Le revenu minimum universel : essentiel face aux évolutions du travail

On ne travaille plus aujourd’hui comme on le faisait avant, et la société doit trouver de nouveaux moyens de s’adapter aux évolutions du monde du travail ; c’est en substance ce qu’indique le rapport du Conseil National du Numérique, intitulé “Travail emploi numérique: les nouvelles trajectoires”, remis mercredi 6 janvier à la Ministre du Travail.

Rédigé par Stephen Boucher, le 10 Jan 2016, à 22 h 00 min

Parmi les mesures préconisées, l’instauration d’un revenu minimum universel, qui permettrait à chacun de vivre décemment. Cette mesure pourrait sonner le glas du travail salarié, déjà mis à mal par la précarité, l’augmentation du travail indépendant ou la multiplication des employeurs. Toutefois, cela ne signifie pas pour autant l’avènement de l’oisiveté généralisée.

Si l’introduction au niveau national d’un tel revenu représenterait une première en Europe, son expérimentation dans d’autres parties du monde permet d’en imaginer les impacts face aux fantasmes que suscitent une telle mesure, à droite, comme à gauche.

Le revenu minimum universel : une idée de droite comme de gauche

En France, l’idée d’un revenu minimum universel séduit plus à gauche qu’à droite : 3 sympathisants de gauche sur 4 réservent à l’idée l’accueil le plus favorable, contre 1 sur 2 à droite, selon un sondage IFOP paru début 2015. L’ancien ministre UMP (aujourd’hui Les Républicains) du Budget, Eric Woerth, évoque la question dans son récent ouvrage, « Une crise devenue française, quelle politique économique pour la France ? », tandis que l’ancien ministre socialiste du redressement industriel Arnaud Montebourg a également abordé le sujet.

En Finlande, le Premier Ministre de centre-droit, Juha Sipilä, a annoncé dans son discours de politique générale fin juillet, souhaiter expérimenter dans une région de la Finlande un revenu minimum universel inconditionnel de 1.000 euros « permettant d’éradiquer la pauvreté ». L’idée est approuvée par une très large majorité des citoyens, tous bords confondus.

L’annonce du Premier Ministre est reçue positivement par 79 % des sondés et plus des deux-tiers des députés, tandis que le niveau de l’allocation proposée va croissant de la gauche à la droite de l’échiquier politique : 440 euros pour les Verts, 620 pour l’Alliance de gauche, entre 850 et 1.000 euros pour les libéraux.

revenu-minimum-banc-pauvrete-salaire-argent-monnaie

Plus largement, l’idée d’un revenu minimum universel est l’apanage des partis et intellectuels de gauche : le parti radical espagnol Podemos a suggéré l’idée dans son programme.

En Suisse, une initiative de référendum sur un revenu de base se tiendra dans les prochains mois. Les initiateurs proposent un niveau de revenu qui permette de vivre dignement. Enno Schmidt, l’un des initiateur du groupe Génération Revenu de Base, explique sur le site de l’initiative :

« Le principe est que chaque personne reçoit ce revenu de base, sans condition, quels que soient la manière dont il vit et ce qu’il fait. Il est fixé assez haut pour en vivre et dure toute la vie. Que se passe-t-il alors ? Les allocations inférieures au montant du revenu de base disparaissent. Les autres subsistent, mais elles seront bien moins nécessaires. Que se passera-t-il d’autre ? Les salaires seront renégociés. Avec un revenu de base, je peux dire non à une offre peu alléchante. Et oui à ce que je veux réellement ».

Il poursuit : « Avec un revenu de base, j’ai déjà un revenu quand je me présente à l’embauche. Le salaire est complété par un revenu dont le montant garantit ma subsistance. Le travail intéressant, que les gens aiment faire, deviendra meilleur marché. Le travail peu attractif, que les gens n’aiment pas faire, sera mieux payé, parce que personne ne peut être forcé de le faire pour survivre. Le revenu de base ne veut pas nécessairement dire plus d’argent. C’est la nature inconditionnelle du revenu qui est importante ».

Trouvant ses origines tant dans la philosophie marxiste que libérale, l’idée du revenu minimum universel est aujourd’hui défendue au niveau mondial par des voix aussi diverses que les altermondialistes, les libertariens, et des associations regroupées pour certaines au sein du collectif Basic Income Earth Network.

À quoi bon travailler ?

