Frais bancaires : en 2026, ils augmentent près de quatre fois plus vite que l’inflation
Tenue de compte, carte bancaire, retraits… En 2026, les frais bancaires augmentent jusqu’à quatre fois plus vite que l’inflation, selon la CLCV. Une ponction discrète mais durable sur le budget des Français.

Cette hausse, supérieure à l’inflation mesurée fin 2025, concerne l’ensemble des profils de clients, du détenteur d’un simple compte courant à l’usager plus intensif utilisant régulièrement sa carte bancaire, et remet en lumière la question du poids des frais bancaires dans le budget des Français.
Les frais bancaires en hausse sur les postes les plus utilisés par les clients
Les frais bancaires n’augmentent pas de manière uniforme, et certains postes pèsent bien davantage sur le client que d’autres. Selon l’enquête menée par l’association de consommateurs CLCV, qui a comparé les grilles tarifaires de 107 établissements bancaires en métropole et outre-mer, la hausse moyenne atteint 3 % entre février 2025 et février 2026. Toutefois, derrière cette moyenne se cachent des augmentations nettement plus marquées sur les services les plus courants liés au compte bancaire.
Les frais de tenue de compte figurent ainsi parmi les plus touchés. Ils progressent de 6,39 % sur un an, selon la CLCV, un niveau bien supérieur à la moyenne globale. En pratique, cela signifie que le simple fait de conserver un compte actif coûte plus cher au client, indépendamment de l’usage de sa carte ou de ses opérations. Le montant annuel moyen de ces frais atteint désormais 24,64 euros en 2026. Cette évolution renforce un sentiment largement partagé par les usagers, qui perçoivent ces frais comme incompressibles et difficiles à éviter.
Les cotisations de carte bancaire augmentent également, même si dans des proportions plus contenues. La hausse se situe entre 2,07 % et 2,29 % selon le type de carte, qu’il s’agisse d’une carte à débit immédiat ou différé. Néanmoins, comme la carte bancaire reste un outil central pour la majorité des clients, cette augmentation contribue mécaniquement à la progression globale des frais bancaires. À cela s’ajoutent divers frais annexes, notamment ceux liés aux retraits hors réseau ou à certaines opérations spécifiques sur le compte, qui, cumulés, alourdissent la facture finale.
Des frais bancaires qui progressent plus vite que l’inflation
La hausse des frais bancaires en 2026 se distingue surtout par son décalage avec l’évolution générale des prix. Selon l’INSEE, le taux d’inflation annuel en France s’établissait à 0,8 % en décembre 2025. À cet égard l’augmentation moyenne de 3 % des frais bancaires apparaît particulièrement marquée. Autrement dit, le coût du compte et de la carte bancaire progresse près de quatre fois plus vite que l’inflation, ce qui accentue la pression sur le pouvoir d’achat du client.
Cette dynamique touche l’ensemble des profils étudiés par CLCV. Pour le « petit consommateur », c’est-à-dire un client utilisant peu de services bancaires, la hausse atteint 2,98 % sur un an. Le « consommateur moyen », qui correspond à la majorité des détenteurs de compte, subit quant à lui une augmentation de 3,77 % de ses frais bancaires. Enfin, même le « gros consommateur », pourtant souvent considéré comme plus rentable pour les établissements, voit ses frais progresser de 3,04 %.
Cette généralisation des hausses alimente un sentiment d’inéluctabilité chez de nombreux clients. D’une part, les frais bancaires concernent des services difficiles à contourner, comme la tenue de compte ou la détention d’une carte. D’autre part, la comparaison avec l’inflation renforce l’idée que les banques répercutent leurs propres coûts de fonctionnement plus rapidement que l’évolution des prix dans le reste de l’économie. Pour les ménages, cette situation pose la question de l’arbitrage budgétaire, alors même que d’autres dépenses contraintes continuent de peser.
Des frais bancaires variables selon les établissements et les profils de compte
Si la hausse des frais bancaires est généralisée, elle n’est pas identique d’une banque à l’autre, ni selon le type de compte détenu par le client. Dans son étude, CLCV rappelle en effet que certaines grilles tarifaires affichent des augmentations plus marquées que la moyenne. Les établissements qui facturent déjà des frais de tenue de compte élevés sont souvent ceux où la progression est la plus sensible, ce qui accentue les écarts entre banques traditionnelles et alimente la comparaison chez les clients les plus attentifs à leurs frais.
Les différences se manifestent également selon l’intensité d’usage du compte. Un client réalisant peu d’opérations, mais conservant une carte bancaire standard, subit surtout l’impact de la hausse des frais fixes. À l’inverse, un usager plus actif, multipliant les opérations et les retraits, voit s’additionner plusieurs frais bancaires en augmentation. Dans les deux cas, la progression dépasse l’inflation, ce qui conforte l’idée d’un renchérissement structurel des services bancaires.
Pour les associations de consommateurs, cette évolution souligne l’importance de la lisibilité des grilles tarifaires. Les frais bancaires, souvent dispersés sur plusieurs lignes, restent difficiles à comparer pour un client non averti. Or, la hausse moyenne de 3 % mise en évidence par CLCV repose précisément sur une analyse détaillée de ces lignes tarifaires, appliquées à différents profils de compte. Cette méthodologie montre que, derrière des augmentations parfois modestes prises isolément, le cumul des frais entraîne une augmentation significative du coût annuel supporté par les ménages.
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