Tout ce qu’il faut savoir sur l’alimentation des enfants en bas âge

Bien nourrir son enfant à chaque stade de son développement est déterminant pour son avenir en bonne santé. C’est entre 12 et 36 mois, qu’il entre dans la phase d’apprentissage des goûts…

Rédigé par Julie Lioré, le 3 Jun 2020, à 16 h 35 min

Toutes les études convergent : l’alimentation, au cours des premières années de vie, est déterminante sur l’état de santé des futurs adultes. Zoom sur les grands principes de l’alimentation pour les 12-36 mois

Quelle alimentation entre 12 et 36 mois ?

À chaque âge des enfants, il faut leur préparer des repas adaptés et des apports précis. Comment faire évoluer l’alimentation des enfants en bas-âge ?

Pédagogie alimentaire

Le mimétisme propre à cet âge est propice à l’apprentissage des bonnes habitudes alimentaires  : repas pris assis, à table, en famille, sans écran ni allées et venues, diversité, mastication suffisante, etc.

alimentation 12-36 mois

Faire des repas des moments privilégiés en famille dès le plus jeune âge © onkey Business Images

Les « grands » (parents, frères et soeurs aînés, amis de la famille) sont autant de modèles à imiter : attention aux mauvaises habitudes vis-à-vis de certains aliments à limiter notamment.
Il est, par ailleurs, important de ne pas user d’aliments « récompenses », encore moins avec des produits sucrés.

Cet âge est aussi celui de la découverte : des formes, des couleurs, des odeurs, des saveurs. Tous les sens étant en éveil, il est judicieux de multiplier les présentations (textures, consistances, cru ou cuit, etc.) et les couleurs (jaune d’oeuf, tomates, petits pois, carottes, etc.), ainsi que les tentatives, le temps de susciter l’envie, toujours sans forcer.
À partir du moment où la totalité (ou presque) des dents de lait sont sorties, toutes les textures sont permises. Si l’enfant boude un indispensable légume, fruit, oléagineux ou petit poisson gras, il suffit quelquefois d’en changer la consistance ou de l’agrémenter d’aromates par exemple.

Les papilles du goût évoluent vers l’âge de 18 mois. Avec cette évolution, il n’est pas rare que les enfants trouvent certains aliments amers, amertume qu’ils auront tendance à associer à un poison. Cependant, si l’enfant voit ses proches en consommer et les apprécier, il finira, avec le temps, par se rassurer et en manger à son tour.

Des apports recommandés, d’autres déconseillés

En plus du lait maternel ou du lait « 3e âge », un lait infantile appelé aussi « croissance » (adapté aux enfants de 12 à 36 mois), la diversification alimentaire suit son cours, en fonction de la maturité du système digestif.

Les enfants en bas âge ont des besoins spécifiques :

  • acides gras essentiels (AGE),
  • vitamines en général et minéraux, tels que le fer et le calcium, en particulier.

Les AGE notamment permettent au cerveau de bien se développer et à l’organisme de lutter contre les phénomènes inflammatoires. Or, les apports (que l’on trouve dans certaines huiles vierges et crues, petits poissons gras, oléagineux en purée) aujourd’hui sont bien en deçà de ceux recommandés et leur rapport (entre oméga-3/6/9) est, le plus souvent, déséquilibré.

alimentation 12-36 mois

On évite la malbouffe (même si c’est parfois compliqué), surtout comme aliment ‘récompense’ © Maryna Osadcha

En revanche, la consommation de produits aux calories vides ou d’aliments chargés de toxiques environnementaux (métaux lourds, résidus de pesticides, perturbateurs endocriniens) a augmenté chez les plus jeunes. Les répercussions peuvent être lourdes de conséquences sur leur système immunitaire, neurologique ou encore endocrinien, au sein duquel se trouve la fonction reproductive.

Les antibiothérapies de 3 à 5 prises avant l’âge de 3 ans, quant à elles, entraînent des risques avérés de microbiote altéré à moyen terme et d’obésité à plus long terme.

Prévenir les carences

Pour prévenir les carences, les légumes sont tout indiqués et ce, à chaque repas du midi et du soir. Selon les saisons, crus et/ou cuits (cuisson douce, à la vapeur, à l’eau, au four, à l’étouffée), les légumes apportent tous les nutriments essentiels et protecteurs : vitamines, minéraux, antioxydants et fibres.
Alcalinisants, ils permettent aussi de maintenir un bon équilibre acido-basique. Préférez donner davantage de légumes que de fruits aux petits et ne pas substituer les premiers aux seconds. Leurs apports ne sont pas les mêmes et un fruit, bien que naturellement sucré, reste un apport en sucre conséquent.

Lire aussi : Comment faire manger des légumes et plus de fruits aux enfants ?

Les apports protéiniques dans l’alimentation des 12-36 mois

Quant aux protéines, à raison de 10 g par année d’âge ou 0,8 à 0,9 g par kg de poids corporel et par jour, veillez à les varier. Les protéines animales sont trop souvent privilégiées. Les morceaux trop gras ou les charcuteries sont, en outre, à éviter.
Végétales, les protéines associant une céréale et une légumineuse offrent des combinaisons innombrables : petit épeautre/haricots noirs, sarrasin décortiqué/pois chiches, riz/lentilles, orge/pois cassés, etc.

Attention, les laitages présentent un apport en protéines non négligeable, veillez à les diminuer en conséquence. Trop de protéines à cet âge, c’est risquer de surcharger les reins et les intestins à moyen terme et de favoriser l’obésité à plus long terme.

alimentation 12-36 mois

À table, on se concentre sur le principal © hameleonsEye

Attention aussi au sel : préférer attendre 2 ans et des reins plus matures pour ajouter une petite pincée de sel à vos cuissons, sans resaler à table.

Illustration bannière : Les débuts des repas à la cuillère ! – © Elvira Koneva
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Julie Lioré est docteure en anthropologie et naturopathe. Après plusieurs années de recherches appliquées sur les comportements alimentaires des jeunes,...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. bonjour
    merci pour cet excellent article.

Moi aussi je donne mon avis