Économiser l’eau au jardin : le xéropaysagisme ou le jardinage sans eau

Économiser l’eau au maximum en cultivant, ou ne pas arroser, est l’idéal du xéropaysagisme. Le xéropaysagisme diminue la consommation d’eau de 25 à 100%.

Rédigé par , le 23 Jul 2026, à 9 h 09 min
Économiser l’eau au jardin : le xéropaysagisme ou le jardinage sans eau
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Face aux étés plus secs et aux restrictions d’arrosage, le jardin doit apprendre à vivre avec moins d’eau. Le xéropaysagisme propose justement de repenser les plantations, le sol et l’irrigation pour limiter les besoins sans renoncer aux fleurs.

Cette méthode ne consiste pas à transformer son terrain en désert minéral. Elle vise plutôt à créer un jardin adapté au climat local, plus résilient et plus facile à entretenir.

Ce qu’il faut retenir

  • Le xéropaysagisme réduit les besoins en eau grâce à des plantes adaptées et un sol bien protégé.
  • Les végétaux doivent être regroupés selon leurs besoins en arrosage.
  • Le paillage, la réduction du gazon et l’arrosage ciblé sont essentiels.
  • Un jardin sobre en eau peut rester coloré, vivant et accueillant pour la biodiversité.

Xéropaysagisme : qu’est-ce que ce jardin économe en eau ?

Le mot xéropaysagisme associe le grec ancien xeros, qui signifie « sec », au terme paysage. Il désigne une méthode d’aménagement pensée pour utiliser l’eau de la manière la plus efficace possible.

Le terme anglais xeriscape a été créé en 1981 par le service des eaux de Denver, aux États-Unis. La démarche s’est ensuite développée dans de nombreuses régions confrontées à la sécheresse.

Contrairement à une idée reçue, un jardin xéropaysagiste n’est pas forcément composé de cactus et de galets. Il peut accueillir des massifs fleuris, des arbustes, des aromatiques et même quelques arbres.

Son principe repose sur plusieurs choix complémentaires : analyser le terrain, sélectionner les bonnes plantes, améliorer le sol, limiter la pelouse, pailler et arroser uniquement lorsque cela est nécessaire.

Choisir des plantes adaptées à la sécheresse

Toutes les plantes n’ont pas la même soif. La première étape consiste donc à sélectionner des espèces capables de supporter les conditions naturelles de votre jardin.

Les plantes locales adaptées au sol et au climat sont souvent les plus pertinentes. Une fois installées, elles résistent généralement mieux aux épisodes secs. Elles offrent également des ressources aux insectes pollinisateurs et à la petite faune.

Jardin fleuri aménagé avec des plantes résistantes à la sécheresse

Xéropaysagisme, plantes pour une consommation d’eau réduite 

Les plantes issues des milieux méditerranéens, des falaises, des rocailles et du littoral sont également intéressantes. Leur feuillage coriace, argenté ou étroit limite souvent les pertes d’eau.

Parmi les vivaces et aromatiques à envisager figurent notamment :

  • les lavandes, thyms, origans et certaines sauges ;
  • les achillées, euphorbes et gauras ;
  • les sedums, joubarbes, agaves et aloès ;
  • les iris, pavots, valérianes et certaines échinacées.

Certaines plantes grasses cultivées en pot peuvent également espacer les arrosages. Vous pouvez par exemple apprendre à bouturer un hoya pour multiplier vos plantes sans nouvel achat.

Maison entourée d'un jardin xéropaysager composé de plantes sobres en eau

Un jardin xéropaysager peut rester végétalisé et coloré 

Du côté des arbustes, les cistes, romarins, filaires, arbousiers, céanothes et certaines armoises peuvent convenir. Leur rusticité dépend toutefois de la région.

Évitez de planter du buddleia sans vous renseigner sur la variété choisie. Certaines espèces peuvent se montrer envahissantes et se propager dans les milieux naturels.

Pour les arbres, privilégiez les essences adaptées à votre climat et à l’espace disponible. L’érable de Montpellier, le chêne vert, l’olivier ou le micocoulier peuvent convenir dans certaines régions. Le saule, en revanche, apprécie les sols humides et n’est pas adapté à un jardin sec.

Attention – Une plante réputée résistante à la sécheresse doit tout de même être arrosée pendant son installation. Selon l’espèce et le climat, cet accompagnement peut durer un à deux étés.

Quelques plantes qui supportent une humidité réduite

Cette liste reste indicative. Vérifiez toujours la rusticité, la nature du sol et le caractère éventuellement invasif de chaque plante dans votre région.