C’est la question que l’on est en droit de se poser, et que soulèvent les opposants au projet : si l’on reçoit, sans rien faire, un revenu permettant de vivre, pourquoi travailler ? Le travail ne deviendrait-il pas un simple « choix de vie » ? N’encouragerait-il pas l’oisiveté, voire des comportements délétères pour la société ?

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Par cette mesure, le gouvernement finlandais annonce bien au contraire vouloir « développer l’initiative et pallier les inégalités », dans un pays certes riche – la Finlande affiche un PIB par habitant d’environ 44.830 euros, supérieur à celui de l’Allemagne (43.910 euros) et de la France (37.741 euros) – mais au niveau de chômage élevé : 10 % actuellement. Précision importante : le salaire remplacera toutes les aides sociales existantes.

4 objections principales au revenu minimum universel, ou ‘revenu de base’

Le revenu minimum universel soulève généralement quatre types d’objections :

  1. Il serait difficilement finançable, ou coûterait trop cher ;
  2. Il découragerait le travail, objection principale de la droite ;
  3. Il serait même immoral car versé à des personnes qui n’en ont pas besoin et qui abusent le système, alors que les contrôles se font toujours plus pressants, notamment dans les pays anglo-saxons envers les ayant-droits ;
  4. Il serait injuste car laissant à certains la tâche de travailler et générer de la richesse.

En France, la question des fonctionnaires est aussi à soulever puisque ces derniers ne sont pas licenciables. Si une telle mesure devait se mettre en place en France, il faudrait trouver un nouveau poste à tous les fonctionnaires s’occupant jusqu’alors de la gestion des aides sociales du pays.

En Suisse, dans cet esprit, les députés ont rejeté en septembre dernier la proposition des citoyens de mettre en place un revenu universel. Ceux-ci, à la quasi-unanimité, craignent un alourdissement de la fiscalité qui nuirait à la stabilité du pays. Son estimation toutefois s’est basé sur un scénario de revenu minimum universel de 2.500 Francs suisses, beaucoup plus que les défenseurs de l’idée estiment nécessaire.

La question essentielle pour chacun est : qu’allez-vous faire de votre vie quand votre revenu pour survivre sera sécurisé ? Être à la hauteur de cette question sera ardu et chacun devra trouver sa propre réponse. Certains en profiteront pour faire la grasse matinée, mais c’est leur liberté – je n’y vois pas de problème moral ou même économique.
Enno Schmidt, initiateur du référendum sur le revenu de base suisse

 

Un revenu minimum universel : plus d’inflation ?

Certains se demandent aussi si le revenu de base ne va créer de l’inflation. L’économiste français Baptiste Mylondo, enseignant en économie et philosophe politique, estime, dans son livre Un revenu pour tous, qu’il « est difficile d’anticiper l’impact économique d’un revenu inconditionnel et ce qui suit n’est qu’une projection hasardeuse. Suite à l’instauration d’un revenu inconditionnel, on peut en effet imaginer une augmentation des prix qui résulterait d’une hausse des rémunérations des emplois les plus pénibles. Puisqu’on observe une rigidité à la baisse des salaires, il est peu probable que cette hausse du niveau de rémunération des emplois pénibles soit contrebalancée par une baisse du niveau de rémunération des emplois les plus plaisants et gratifiants. »

Mais, poursuit-il, « finalement, l’augmentation des prix qui en résulterait serait-elle injuste ? Elle traduirait la juste rémunération versée à chaque salarié, revenant donc à appliquer à l’ensemble de l’économie les règles du commerce équitable. Pour que le revenu inconditionnel conserve toute sa pertinence, on pourrait alors en augmenter le montant pour tenir compte de l’inflation. Mais on pourrait aussi accepter une baisse quantitative de la consommation du fait de sa hausse qualitative : consommer moins mais mieux ».

Le revenu minimum : un luxe de pays nanti ?

Le revenu de base a été à ce jour expérimenté dans différentes parties du monde, notamment au Canada, en Inde, et en Namibie. L’Alaska, grâce à sa manne pétrolière et minière, a mis en place l’Alaska Permanent Fund.

Les expériences menées à ce jour montrent que la garantie d’un revenu ne provoque pas d’abandon de travail, et donc que les recettes fiscales de l’État ne s’effondrent pas par la baisse de l’activité marchande. Alors, qui osera en premier essayer le revenu minimum universel ?

