Mise sur le marché de la première pilule connectée : dure à avaler ?

Pour mieux contrôler la prise de médicaments et le suivi des traitements par les patients pour certaines pathologies, les autorités sanitaires américaines viennent d’autoriser la première pilule connectée. Et cela peut poser quelques problèmes éthiques.

Rédigé par Maylis Choné, le 16 Nov 2017, à 11 h 25 min

Cette pilule connectée permettrait de détecter si le traitement a bien été pris. Cette avancée peut aider certains patients, mais le prive aussi d’une part de liberté.

La pilule connectée, qu’est-ce que c’est ?

La Food and Drugs Administration (FDA) aux États-Unis vient d’autoriser la mise en vente sur le marché d’un médicament connecté. Il s’agit d’une pilule contenant un capteur minuscule, constitué de cuivre, de magnésium et de silice. Une fois la pilule dissoute, le capteur est libéré et entre en contact direct avec les sucs gastriques de l’estomac. Il réagit lorsqu’il détecte les composés du médicament.

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Il envoie alors les informations de date, d’heure et de dosage du traitement via un patch, celui-ci collé à la cage thoracique du patient et changé chaque semaine. Ces indications sont transmises à une application pour smartphone et peuvent être partagées avec le médecin traitant ou la famille. « Pouvoir traquer la prise des médicaments prescrits peut être utile pour certaines personnes souffrant d’une maladie mentale », explique le Docteur Mitchell Mathis, directeur de la division des traitements psychiatriques au centre de recherche et d’évaluation des médicaments de la FDA.

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Les problèmes éthiques autour du médicament connecté

Pour l’instant, ce médicament connecté ne concerne que les traitements de la schizophrénie et des troubles bipolaires. Il sera sans doute ouvert à d’autres pathologies dans les années qui viennent. D’un point de vue éthique, certains dénoncent le manque de liberté pour les patients de se soigner ou non, et regrettent le fait d’être surveillé jusque dans la prise de médicaments.

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Pour les personnes âgées ou les diabétiques qui oublient souvent leur traitement, ce peut être une bonne nouvelle. Pour les assurances maladies aussi, car le mauvais suivi des traitements entraînent des frais colossaux : une dizaine de milliards d’euros seraient actuellement dépensés en France en frais médicaux supplémentaires à cause de traitements non suivis.

Illustration bannière : Pilule digitale connectée – © Maksim Kabakou
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