  • Thym (Thymus vulgaris), à récolter et utiliser en cuisine ;
  • lavande vraie (Lavandula angustifolia), à condition de savoir entretenir la lavande ;
  • joubarbe des toits (Sempervivum tectorum) ;
  • sumac aromatique (Rhus aromatica) ;
  • aster aromatique (Symphyotrichum oblongifolium) ;
  • échinacée pâle (Echinacea pallida) ;
  • liatris (Liatris aspera) ;
  • oeillets du genre Dianthus ;
  • amélanchier à feuilles d’aulne (Amelanchier alnifolia) ;
  • aloès, dont l’Aloe vera, à réserver aux régions sans gel ou à cultiver en pot.

Organiser le jardin selon les besoins en eau

Dans un jardin économe en eau, les végétaux ne sont pas répartis au hasard. Ils sont regroupés par zones, selon leur exposition et leurs besoins.

Placez les plantes les plus résistantes dans les secteurs chauds, secs et très ensoleillés. Réservez les endroits ombragés, protégés du vent ou situés près d’une descente de gouttière aux plantes plus gourmandes.

Cette organisation évite d’arroser toute une parcelle pour satisfaire seulement quelques végétaux. Elle permet aussi de mieux exploiter les microclimats créés par les murs, les haies et les arbres.

Plante sauvage résistante à la sécheresse dans un jardin sec

Les plantes doivent être choisies selon le climat et la nature du terrain 

Vous pouvez aussi modeler légèrement le terrain pour ralentir l’écoulement de l’eau de pluie. De petites cuvettes autour des plantations favorisent son infiltration. Elles ne doivent cependant pas diriger l’eau vers les fondations ou les terrains voisins.

Analyser et préparer le sol avant de planter

Un jardin sobre en eau commence sous la surface. Avant les plantations, observez la texture, la profondeur et le drainage de la terre. Vous pouvez également mesurer le pH du sol.

Un sol argileux conserve l’humidité, mais il peut devenir compact et asphyxiant. À l’inverse, un sol très sableux laisse rapidement l’eau s’échapper.

Dans les deux cas, un apport raisonnable de compost mûr améliore progressivement la structure du sol. Évitez la tourbe, dont l’extraction fragilise des milieux naturels riches en carbone et en biodiversité.

Inutile, toutefois, de transformer totalement votre terre. Le choix de végétaux adaptés au sol existant est souvent plus simple et plus écologique que la multiplication des amendements.

Pailler pour limiter l’évaporation

Le paillis est presque incontournable pour économiser l’eau. Il ralentit l’évaporation, protège la vie du sol et limite la concurrence des herbes indésirables.

Vous pouvez utiliser des feuilles mortes, du broyat de branches, de la paille, des tontes préalablement séchées ou du compost grossier. Renouvelez cette couverture lorsqu’elle se décompose.

Jardinier utilisant des tontes de pelouse comme paillage au potager

Travail sur un jardin en synergie : paillage avec la tonte de pelouse pour le potager 

Un bon paillage et un compost bien décomposé permettent au sol de mieux absorber l’eau. Ils réduisent aussi le ruissellement lors des pluies intenses.

Les galets et graviers conviennent aux plantes de rocaille, mais ils peuvent accumuler beaucoup de chaleur. Dans les massifs ordinaires, un paillis végétal protège généralement mieux le sol et nourrit ses organismes.

Quelle irrigation choisir dans un jardin xéropaysager ?

Un jardin sobre n’est pas nécessairement un jardin totalement privé d’arrosage. Les jeunes plantations, le potager et les périodes de sécheresse prolongée peuvent demander un apport ponctuel.

Le choix de la technique d’irrigation fait alors une grande différence. Le goutte-à-goutte, les tuyaux microporeux et l’arrosage manuel au pied permettent de viser directement les racines.

L’aspersion est moins précise. Elle arrose aussi les allées, les feuilles et les zones qui n’en ont pas besoin. Elle doit donc rester ponctuelle et être utilisée sans vent.

Jardin xéropaysager fleuri et résistant au manque d'eau

© Vadym Zaitsev

Arrosez lentement et abondamment plutôt que souvent et superficiellement. L’eau pénètre ainsi plus profondément, ce qui encourage les racines à descendre.

Intervenez tôt le matin ou en soirée, lorsque les températures sont plus basses. Évitez les heures chaudes et les journées venteuses, durant lesquelles l’évaporation est importante.

Le bon réflexe – Avant d’arroser, enfoncez un doigt ou une petite pelle dans le sol. Une surface sèche peut cacher une terre encore humide quelques centimètres plus bas.

Réduire le gazon pour économiser l’eau

Une pelouse régulièrement tondue et maintenue verte en été demande beaucoup d’eau. Le xéropaysagisme invite donc à réduire sa surface et à réserver le gazon aux zones réellement utilisées.