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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

34 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour, Le Revenu Universel c’est comme le vaccin de la variole. Pendant des lustres on a soigne les malades sans aucun resultat. Il fallait les SUPPRIMER. C’est fait. En supprimant le virus on a supprime les malades.
    C’est en supprimant les exploites, qu’on supprimera l’exploitation. Cela ne sert a rien d’exhorter les riches a partager, il faut juste leur supprimer les pauvres. Le RU, c’est justement ce qui, en donnant la possibilite de dire non, supprime l’exploitation. Le virus a supprimer c’est l’accaparement des richesses via l’exploitation.

  2. oui mais je ne suis pas d’accord, déjà il faudrait que ce soit reellment applicable sans plomber les contribuables qui vont encore gueuler, et ce ne serait pas juste que quelqu’un qui est propriétaire de son logement ait autant qu’un autre qui doit payer loyer et mutuelle, de plus on ne m’en sort déjà pas avec 1100 par mois dans ces conditions alors 750 ou 500 si on ne trouve pas de travail ou que le revenu d’activité est trop aléatoire comment fait on ? sans parler des frais de santé par exemple des handicapés, eux seront perdants, ça ressemble plutot à une habile technique pour tenir la population pauvre par la gorge et la réduire en esclavage le cas échéant.

    • Bonjour, Pourquoi plomber les contribuables ? Il faut mondialement nationaliser les banques pour pouvoir prelever le sommes necessaires au Revenue Universel. Ces sommes retourneront finalement aux banques par le biais de la consommation et des entreprises.
      C’est juste un changement de direction. L’argent que nous avons gagne, au lieu de s’accumuler en haut pour redescendre en miettes vers nous comme dans la fameuse pyramide des verres de champagne, restera en quantite suffisante en bas et c’est nous qui le feront remonter.

  3. Bonjour,

    Le revenu garanti, revenu universel (ou autre appellation) … encore un produit toxique de la finance US ?

    La crise de 2008 et la coercition successive des agences de notation US envers la comptabilité des institutions étatiques européennes ne constitueraient que la première phase de ce processus impérialiste. Ce régime forcé d’assainissement aurait eu pour but de constituer la base politico-économique d’un sombre programme ultérieur de soumission des états européens au système bancaire US … en prenant les peuples d’Europe en otage.
    Ce “revenu garanti” constitue le rouage central de l’entourloupe dont voici un aperçu.

    On peut déjà s’attendre à une série “d’expériences in vivo” pseudoscientifiques (ça a déjà commencé en Europe depuis quelques années) pour tenter de démontrer aux naïfs de tout poil, dans des conditions qui ne sont évidemment en rien extrapolables à grande échelle, surtout sur le long terme, et encore moins scientifiquement valides, que ce “revenu garanti” (entre autres artifices numériques) serait la panacée à notre crise civilisationnelle … alors que le fondement de cette crise est justement cette toute-puissance obsessionnelle contemporaine du quantitatif et du numérique (dont ce revenu farfelu ne serait qu’une manifestation parmi d’autres) sur le qualitatif fondateur de toute civilisation.
    Les essais ponctuels s’effectuent inévitablement sur le court terme, lequel ne permet pas de mettre en évidence le vice monstrueux d’un tel procédé appliqué sur le long terme. Là se situe le leurre de ces diverses expériences non pertinentes.

    Si un tel revenu est un jour promis à vie (situation ne correspondant pas aux tests viciés à court terme) et garanti par la loi, il déclenchera un boom du crédit en relançant conjointement (pour un temps seulement, le temps que les états tombent en faillite) un système bancaire mondial en perte de vitesse. Ce revenu garanti équivaut financièrement à un CDI (contrat de travail à durée indéterminée), comme base hypothécaire.
    Ce boom du crédit donnera naissance à une flopée de bulles spéculatives dans tous domaines. Les personnes les plus psychiquement fragiles face à la consommation et aux tentations du marketing cèderont à l’endettement (cela fonctionne déjà ainsi avec le crédit maison/véhicule qui force au travail perpétuel la classe moyenne). Leur passif bancaire les acculera malgré tout à être contraints de travailler pour survivre car leur “revenu inconditionnel” de base ne servira alors qu’à couvrir leurs dettes hypothécaires. Comme la législation du travail aura été sapée précédemment (dans l’allégresse générale, pour financer cette générosité étatique providentielle), ils ne seront alors plus qu’un réservoir d’esclaves pour les multinationales.

