EDITO – La Fête des Possibles a raison : tout est possible. Mais comment aller plus vite ?

Les 18 au 30 septembre se tient la « Fête des Possibles » : 2000 manifestations en France et en Belgique pour mettre en avant les porteurs de solutions. Pour contredire les déclinistes, les pessimistes et les frileux. Comme consoGlobe.com le démontre depuis 12 ans : les solutions sont à notre portée. Mais comme le souligne la Fête des Possibles, un changement de posture est nécessaire pour qu’elles deviennent la norme.

Rédigé par Stephen Boucher, le 18 Sep 2017, à 17 h 00 min

La Fête des Possibles veut mettre en avant ces « milliers d’initiatives concrètes (qui) se développent sur nos territoires et constituent de nouvelles habitudes de vie, de nouveaux modes de consommation et de production« . Ce sont 1442 rendez-vous répertoriés sur la carte de la fête : ateliers, projections, portes ouvertes, conférences…

Comme le montre consoGlobe.com, une sorte de Fête des Possibles en ligne au quotidien depuis sa création en 2006, les modes de vie et de pensée changent. Les solutions en matière d’alimentation, de déchets, d’argent, d’énergie, de culture se multiplient, pour prendre mieux soin de soi, des autres, et de la planète. Mais comment continuer à faire en sorte que les possibles deviennent… la norme ?

Trop souvent, les « acteurs des possibles« , comme les appellent les organisateurs de la Fête des Possibles, agissent malgré le système économique et politique en place, voire en marge de celui-ci. C’est d’ailleurs leur vertu et la raison de ce qualificatif de « possible » : ils montrent qu’une alternative peut être entrevue. Mais ils soulignent aussi cette réalité : cette alternative n’est pas le monde en place. Elle est l’utopie à réaliser. Comme nous sommes pressés que cette utopie se matérialise, il faut réfléchir aux moyens de l’accélérer.

D’abord y croire

La Fête des Possibles, le film Demain, consoGlobe, le mouvement des Zèbres, et tant d’autres, jouent d’abord un rôle essentiel pour faire mieux connaître ces initiatives pour accélérer le changement. Car la première étape est de contourner le pessimisme ambiant sur l’absence de solutions et la prédominance des problèmes.

Comme le soulignent les Shadoks, dans leur sagesse éternelle, si nous n’avons pas de solutions, c’est que nous n’avons pas de problèmes. Donc arrêtons de ne voir que les problèmes avec désespoir. Ayons confiance, ensemble, que les solutions existent.

shadoks solutions problèmes

Ce qui pourrait paraître pour de la Méthode Coué et de la psychologie positive un peu facile est prouvé par les derniers travaux de science cognitive : être dans une disposition d’esprit d’action et de résolution de problèmes rend la perception de ceux-ci moins difficiles à résoudre. Si vous demandez à deux groupes d’évaluer la pente d’une colline après avoir demandé à l’un de raconter une histoire triste, et à l’autre de raconter une histoire gaie, le second groupe estimera la pente à gravir comme étant beaucoup moins forte.(2)

Et croire aussi à la politique

Peut-être que « small is beautiful » (ce qui est petit est beau), comme on dit en anglais, mais il faut bien se rendre à l’évidence : « small is small » (ce qui est petit, est petit…). L’utopie doit donc devenir un projet politique en soi, afin que les solutions se diffusent, que le système les aide plutôt que les freine, que « les possibles » deviennent « le système ».

Or, la politique rebute plus d’un, surtout ceux qui en sont déçus et qui développent des alternatives à la marge. Donc nous tous, et les porteurs de solutions plus que quiconque, devons croire dans l’action politique. Se porter soi-même candidat. Porter les solutions à la connaissance de tous et des acteurs politiques, comme s’y emploient les organisateurs de la Fête des Possibles, le Collectif pour une Transition citoyenne qui réunit 18 organisations qui oeuvrent « à l’amplification du mouvement de la transition citoyenne ».

Et, bien sûr, changer nos institutions et modes de décision pour qu’ils facilitent l’émergence et la diffusion à grande échelle des solutions. Pas simple. C’est le propos du Petit manuel de créativité politique, préfacé par Nicolas Hulot et le philosophe Dominique Bourg qui propose sept grands chantiers pour réformer notre culture politique et nos institutions, afin de « libérer l’audace collective« . Et « créer demain près de chez nous« , la devise de la Fête des Possibles !

Découvrez tous les rendez-vous de la Fête des Possibles.

Illustration bannière – Parapluies dans le ciel © Maria Uspenskaya
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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Non, les « Possibles », ça n’est pas possible, contrairement à ce que cet article veut faire croire, avec Hulot, Rhabi et consorts.
    Les solutions mises en avant sont aussi ridicules que de vouloir vider une baignoire qui déborde avec des petites cuillères et SANS fermer le robinet. « Faire sa part » comme dit P. Rhabi, et s’en contenter, est insuffisant : il faut gagner ! Et on ne peut le faire qu’en fermant le robinet. Autrement dit, en mettant à bas ce système économico-politique qui en est le terreau : le capitalisme.
    Ignorer cela revient à ne rien vouloir faire.

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