De l’eau solide : du gel contre la sécheresse

On a inventé l’eau en poudre et ce n’est pas une blague du 1er avril ! Des ingénieurs ont inventé un système d’eau solide qui permet de mieux irriguer les plantes et lutter contre la sécheresse.

Rédigé par Nolwen, le 10 May 2017, à 15 h 02 min

Un ingénieur mexicain a eu l’idée de solidifier l’eau pour répondre aux problèmes d’irrigation dans l’agriculture. Une solution qui serait plus efficace et plus durable pour lutter contre la sécheresse.

L’eau solide plus efficace que l’eau liquide ?

L’idée qu’a eu le Mexicain Sergio Jesús Rico, à l’origine de cette révolution, est finalement assez simple : il s’agit en fait de gélifier l’eau pour la rendre stockable. Le but est évidemment de ne pas avoir à investir dans des canaux ou tuyaux d’irrigation, qui sont la cause de grandes pertes du précieux liquide.

L’eau solide, comment ça marche ?

Un brevet a été déposé à l’international par la société « Silos de Agua », fondée par le scientifique mexicain. Pour son invention, Sergio Rico a été nominé au Prix Mondial de l’Eau 2012 du Stockholm Water Institute.

Pour gélifier l’eau, on utilise un polymère au pouvoir absorbant musclé, le polyacrylate de potassium. Il est réduit en une poudre biodégradable, non toxique, capable d’absorber puis de stocker 500 fois son poids en eau.

On verse 1,5 g de cette poudre de polymère dans 1 litre d’eau, et en un quart d’heure les molécules d’eau se solidifient en se collant aux polymères. Résultat, des sortes de granulés qui forment un gel biodégradable, facile à mettre dans des sacs ou récipients.

L’eau solide, meilleure pour l’irrigation

Un des avantages majeurs de l’eau solide est qu’elle donne de meilleurs résultats que les méthodes traditionnelles d’irrigation tout en utilisant moins d’eauLe gel d’eau solide peut être réhydraté autant de fois que l’on veut pendant 10 ans. 25 kilos de polyacrylate de potassium permettent d’irriguer environ 1 hectare.

Il s’agit d’une solution plus économe en eau pour l’agriculture. En effet, l’agriculture irriguée consomme plus de 70 % des ressources en eau à l’échelle mondiale. La majeure partie de toute cette eau est perdue par évaporation avant même d’avoir servi… En France, l’eau utilisée pour l’agriculture représente en moyenne annuelle environ 50 % de l’eau consommée (80 % en période sèche).

eau solide

L’irrigation dans l’agriculture est très gourmande en eau ©nd3000

Pour s’en servir, c’est simple, il suffit de mélanger le gel au sol des plantations : il suffit de 50 litres tous les trimestres quand il en fallait 80 litres d’eau par semaine avec l’irrigation classique. L’eau gélifiée reste en contact avec les racines, la plante puise ce qu’elle a besoin quand elle veut. S’il pleut, l’eau de pluie est automatiquement resolidifiée en reformant les granulés de polyacrylate de potassium contenu dans la terre.

Le gel d’eau solide est très économique

Les agriculteurs y trouvent évidemment leur compte le gel Silos de Agua avec des coûts d’irrigation inférieurs de 75 % : le sac de 25 kilos pour un hectare ne coûte que 400 euros et dure 10 ans. L’environnement s’en porte également mieux car les agriculteurs ont moins besoin de prélever de l’eau et peuvent ainsi alléger la pression sur les nappes phréatiques.

Application inattendue : la lutte contre les incendies

En déposant des sacs de gel d’eau solide à même le sol, les pompiers font des barrages d’humidité qui ne s’évaporent pas et bloquent efficacement les feux.

Cette innovation porte donc bien des espoirs dans la lutte contre la sécheresse des agriculteurs de zones sèches. Certains agriculteurs d’Espagne, de Colombie, du Portugal ou d’Inde (où elle sert à cultiver des fruits, des cacahuètes, du blé) testent le gel d’eau solide… avec espoir.

 

 

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37 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour à tous,

    cette procédure semble en effet très prometteuse pour l’instant, reste à la tester sur différents terrains pour voir ses limites ainsi que, surtout, les désagréments qu’elle pourrait causer à long terme; et si possible avant d’en répandre sur la moitié de la planète.
    Moi-même préparateur, et, sachant que les polymères contiennent et dégagent à long terme des vapeurs toxiques et cancérogènes reconnues, ma question au fabricant est la suivante :
    Une étude sur l’impact des polymères sur différentes plantes a t-elle été lancée? Le stockage de différentes substances cancérogènes dans les plantes récoltées est elle recherchée? Ces analyses pourraient être cruciales et déterminer à court et à long terme l’impact des polymères sur les plantes et sur les fruits et légumes qui en sont issus et rentrent donc directement dans le cycle de consommation humaine.
    A l’heure ou nombre de pesticides font déjà une salade de plus en plus difficile à digérer (sans parler des cocktails multi-mélanges dont bien peu se doute des ravages futurs qu’ils engendreront),il serait temps de réaliser ces analyses avant de rajouter d’autres mélanges potentiellement toxiques à ceux existant déjà, et dont on n’a pas encore fait les analyses nécessaires pour en connaître la portée à long terme, tant en stockage dans nos organismes, qu’en impact sur notre fertilité et notre santé…
    Merci par avance pour vos réponses

  2. bonjour,
    non ce n’est pas pourrit moi je m’en sert avec succés
    Danièle

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