    Mais le rouage central de la tromperie tient en ceci … La mise en place de ce revenu équivaut sous son aspect comptable à un soudain endettement virtuel (devenant ensuite réel par la pression sociale consécutive) de l’Etat en vers son peuple pour une somme pharaonique : la masse monétaire à verser (jusqu’à leur mort) à tous les citoyens en vie … avec impossibilité pratique de faire ensuite marche arrière, sinon c’est l’effondrement économique national.
    Cette masse financière virtuelle va relancer au départ … les organismes de crédit et les banques.
    Cette relance bancaire sera financée par un endettement virtuel colossal et définitif de l’Etat.
    Pour le monde de la finance, ce “revenu garanti” ne serait qu’un nouveau produit toxique.
    2008 ne nous aurait ainsi pas suffi ? Serions-nous si naïfs ?

    Pour résumer. Techniquement, légaliser ce revenu garanti équivaudrait pour l’Etat à signer (en une fois et pour toujours) une reconnaissance de dette pharaonique envers son peuple. Par le mécanisme du crédit, cette reconnaissance de dette serait ensuite transférée (en partie plus ou moins importante mais suicidaire à terme pour l’état) des citoyens vers les banques.
    Un tel revenu garanti devenu légal constituerait une reconnaissance de dette (énorme et pour toujours) de l’Etat envers le système bancaire. Le peuple, bénéficiaire du revenu promis par l’état mais enchaîné à vie par ses contrats de crédit, serait alors pris en otage entre ces deux institutions.

    Pour sûr, la bande de Palo Alto se montre séduite actuellement par l’idée et en fait la promotion idéologique.
    Ceci paraîtrait paradoxal a priori pour des ultralibéraux mais une fois la magouille mise à jour, tout devient limpide !
    Voici donc pour la présentation sommaire des rouages de ce séduisant cheval de Troie ultralibéral.

    Mais les aspects toxiques ne se limitent pas à cette approche comptable. Philosophiquement et humainement, ce revenu garanti constitue une montagne d’aberrations qui ne peuvent être ici développées.

    Merci pour cet espace de parole.
    Cordialement,
    pascal

    • Pascal
      Commentaire Très intéressant.
      Congratulations.

    • C’est le commentaire le plus intéressant que j’ai pu lire.
      Merci.

  4. Bonjour,
    « Soit cet article est une blague, soit son auteur est financé par Goldman Sachs, promoteur actif de ce piège à gogos. » Boutade ! Explications …

    La crise de 2008 et la coercition successive des agences de notation US envers la comptabilité des institutions étatiques européennes ne constituaient que la première phase de ce processus impérialiste. Ce régime forcé d’assainissement avait pour but de constituer la base politico-économique d’un crapuleux programme ultérieur de soumission sournoise des états européens au système bancaire US … en prenant les peuples d’Europe en otage.
    Ce “revenu garanti” constitue le rouage central de l’entourloupe dont voici un aperçu.

    On peut déjà s’attendre à une série “d’expériences in vivo” bidons (ça a déjà commencé en Europe depuis quelques années) pour tenter de démontrer aux naïfs de tout poil, dans des conditions qui ne sont évidemment en rien extrapolables à grande échelle, surtout sur le long terme, et encore moins scientifiquement valides, que ce “revenu garanti” (entre autres artifices numériques) serait la panacée à notre crise civilisationnelle … alors que le fondement de cette crise est justement cette toute-puissance obsessionnelle contemporaine du quantitatif et du numérique (dont ce revenu farfelu ne serait qu’une manifestation parmi d’autres) sur le qualitatif fondateur de toute civilisation.

    Les essais ponctuels s’effectuent inévitablement sur le court terme, lequel ne permet pas de mettre en évidence le vice monstrueux d’un tel procédé appliqué sur le long terme. Là se situe le leurre de ces diverses expériences bidons

    Si un tel revenu est un jour promis à vie (situation ne correspondant pas aux tests viciés à court terme) et garanti par la loi, il déclenchera un boom du crédit en relançant conjointement (pour un temps seulement, le temps que les états tombent en faillite) un système bancaire mondial en perte de vitesse. Ce revenu garanti équivaut financièrement à un CDI (contrat de travail à durée indéterminée), comme base hypothécaire.
    Ce boom du crédit donnera naissance à une flopée de bulles spéculatives dans tous domaines. Les personnes les plus psychiquement fragiles face à la consommation et aux tentations du marketing cèderont à l’endettement (cela fonctionne déjà ainsi avec le crédit maison/véhicule qui force au travail perpétuel la classe moyenne). Leur passif bancaire les acculera malgré tout à être contraints de travailler pour survivre car leur “revenu d’oisiveté” de base ne servira alors qu’à couvrir leurs dettes hypothécaires. Comme la législation du travail aura été sapée précédemment (dans l’allégresse générale, pour financer cette générosité étatique providentielle), ils ne seront alors plus que du bétail pour les multinationales.

