La diversification alimentaire en pratique

C’est le moment de varier les menus de votre bébé. Nos conseils pour mettre la diversification alimentaire de son jeune enfant en pratique, famille d’aliments par famille d’aliments.

Rédigé par Julie Lioré, le 27 Mar 2020, à 14 h 20 min

À partir de quel âge ? Par quoi commencer ? Comment s’y prendre ? La question de la diversification alimentaire en pratique donne lieu à un grand nombre de recommandations, quelquefois des règles en soi et souvent contradictoires. Comment s’y retrouver ? Voici nos conseils pour réussir cette étape clé du goût des bébés.

Le tableau de diversification alimentaire : pour passer à la pratique

C’est le moment de varier les menus de votre bébé. Voici famille d’aliments par famille d’aliments comment diversifier l’alimentation de son jeune enfant ?

Un bébé surpris par le goût de nouveaux aliments © asph

Les légumes

En plus du lait maternel ou infantile (ce dernier sera associé à une petite quantité de laitage adapté), il est important de commencer par des légumes cuits – le cru viendra après.
Les légumes permettent notamment une bonne absorption du fer, essentiel chez les tout petits, et apportent des fibres pour nourrir leur jeune flore. Ce tout premier aliment sera donc un légume, de saison, réduit en purée lisse par une cuisson douce (vapeur et eau minérale) et présenté dans une petite cuillère à café, jusqu’à ce que l’enfant mange mais toujours sans forcer.

On donnera par exemple :
Carottes ou côtes de blettes au printemps, courgettes ou salade cuite en été, haricots verts ou fenouil en automne, blancs de poireaux ou épinards en hiver.

Au début, mieux vaut éviter de mettre au menu des légumes tels que chou, navet, céleri, tomate, artichaut ou la partie verte des poireaux. Le temps d’adaptation réduit avec les semaines et en fonction des modifications digestives le cas échéant (érythèmes fessiers, rougeurs, réactions cutanées, etc.). Quoi qu’il en soit, la quantité doit être augmentée progressivement.

Les fruits

Il est recommandé, dans la mesure du possible, de les choisir, eux-aussi, de saison et issus de l’agriculture biologique pour ceux qui ont la peau fine. Les agrumes et les fraises attendront un peu.

Là encore, il s’agira de proposer un fruit après l’autre. Après avoir été pelés, ils pourront être réduits en compote (sans ajouter de sucre) ou, une fois que la motricité le permet, présentés en morceaux ni trop petits ni trop gros pour la main du bébé.

Des fruits et des légumes en purée fine ou en morceaux © LightField Studios

Pour une digestion en douceur, si une tétée ou un biberon de lait est associé à un fruit, préférez-le cuit.

Les féculents

Les pommes de terre peuvent, par exemple, épaissir soupe ou purée. Notons que les patates douces présentent un intérêt nutritionnel plus intéressant et une saveur plus prononcée. Leur couleur orange (due aux antioxydants) peut être aussi plus attractive aux yeux de l’enfant.

Certains vous diront d’attendre l’âge d’1 an avant d’introduire des céréales à gluten (blé, orge, etc.), d’autres, dès 7 mois, chacun dans le but de prévenir allergies ou intolérances alimentaires.
Bien difficile de trancher, sinon en suggérant de ne pas dépasser une cuillère à café par rapport au mois de l’enfant et par jour. La portion vaut pour l’ensemble des féculents, cette grande famille qui comprend les tubercules (pommes de terre, panais, navets, etc.), les amylacées (petits pois, patates douces, châtaignes, etc.) et les céréales avec gluten (blé, petit épeautre, avoine, etc.) ou sans (riz, sarrasin, millet, etc.).

D’abord sous forme de bouillie ou de crème, les féculents pourront être ensuite, vers 8 mois, consommés en morceaux.

Les protéines

L’introduction des apports en protéines, qu’elles soient d’origine animale ou végétale, attendra le 8e, voire le 10e mois de l’enfant.

Il est judicieux d’alterner les deux sources parmi, pour les premières, un peu de jaune d’oeuf (cuit avant 1 an, passé cet âge, un demi oeuf entier avec le jaune peu cuit), de blanc de volaille, de poisson blanc ou gras et petit, de produits laitiers sous forme de yaourt, de préférence de brebis ou de chèvre, de jambon sans sels nitrités (E250).

Les sources végétales pourront être des petites bouillies de quinoa, de lentilles corail (attendre 1 an pour les autres légumineuses) ou un peu de purée d’amandes ou de sésame diluée dans un écrasé de légume ou une compote de fruit par exemple.

Quant à l’augmentation de ces apports, cela impliquera la diminution des laitages, eux-mêmes protéinés. Il est recommandé de favoriser la qualité et, en termes de quantité, de ne pas dépasser 10 g de protéines par jour jusqu’à l’âge d’1 an.

Avec l’introduction des protéines, il faut limiter les laitages © Patrick Breig

Les matières grasses

Celles-ci sont plus que favorables au bon développement cérébral en début de vie. Avant 2 ans, un enfant a surtout besoin de lipides, bien plus que de protéines.
Après cet âge, la tendance s’inverse : d’abord des protéines, mais encore des lipides sous forme de bonnes graisses (acides gras mono- et polyinsaturés) : huile d’olive, de colza, de chanvre.

Dès 6 mois, ajouter une cuillère à café d’huile végétale crue, de préférence de première pression à froid, aux purées, soupes, bouillies du midi et du soir.

Illustration bannière : Bébé content de manger des aliments ‘solides’ – © niderlander
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Julie Lioré est docteure en anthropologie et naturopathe. Après plusieurs années de recherches appliquées sur les comportements alimentaires des jeunes,...

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