’Union européenne.

Rédigé par Anton Kunin, le 13 May 2019, à 11 h 40 min
Taxer le kérosène des avions : la Commission européenne à l’heure du choix
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La Commission européenne doit se prononcer prochainement sur les résultats d’une étude selon laquelle une taxation plus lourde du carburant diminuerait le trafic aérien, et donc les émissions de CO2.

Faire chuter les émissions de CO2 de 10 %

Taxer davantage le carburant pour en diminuer la consommation, l’idée n’est pas nouvelle. Cette fois-ci, c’est dans le secteur aérien que l’idée fait son chemin, avec une étude qui n’a pas été rendue publique, mais que dévoilent le Financial Times et Le Monde(1).

La Commission européenne devra se prononcer prochainement sur l’opportunité de taxer le kérosène des avions © Commission Européenne

Et le commanditaire de l’étude n’est pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de la Direction générale des transports de la Commission européenne. Selon ses auteurs, la mise en place d’une taxe de 33 centimes d’euro par litre de kérosène rendrait le transport aérien cher, au point de faire chuter le nombre de voyageurs de 11 %, ramenant leur nombre à 613 millions par an. Les émissions de CO2 diminueraient quant à eux de 10 %.

Cette diminution du trafic aérien aurait, certes, un impact sur l’emploi, avec une réduction de 11 % des effectifs dans le secteur. En chiffres absolus, on parle de 143.000 destructions d’emplois à travers l’Union européenne.

Lire aussi : Quelles compagnies aériennes polluent le moins ?

Taxer le carburant des avions : plusieurs États européens l’ont fait

Les règles européennes autorisent les États membres à instaurer leur propre taxation du kérosène. Certains pays, comme les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède, ont d’ailleurs déjà franchi le pas. En Suède, une taxe est acquittée par les passagers au moment de la réservation du billet (6 à 39 euros, en fonction de la destination). Les Britanniques paient, quant à eux, l’équivalent de 15 euros pour un vol intérieur, voire plus pour un vol international.

Les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont déjà instauré leur propre taxe sur le kérosène. © Jaromir Chalabala

Si le transport aérien est pointé du doigt, c’est parce que le secteur génère 2,5 % des émissions de CO2. Pire, d’ici 2020 le trafic européen devrait croître de 68 % par rapport au niveau de 2010.

Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’une telle taxe, si elle voit le jour, ne va pas réjouir les compagnies aériennes. Le prix du baril du kérosène a oscillé entre 80 et 90 dollars en 2018, contre 50 dollars en moyenne en 2015. De nombreuses compagnies aériennes ont déjà vu leurs résultats financiers pâtir de cette hausse des coûts inhérents.

Illustration bannière : Avion volant au-dessu des nuages – © Jay-cz
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. Et pendant ce temps, les Chinois ne vont pas s »embarrasser avec ça.

  2. il suffit faire le plein a Dubai LOL

  3. Taxer le kérosène, une des revendications des « gilets jaunes » ,c’est une question de bon sens, de justice sociale et écologique!
    C’est aussi une question d’équité, par rapport au train, bien moins polluant, qui ne bénéficie pourtant d’aucune détaxe pour l’électricité consommée.
    Que tous ceux qui ont l’habitude de l’avion pour rallier Paris à Toulouse(ou Marseille, ou Barcelone…) se mettent au train, et leur bilan carbone sera nettement meilleur!

  4. De façon générale il faut diminuer le trafic à grande vitesse, par avion ou par tgv ou par tout autre moyen. Cela peut se faire par une taxe mais aussi par la limitation volontaire puis le diminution du nombre de liaisons rapide. En effet à chaque fois qu’on diminue la mobilité rapide, on diminue la pollution, on incite les entreprises à créer des agences locales et on encourage la multi-fonctionnalité des territoires c’est à dire une meilleure uniformité de la répartition des emplois, des écoles, des commerces, des productions agricoles. Quand les gens trouvent presque tout à portée de pieds, ils utilisent beaucoup moins les transports personnels ou communs. De plus les petits territoires, de par la proximité de ressources agricoles sont plus résilients au changement climatique que les grandes agglomération. Enfin si nous abandonnions notre mode de vie actuel hors sol et respections notre condition de simples mammifères, sans doute serions nous plus heureux et valides, sans doute préserverions nous la biodiversité qui nous fait vivre.

  5. Oui il faut taxer le kérosène, c’est de la concurrence déloyale par rapport aux autres moyens de transport.

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