    Mais le rouage central de la magouille tient en ceci … La mise en place de ce revenu équivaut sous son aspect comptable à un soudain endettement virtuel (devenant ensuite réel par la pression sociale consécutive) de l’Etat en vers son peuple pour une somme pharaonique : la masse monétaire à verser (jusqu’à leur mort) à tous les citoyens en vie … avec impossibilité pratique de faire ensuite marche arrière, sinon c’est l’effondrement économique national.
    Cette masse financière virtuelle va relancer au départ … les organismes de crédit et les banques.
    Cette relance bancaire sera financée par un endettement virtuel colossal et définitif de l’Etat.

    Pour Goldman Sachs, ce “revenu garanti” ne serait qu’un nouveau produit toxique.
    2008 ne nous aurait ainsi pas suffi ? Serions-nous si stupides ?

    Pour résumer. Techniquement, légaliser ce revenu garanti équivaudrait pour l’Etat à signer (en une fois et pour toujours) une reconnaissance de dette pharaonique envers son peuple. Par le mécanisme du crédit, cette reconnaissance de dette serait ensuite transférée (en partie plus ou moins importante mais suicidaire à terme pour l’état) des citoyens vers les banques.
    Un tel revenu garanti devenu légal constituerait une reconnaissance de dette (énorme et pour toujours) de l’Etat envers le système bancaire. Le peuple, bénéficiaire du revenu promis par l’état mais enchaîné à vie par ses contrats de crédit, serait alors pris en otage entre ces deux institutions.

    Pour sûr, la bande de Palo Alto est séduite actuellement par l’idée et en fait la promotion idéologique.
    Ceci paraîtrait paradoxal a priori pour des ultralibéraux mais une fois la magouille mise à jour, tout devient limpide !

    Voici donc pour la présentation sommaire des rouages de la magouille.

    Mais les aspects toxiques ne se limitent pas à cette approche comptable. Philosophiquement et humainement, ce revenu garanti constitue une montagne d’aberrations qui ne peuvent être ici développées.
    Pour plus d’infos, vous pouvez consulter les commentaires (70 en tout, inégaux mais dont certains assez pertinents) en corollaire d’un article du Monde Diplomatique : “L’utopie du revenu garanti récupérée par la Silicon Valley
    par Evgeny Morozov, 29 février 2016”.

    http://blog.mondediplo.net/2016-02-29-L-utopie-du-revenu-garanti-recuperee-par-la

    Bonne lecture. Merci pour cet espace de parole.
    Cordialement,
    Pascal

    • Pascal

      Commentaire Très intéressant.
      Congratulations

  5. Enfin une réforme humaniste et qui va dans le bon sens… Il faut absolument l’instaurer, et le premier qui le fait je vote pour lui.Ne nous décevez pas Mr Hollande, et allez y, c’est un allez vers la réduction de la pauvreté, de la délinquance, et les gens continueront de travailler sans avoir cette peur au ventre, cela améliorera largement les rapports humains … Il faut qu’il soit inconditionnel… Ca serait une révolution humaniste ….

    • Bonjour, Bravo ! Entierement d’accord. Le salaire minimum supprime l’exploitation, pas le travail. Avoir la possiblite de dire non est la condition de notre dignite.

  6. Enfin une réforme humaniste et qui va dans le bon sens… Il faut absolument l’instaurer, et le premier qui le fait je vote pour lui.Ne nous décevez Mr Hollande, et allez y, c’est un allez vers la réduction de la pauvreté, de la délinquance, et les gens continueront de travailler sans avoir cette peur au ventre, cela améliorera largement les rapports humains … Il faut qu’il soit inconditionnel… Ca serait une révolution humaniste ….

  7. Enfin une réforme humaniste et qui va dans le bon sens… Il faut absolument l’instaurer, et le premier qui le fait je vote pour lui.