Vous pouvez remplacer une partie de la pelouse par une prairie fleurie, des couvre-sols, des massifs ou des cheminements perméables. Une zone d’herbes spontanées laissée plus haute offre aussi un refuge à de nombreux insectes.

Pelouse sobre nécessitant moins d'eau et d'entretien au jardin

Si vous souhaitez conserver une pelouse, choisissez un mélange adapté au climat et au sol. Certaines fétuques, accompagnées de trèfle, supportent mieux les périodes sèches et demandent moins de tontes.

Relevez également la hauteur de coupe. Une herbe un peu plus longue ombrage le sol, développe davantage ses racines et résiste mieux à la chaleur.

Comment entretenir un jardin sec ?

Une fois bien installé, un jardin xéropaysager réclame généralement moins d’arrosage et de tonte. Il ne se passe pas pour autant de toute intervention.

Durant les premières années, surveillez les jeunes plantes et retirez les espèces indésirables avant qu’elles ne concurrencent les plantations. Complétez régulièrement le paillage et taillez seulement lorsque cela est utile.

Fleur sauvage dans un jardin favorable à la biodiversité

Un jardin sec peut accueillir une grande diversité de fleurs et d’insectes 

Des plantes bien adaptées au terrain sont souvent plus robustes. Elles peuvent donc nécessiter moins de traitements. Cela ne les rend pas totalement insensibles aux parasites ou aux maladies.

Diversifiez les végétaux et pratiquez l’association de cultures. Évitez surtout les traitements systématiques, qui perturbent les auxiliaires naturels du jardin.

Récupérer l’eau de pluie pour les besoins restants

Même avec un jardin très sobre, quelques arrosages restent parfois indispensables. Un récupérateur d’eau de pluie permet alors de réduire l’utilisation d’eau potable.

Récupérateur d'eau de pluie installé à côté d'une maison

Récupérateur d’eau de pluie à la maison 

Installez la cuve sur un support stable, équipez-la d’un couvercle et empêchez l’accès aux jeunes enfants. Un filtre simple évite l’accumulation de feuilles et de débris.

L’eau récupérée sans raccordement au réseau intérieur peut servir à arroser le potager et les espaces verts. Elle ne doit pas être bue ni utilisée pour préparer les aliments.

Enfin, vérifiez toujours les restrictions d’eau appliquées dans votre commune. Elles peuvent concerner certains horaires ou interdire temporairement l’arrosage, y compris avec de l’eau de pluie selon les arrêtés locaux.

En combinant plantes adaptées, paillage, réduction du gazon et arrosage ciblé, le xéropaysagisme permet de créer un jardin plus autonome. Il allège également l’entretien et la facture d’eau, tout en conservant un extérieur agréable à vivre.

Article mis à jour juillet 2026


Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

13 commentaires Donnez votre avis
  1. Le bouleau consomme énormément d’eau et la plupart ne sont pas des plantes xérophyte. Il convient surtout d’implanter des arbres qui produise une ombre importante (quercus), mais si vous n’arroser pas vos plantes, ELLE NE PRODUISE PAS D’OXYGENE!!!! Et puis vient l’hivers et vous vous rencontrer que le paillage c’est bien mais uniquement pour les espèces holarctique sylvicole, l’érreur est de l’appliquer à des especes méditéranéenes et la les raçines se mète à pourrir car se n’est pas la même mycorhize

  2. bonne idée ! Sachez toutefois qu’ils auraient pu obtenir des résultats encore plus extraordinaires en compostant toutes leurs eaux fécales, les plus concentrées possible, avec tous leurs autres déchets biodégradables pour les aider à rendre leurs sols, même arides, auto-fertiles en les couvrant avec le mulch obtenu après quelques mois. Toutes leurs eaux savonneuses (bains lessives,vaisselles,..) auraient pu alors servir à irriguer et faire « pousser », gratuitement, toutes les plantations (pas seulement celles peu consommatrices en eau)… afin de devenir, bien plus rapidement , autosuffisants sur le plan alimentaire.

  3. article paru, a quelques mots près, en Californie du Sud; même photos…
    le bon sens est de trouver des plantes locales qui vous plaisent; tout est dans le choix des « native plants »
    Good Bye, consoglobe

  4. Cet article est vraiment à prendre avec des pincettes !!! Le fait d’utiliser n’importe où des plantes telles que celles qui sont préconisées est dangereux ! Il faut avant tout se référer aux plantes locales, qui, par essence, sont adaptées au milieu en question.

    En Suisse par exemple le buddleia davidii (ou Arbre à papillons) fait partie de la liste des néophytes envahisseurs et doit être proscrit des jardins et des espaces verts en général. Il en est de même pour l’armoise des frères Verlot (artemisia verlotiorum).

