Des marges indécentes sur la vente de produits bio en grandes surfaces

L’UFC-Que Choisir publie une enquête sur les marges réalisées par les distributeurs dans la vente de produits bio en grandes surfaces.

Rédigé par Pauline Petit, le 29 Aug 2017, à 11 h 30 min

Au jour où les états Généraux de l’Alimentation s’ouvrent sur la question des prix agricoles, l’organisme UFC-Que Choisir publie les résultats de son enquête sur les prix des fruits et légumes bio en grandes surfaces. Des conclusions édifiantes.

Pourquoi le bio est plus cher ? Il s’agit d’un surcoût lié au mode de production : en effet, le bio demande plus de main-d’oeuvre, et subit plus d’aléas dus à l’absence d’utilisation de pesticides. Toutefois, le surcoût du bio en grandes surfaces s’explique principalement par les surmarges réalisées par les enseignes. Des pratiques inacceptables dénoncées par l’UFC-Que Choisir dans une étude publiée mardi 29 août(1).

Le bio en grandes surfaces plombé par les marges

On sait que le bio connaît un engouement sans précédent, et les GMS (grandes et moyennes surfaces) sont devenues les premiers acteurs de la vente en bio, avec une part de marché de 42 %. Les enseignes multiplient les promesses, « démocratiser le bio », « une offre bio toujours plus importante »… Derrière les slogans, l’association de consommateurs a enquêté.

Les prix des fruits et légumes bio en grandes surfaces

L’UFC-Que Choisir a concentré son étude sur les fruits et légumes bio. Comment les grandes surfaces construisent-elles le prix ? Elle a analysé le prix agricole et le prix final en rayon. Certes, les prix à l’expédition sont plus chers, avec une différence de 111 % entre conventionnel et bio.

bio en grandes surfaces

Le bio en grandes surfaces est plus cher à cause des marges ©sylv1rob1

Mais les grandes surfaces ajoutent des « surmarges » : sur le panier moyen, « les marges brutes sont plus élevées de 135 euros pour le bio« . Ce qui signifie que « moins de la moitié du surcoût payé par les consommateurs pour le bio part à la production », dénonce l’UFC-Que Choisir.

Des surmarges qui ne s’expliquent pas par la périssabilité des denrées : pour un légume de longue conservation comme le poireau, les surmarges sont de 2 euros au kilo. Une situation inexplicable pour l’UFC qui appelle à une baisse des marges de la grande distribution, qui « enclencheraient un cercle vertueux profitable aux consommateurs ». 

L’offre également insatisfaisante

L’organisme a également analysé la disponibilité des fruits et légumes bio en grande surface. Conclusion : des produits insuffisamment disponibles : une offre « déficiente de 41 % sur la pomme et la tomate« , les deux produits phares. Un paradoxe donc : « les clients acceptent de payer plus cher, pour une offre très insatisfaisante« .

« L’offre bio est souvent un alibi » pour les grandes surfaces, dénonce l’UFC-Que Choisir, qui souhaite que les GMS aient une meilleure cohérence dans leur offre bio, et demande aux acteurs de rendre public la formation des prix du bio dans les grandes surfaces, pour une plus grande transparence.

L’organisme souhaite faire pression lors des états généraux de l’alimentation pour rendre le bio plus accessible. Nous aussi, consommateurs, pouvons agir, en privilégiant l’achat bio en direct et en magasins spécialisés en attendant que les GMS baissent leurs marges indécentes.

Illustration bannière : Une femme au supermarché – © ElevenStudio
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

7 commentaires Donnez votre avis
  1. Moui, alors il ne faudrait pas non plus avoir une vision totalement hors sol non plus.

    Cette étude est typique des méthodes de l’association UFC-Que Choisir, qui a certes le mérite d’exister, mais qui sait aussi se vendre par des slogans faciles.

    Ne se focaliser que sur le rayon fruits et légumes est tout bonnement une hérésie, ce n’est voir qu’une partie du marché, qui est bien plus vaste.

    Le seul résultat visiblement probant de cette enquête, semble être le suivant : la grande distribution s’accorde des marges plus importantes sur ses gammes bio que sur ses gammes « conventionnelles ». C’est n’est en rien une découverte, la donnée était déjà fort connue.

    Et il n’est absolument pas justifié d’en déduire que les prix des grandes surfaces seraient, de ce fait, rendus peu compétitifs face aux tarifs pratiqués en circuits spécialisé. En réalité, les grandes surfaces se font très peu de marges (en proportion) sur les produits conventionnels, leur richesse est assise sur une consommation de très grande masse. Le modèle est le suivant : gagner peu mais très très souvent.

    L’émergence des produits bio, au sein de circuits spécialisés pratiquant des tarifs élevés, fut une opportunité, pour la grande distribution. Elle a compris que le consommateur était prêt à payer plus cher pour ce type de produit, que les marges praticables allaient être supérieures à ses moyennes établies, sans que les prix atteignent forcément les niveaux des circuits spécialisés.