  8. C’est une très bonne idée, et facile a mettre en place si on revoit à la baisse les salaires que reçoivent les élites, mais comme ils ne voudront pas et qu’ils ne sont pas solidaire avec leurs peuples “l’austérité ne concernant uniquement que les peuples et pas les élites qui se disent solidaire…” c’est mal barré.

    Pourtant ça permettrait aux gens de faire des choses qui leurs plaisent au lieu de se faire *** dans des boulots à la noix. A titre personelle j’écrirais bien des livres et je cultiverais des légumes ou encore je ferais du bénévolat. C’est une idée à la noix de penser que les gens ne feraient rien, on à toujours besoin de faire quelque chose à un moment ou à un autre sinon l’ennuie vous guette. ça permettrait de rendre les peuples “Libres” de pratiquer les activités qu’ils souhaitent effectuer et non d’etre un esclave comme nous le sommes tous actuellement avec un agenda à suivre et à respecter sous paine de se faire virer par la grand patron…

  9. Quand les Français ne voient rien venir sur le long terme…. une fois de plus !
    Qui osaient dire il y a quelques années qu’il n’étaient pas possible de donner un salaire aux femmes au foyer, comme l’avait proposé le FN ? Tous les politiques à gauche comme à droite disaient que c’était IMPOSSIBLE ! Et là, on parle de donner de l’argent à toute la population…. Du délire !
    Si la Finlande fait actuellement ce projet c’est qu’elle en a les moyens puisqu’elle n’a pas la dette de plusieurs milliards que connait la France et n’a pas l’immigration et le chômage que connait la France. Le but de la Finlande est de supprimé les postes des fonctionnaires et de supprimer les taxes en vigueur RSA et autres taxes. Mais pensez-vous réellement que la France ne fera autant ? Vous rêvez là ! Je vois déjà tous les syndicats de France sortir dans la rue et tout pété. ahahahah Et un autre problème majeur. Les personnes issues de l’immigration touchent déjà des aides et avec celle-là qui s’ajoutera, ils pourront retourner dans leur pays d’origine (comme le font les retraités) et continuer de recevoir les ressources qui proviendront des impôts de la classe moyenne qui elle-seule, paie encore des impôts en France puisque les riches ou hommes politiques en sont dépourvus. J’ai bien hâte de voir pour quel autre idiot les Français voteront en 2017.

    • Il faudrait peut-être tout lire avant de commenter… bêtement !

  10. Je trouve l’idée plaisante…
    De toute façon le travail disparaît petit à petit dans notre pays , et il faudra bien faire en sorte que le peuple puisse survivre.
    Cela relancera la consommation , et l’état va faire des économie puisque cette allocation résoudra le problème des retraites , du chômage , des allocations familiale , etc.. etc…
    Nous gagnerons la paix sociale , ce qui est une bonne chose dans un pays dirigé par une classe dirigeante incompétente et corrompu qui se fiche complétement du sort de son pays et de son peuple …

  11. alex,commentaire débile!

  12. C’est vrai que le revenu minimum universel n’est pas acceptable dans un système élitiste et méritocratique.

    D’ailleurs je me demande encore qui décide de qui à le mérite de vivre dignement ou non. Les pauvres? les Riches? franchement je n’y arrive pas, impossible, ça ne rentre pas dans mon logiciel égocentré de français moyen biberonné à l’individualisme.

    Non mais c’est vrai, faut les comprendre tout ces gens qui travaillent, eux ils se sont cassé le cul à l’école, ils ont joué les faillot ici et là sans ne jamais remettre en question ce beau système qui ne détruit pas la nature, qui ne marginalise pas les individus ne rentrent pas dans le moule, et qui ne les formates pas. Noon, Non pas du tout.

    Faut les comprendre tout ces fonctionnaires qui occupent des postes de complaisances, ils pourraient voir leurs jobs remis en questions par d’illustres incompétents qui d’ailleurs n’on de diplômes que le nom, qui n’ont certainement pas l’expérience de ce qu’est l’immobilisme.

    Et que dire de toutes ces personnes qui ont par la force et la sueur, qui dans un combat acharné contre l’autre, ont gagné le droit de vivre dignement jusqu’à s’en repaître en intoxiquant le reste du monde, qui humblement gaspillent les ressources en se pavoisant d’une période de congés payés à l’autre lorsqu’ils ne cherchent pas à améliorer leurs petits intérêts.