    Voir par exemple: https://www.infoflora.ch/fr/flore/neophytes/listes-et-fiches.html

    D’une manière générale, toute plantation d’espèces ne provenant pas de la région devrait d’ailleurs être évitée pour limiter les mélanges et les déséquilibres écologiques.

    Merci d’être un peu plus sérieux avec vos articles !!

  5. végétaux sans eau égale diminution de l’évaporation donc du refroidissement du sol donc de la condensation donc de la rosée. attention a garder les espèce locales pour garder l’équilibre un mieux est souvent pire que le mal.

  6. Vous mentionnez que l’on peut ajouter de la de tourbe pour modifier la composition du sol. ATTENTION : on importe de la tourbe des pays de l’Est là où elle n’est pas protégée. On détruit de vastes tourbières pour nos jardins. Il existe des matériaux de substitution, alors s’il vous plaît n’achetez plus de tourbe

  7. Sauf la première année, le mode de culture en permaculture n’utilise pas d’eau du tout non plus, et il est possible de mettre toutes les espèces désirées, je parle ici de légumes et fruitiers ; mais la permaculture est aussi à utiliser pour les plantes et les arbres d’ornement.
    L’aloe vera a des vertus extraordinaires, mais seulement si elle est cultivée dans les pays d’origine, c’est-à-dire semi-désertiques.
    Pour les allergies de toutes sortes, je recommande le livre du Dr DRANSART : la maladie cherche à me guérir.

    Merci pour toutes les infos, anita

  8. EXELLENT J ADORE LE PROCEDE

  9. Attention aux plantes exotiques : lorsqu’on les implante, certaines deviennent invasives et banalisent le paysage (buddleia), et certaines sont quasiment impossibles à éliminer (renouée du japon…)alors attention à n’utiliser que des espèces autochtones : elles ont en plus beauxoup plus de chance d’être adaptées à notre climat. Et si en plus on fait attention à les choisir mellifères (bonnes pour les insectes) et fructifères (bonnes pour les oiseaux entre autre), alors là on a tout juste pour la biodiversité !

    • bonjour,

      connaissez-vous quelqu’un qui pratique déjà ce type de jardinage en France, et pourrait expliquer sa démarche dans un reportage ?

      meric de votre réponse
      Claudine
      0614490196

  10. Bonjour,

    SVP, au sujet du xeropaysagisme, n’oubliez pas de parler des allergies ! De nombreuses personne plantent arbres ou plantes, sans sa soucier si elles vont créer des allergies chez leurs voisins (les allergiques sont de plus en plus nombreux de nos jours, dû à la pollution de l’air, entre autres).

    Evitez le bouleau, etc, une petite liste : # Ambroisie

    # L’armoise est une plante herbacée commune, vivant partout en France.

    # Aulne

    # Bouleau

    # Charme

    # Châtaignier

    # Chêne

    # Cyprès

    # Frêne est un grand arbre commun des forêts du Nord de la France. Certaines espèces peuplent les bords de cours d’eau, d’autres sont utilisées en ornement .

    # Les graminées regroupent un nombre important d’espèces que l’on appelle communément «herbes». Sauvages, elles vivent en bordure de chemins, clairières, jardins. Certaines variétés sont largement cultivées (mais, blé, avoine). Elles vivent partout en France.

    # Noisetier

    # Olivier

    # Oseille ou Rumex

    # Pariétaire

    # Peuplier

    # Plantain

    # Platane

    # Saule

    # Tilleul

    sur humex.fr/index.php?page=plantes-et-arbres-allergisants

    Merci ;o)

    • Bonjour,
      je plains sincèrement les personnes qui réagissent à ces plantes et doivent entreprendre un long traitement pas toujours efficace,mais je ne vois pas de lien plus particulier entre les allergies et les plantes xérophytes . Toute plante par son pollen ou le revêtement poilu de ses feuilles ou son suc peut donner lieu à une réaction allergique,et je vois mal comment tenir compte de toutes ces réactions susceptibles d’arriver à nos voisin avant de créer un jardin, sans compter les réactions aux animaux (mon voisin a 2 anesses, gare au poil !)ma voisine des poules,gare aux plumes!Amicalement

    • Effectivement, mieux vaut remonter à la source de l’allergie. En effet, depuis l’ère industrielle, les aliments sont tellement rafinés qu’il en ont perdu toutes leurs qualités, rendant ainsi la population malade et vulnérable. Voyez le nombre de cancers, maladie cardiovasculaires, intolérences et allergies au lait et composants comme les fameux colorants !…
      Visons plutôt à une meilleure alimentation saine et naturelle et sans viande, voire beaucoup moins.
      Cordialement.
      Béatrice

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