    Au final, on se retrouve avec des gammes bio proposées en super- et hyper-marché, à des prix souvent jugés compétitifs par le consommateur (il faut en entendre certains, dans les rayons, s’en satisfaire avec enthousiasme), et qui pour autant rapportent gros.

    Le caractère hérétique de cette consommation bio en milieu à priori hostile vient du caractère assez hypocrite qu’elle revêt (je dis cela tout en y participant en partie).

    En effet, seules les règles environnementales prévues par le label bio y sont respectées, alors que d’autres sont donc occultées (mais cela est également vrai dans les magasins bio, où l’on retrouve aussi des tas de produits venus de l’autre bout de la planète). Et certaines valeurs éthiques associées au label mais non-codifiées, comme les normes sociales, sont clairement absentes.

    Pour le coup, je trouve que la focale mise sur les fruits et légumes, dans l’enquête menée par l’UFC-Que Choisir a quelque chose de pertinent, mais les résultats sont trop orientés sur la question du prix. En réalité, en grande surface, il est devenu moins respectueux de l’environnement d’acheter des fruits et légumes en bio qu’en conventionnel. Pourquoi ? Parce qu’en version bio, il n’en est pas un qui ne soit sur-emballé dans du plastique.

  2. Je consomme bio depuis plus de 40 ans, je suis végétarien, quasiment végan et je me porte très bien merci (pour répondre aux anti-bio primaires). Mais, durant ces années, j’ai vu apparaître l’industrie du bio où les tomates sont poussées hors sol en Espagne sous serre chauffée (!!); où les animaux vivent autant en univers concentrationnaire (malgré les effets d’annonces « en liberté »)et sont massacrés tout autant que les autres dans les abattoirs; où l’on fait venir des pommes et des poires d’Amérique du Sud en plein mois de juillet (une hérésie saisonnière que réclament pourtant, au nom de la « disponibilité des produits », ces imbéciles d’UFC-Que Choisir); les supermarchés – très critiques sur le bio voici seulement 20 ans – s’y mettre, pourquoi ? Parce que ça rapporte pardi ! Un supermarché vendra demain des bébés si la loi le permet et si ça rapporte !
    Il y a donc bio et bio. Il faut bouder les moyennes et grandes surfaces qui n’ont pas su soutenir le bio quand il le fallait et se tourner vers la production locale uniquement. Et ça ne viendra pas tout seul : payez de votre personne. Interpellez les élus, les pouvoirs publics…

    • Le bio c’est de la nourriture pour bobos, bio est une arnaque, parlons plutôt de culture raisonnée, tout cela n’est que pour faire vendre à des bobos qui veulent dire: » je mange bio », lorsque vous avez des cultures soit disant bio, alors que dans les champs d’à coté on arrose de pesticides et fongicide, il faut être naïf pour croire que les cultures ne son pas contaminés, surtout quant on voit la distance que parcourent les brouillards de pulvérisation, c’est un peu comme le nuage de Tchernobyl qui s’est arrêté à la frontière, que dire aussi des eaux d’arrosage puisés dans les ruisseaux ou rivières, qui elles sont polluées par toutes sortes de produits. De plus on trouve des produits bio qui viennent de certains pays comme l’Espagne l’Italie aux pratiques plus que douteuses, dont même la réglementation diffère de celles de la France, j’ose même pas parler de ceux qui viennent d’Afrique, d’Amérique du sud etc… tout cela n’est que prétexte à gonfler les prix pour faire des marges exorbitantes sur des produits bio qui bien souvent ne sont pas mieux que d’autres, par expérience j’ai acheté dans un magasin bio des pêches, résultat infecte à manger pas de gout, acide, j’ai eu l’impression de manger de la betterave, alors le bio pour enrichir certains commerces et les grandes surface qui ne cherchent que faire bizness, vous vendre des produits pas meilleurs, non merci.

  3. c’est du pipo pourquoi il font pour les prix .pas pour la qualite pour faire plus d ‘argents pour eux pas pour le consomateur ..j’ai vue a nyons un producteur looale vendre des peches a 3euros le kilos….c’est se foudre du client…qualite bidon…nos payans declare t il toute leurs tout les grandes surfaces le font….

  4. Demander aux GMS de faire moins de marge, c’est croire au Père Noël. Ce n’est pas de correctement nourrir leurs clients qui les intéresse, mais de faire le plus de bénéfice. Les fruits et légumes bio, ainsi que l’épicerie sont souvent moins chers en magasins bio, et l’offre est de meilleure qualité.

  5. Magasin bio CARREFOUR de Menton, Pêches jaunes et Nectarines 7.70€ le kilo ! ! !

    • Alors que 6,79 E le kg au Naturalia des Lilas ds le 93

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