    Non, c’est tout bonnement une ineptie, rien de bon dans le partage et la dignité de l’individu ne peut apparaître, imaginez ce qu’une minorité bien pensante aurait à perdre, le système capitaliste néo-libéral qui fait d’eux les dominants de ce monde!

    C’est vrai, dans un système néo-libéral l’on observerai la flambé des prix car de règles et de loi du marché il n’y a pas. Ho c’est sûr qu’il y a bien la régulation du prix de la baguette de pain et de quelques rares denrée de base dont les gens de peu son coutumier, qu’il y a le système de santé qui leur permet d’acheter des anti-dépresseurs, de soigner les quelques maladies qui ne sont pas orphelines et j’en passe.

    Non plutôt que de faire un salaire minimum, pour encourager les chômeur à travailler je me demande si il ne faudrait pas plutôt faire une dette universelle dont chacun de nous seraient les dépositaires dés la naissance, et auquel cas, la dette, si tu ne l’aime pas tu la quitte!

  13. Biensur que c’est possible,
    avec les chiffres officiel du CNAF et ASSEDICS, pour toute la tranche de 16 ans aux retraités, en supprimant les aides CNAF et ASSEDICS et en donnant 1000€/personne chaque mois, nous faisons 40 milliards d’économie, et ne pas oublier pour ceux qui pensent qu’il ne sera pas utile de travailler, yaurait plus d’APL, de CAF , de RSA,etc…. mais celui qui n’avait aucun avantage (seul par exemple) et qui en travaillant à plein temps gagne 1500€/mois, avec ces 1000€ il peut enfin vivre mieux, et surtout, si il désire ne faire qu’un mi-temps, il gagnera toujours 1750€ et libère l’autre mi-temps pour un chômeur.

    ya tellement de choses à faire.

    un autre exemple, avec ces 40 milliards d’économie, sa pourrait quasiment supprimer l’impôt sur le revenu et donc diminuer drastiquement les agents du DGFiP, car avec un salaire moyen de ((1800€ * 40.000) * 12) = 864 millions€/an, et j’ai pris que 40.000 mais ils sont bien plus du double 😉 mais il faut en garder un peu pour les vrais riches 😉 car fini les niches fiscales qui fini par rendre caduc l’ISF et si il sont pas content qu’ils partent aux USA, ainsi l’état pourrait financé ceux qui veulent créer de l’emplois en créant des entreprises avec un œil de l’état pour évité les dérapages.
    Niches fiscales = 73 milliards/an
    Fini aussi les subventions pour les journaux de propagande qui appartiennent à des milliardaires et qui sont subventionnés avec nos impôts et pour finir par nous laver le cerveau avec conneries.

  14. alex feignasses :beaucoup de licenciés ne retrouvent pas de travail c’est un peu facile de critiquer!

  15. Article intéressant mais une précision sur ce passage:”En France, la question des fonctionnaires est aussi à soulever puisque ces derniers ne sont pas licenciables. Si une telle mesure devait se mettre en place en France, il faudrait trouver un nouveau poste à tous les fonctionnaires s’occupant jusqu’alors de la gestion des aides sociales du pays.” Ceux qui gèrent les aides sociales ne sont pas fonctionnaires : CAF, CPAM… Il s’agit, pour ces deux organismes, de branches de la Sécurité Sociale et aucun des salariés ne sont fonctionnaires. (Les aides de la CAF étant financées par les employeurs)

  16. Bonjour et bienvenue dans la pauvreté universelle…
    Est-ce réellement une amélioration des conditions de vie ?
    Ou bien est-ce un moyen de rendre les peuples esclaves, analphabètes, feignants (pour ceux qui voudront en profiter), et sincèrement : 1000 euro, une fois que vous aurez payé votre loyer, comme moi, vos charges, comme moi, vos impôts, si vous gagnez suffisamment pour en payer…, se nourrir, s’habiller ne serait-ce qu’un minimum et tout le reste obligatoire, dont vous ne pouvez faire à moins de payer… il vous restera quoi ?
    Je suis certaine que ceux qui voudront à tout pris garder leur emploi, envieront ceux qui ne travailleront pas… il faut choisir, de la même façon que boire ou conduire…!
    Décidément le plan kalergi est en place et a de beaux jours devant lui…!

    • Excepté que les 1000€ peuvent être complété par d’autres revenus comme le salaire.

    • Dois-je vous rappeler que le smic avoisine les 1100€ net ? A peine plus qu’un revenu universel de 1000€, et avec des dépenses plus élevées (essence, transports…). Et pourtant beaucoup de gens arrivent à vivre avec.
      De plus, vous vous contredisez : d’un côté, certains profiteraient des 1000€, et de l’autre, ces mêmes 1000€ seraient à peine suffisants pour vivre ?

    • En réponse à: “Je suis certaine que ceux qui voudront à tout pris garder leur emploi, envieront ceux qui ne travailleront pas… il faut choisir, de la même façon que boire ou conduire…!”

      Je ne sais pas pour la France, mais pour la Suisse, c’est au contraire, ACTUELLEMENT que des travailleurs envient ceux qui ne travaillent pas ou moins. Certains travaillent à 100% sans avoir beaucoup de temps pour eux et payent les assurances sociales plein pot pour les autres.

      Avec le revenu minimum, effectivement, travailler à 100% devient un choix et on n’a plus cette frustration de DEVOIR travailler et y laisser son temps pour au final moins profiter de la vie que celui qui touche le social, vivant avec moins d’argent mais plus de temps. D’autant plus que TOUS LES CITOYENS reçoivent le revenu universel.

      Il n’y aurait donc plus d’inégalités entre ceux qui travaillent, ceux qui touchent des aides sociales en profitant du système ou en fraudant, et ceux qui en ont réellement besoin !

      Évidemment, le revenu universel est vu comme un minimum vital et le niveau de vie, si l’on s’en contente sans rien faire à côté, sera moins élevé que si l’on travaille. C’est un changement énorme de l’approche du travail et de notre façon de vivre, plus égalitaire, au final même plus libéral (favorise l’entrepreneuriat).

    • Exactement, je suis du même avis que vous. Qui va se dire, à l’heure actuelle : “Je reçois 1000 € par mois. Génial, j’arrête de travailler.” On ne peut pas se contenter de vivre sur ce “revenu” et s’arrêter de travailler. Et 1000 € pour résorber la pauvreté ? ça me paraît peu.

    • Oui, voilà !

    • anais avec 1100 euros les gens vivent à découvert et bouffent des nouilles au sucre
      de plus si on adéjà des revenus et un patrimoine (etre proprietaire par exemple) puisque ce serait sans condition ces 1000 euros s’ajouteraient ce qui est plutot confortable non ? tandis que d’autres auraient la meme somme sans pour autant arriver à travailler (après des années de chomage à avoir renoncé à travailler pour finalement vivre encore plus mal et la concurrance qu’il va y avoir si on peut cumuler vous pensez qu’il se passera quoi, qu’il suffira de se baisser pour etre embauché ?)

  17. Mais quelle bonne idée , les feignasses auraient un revenu sans rien foutre , et ceux qui travailleraient auraient le privilège de payer encore plus d impôts , mais c est ce qu’il se passe déjà en France , une expérience ” la garantie d’un revenu ne provoque pas d’abandon de travail”, comme dit c est une expérience voila pourquoi les gens ont pas quittés leurs jobs , mais si c’était définitif et à grande échelle le résultat serait différent, et si par miracle ça fonctionne a grande échelle , j imagine la tronche de la planète car il va en falloir des ressources , augmentation encore plus rapide de la population , donc plus de véhicule en circulation , plus de logements , moins de terres cultivables déjà que ça par en vrille mais bon , augmentation des déchets , donc les pays devront s étendre et pour ça faudra conquérir des terres , c est les conséquences de l amélioration de la vie , suffit de regarder l histoire

    • Vous pourriez consacrer votre temps libre à l’apprentissage du français.

    • Pourquoi plus d’impôt, puisque la simplification permettrais au contraire de faire des économie;; Il faut bien imterpreter les chiffres, au lieu de se laisse séduire par de belles phrases, les mots ont leur fait dire ce que l’on veut.

    • essaie de te faire licencier puis de retrouver un travail avec un salaire décent correspondant à tes compétences passé 40ans gros malin et on en reparle.
      De plus désolée mais avec 1000 par mois si on n’en retrouve pas, du boulot, on survit. le seul avantage serait qu’on pourrait enfin travailler pour quelque chose quand on a dégringolé la pente du chomage au lieu de se faire sucrer ses aides pour une pauv’ toile vendue ou quelques prospectus distribués.

  18. Déjà expérimenté en Inde ???? J’ai des doutes !!! En tout cas, il n’a pas permis d’y “éradiquer la pauvreté”.

Moi aussi je donne mon avis