Le vin bio devient plus exigeant

Le vin bio devient plus exigeant

Jusqu’alors, quand parlait de vin bio on ne faisait, en fait, allusion à un processus qui ne s’appliquait qu’à la production des raisins eux-mêmes et pas du tout à la vinification. Cela va changer et les consommateurs vont pouvoir enfin comprendre pourquoi quand on parle de vin, il ne s’agit pas que de raisins bio mais également du vin lui-même.

2012, nouvelle définition du vin bio

vin bioJusqu’à présent donc, la mention Vin obtenu à partir de raisins issus de l’agriculture biologique ne garantit pas qu’on achète un vin 100 % qualité bio. Conséquence : impossible de parler de vin bio sans se mettre à la faute. On avait donc sur le marché du vin quasiment bio de fait, mais pas de droit.

Bizarrerie dans la famille des produits bio, le vin bio n’avait que le droit d’apposer, depuis 2005 et par dérogation, le logo AB sur les bouteilles. Cette incohérence va disparaître.

L’Union européenne a adopté le 8 février un nouveau règlement pour le vin biologique.  Ces nouvelles règles pour le “vin biologique” couvrent l’ensemble du processus d’élaboration du vin bio, des raisin jusqu’aux vins.

Ce texte, issu d’un consensus, a nécessité d’arrêter un compromis avec l’ensemble des vignerons européens : les Allemands, les Autrichiens, les Espagnols, les Italiens. La difficulté a consisté à accorder les particularités et les exigences des viticulteurs de toutes les régions d’Europe tout en évitant à avoir des règles spécifiques à chaque région – ce qu’on appelle le “zonage”. On a donc cherché à avoir une règle unique pour toutes les régions viticoles qui permet de valider le fait que le vin bio est différent du vin conventionnel.

vin-verre vin rouge

Le risque des vins traditionnels non bio

Les sulfites sont toxiques pour la santé, ils peuvent être notamment responsables d’allergie, d’asthme, d’eczéma, de maux de tête…

Vins bio : transparence et rigueur

Les vins biologiques qui seront conformes à ces nouvelles règles pourront être qualifiés de “vin biologique” sur les étiquettes qui devront aussi afficher le logo biologique de l’UE ainsi que le numéro de code de leur certificateur

Autre apport important du règlement : il fait une liste précises des” intrants” et des procédés autorisés. Cela permet d’éviter d’autoriser par défaut – parce qu’ils ne seraient pas interdits – de nouveaux procédés de production de vin bio.

La question de l’authenticité des vins bio

vin bioUne réserve : le règlement n’interdit pas les copeaux, et autorise l’emploi de levures exogènes. En effet l’utilisation des levures est limitée aux seules levures endogènes. Or certains écologistes considèrent que celles-ci sont une des formes” d’expression du terroir“.

Sont autorisées les levures exogènes à condition qu’elles ne soient pas OGM, autrement dit les levures aromatiques vont pouvoir être utilisées ce qui est contraire à l’idée d’authenticité d’un produit bio, supposé est vraiment totalement  naturel.

La chasse aux sulfites

Ainsi concernant l’étape de la vinification la teneur maximale en sulfites du vin bio est fixée à 100 mg par litre pour le vin rouge (150 mg/l pour le vin non bio) et 150 mg/l pour le vin blanc et rosé bio (200 mg/l pour le vin non bio), avec un différentiel de 30 mg/l quand la teneur en sucre résiduel est supérieure à 2 g par litre. Ces vins devront évidemment être élaborés à partir de raisins cultivés dans des conditions biologiques, avec des règles strictes prohibant les pesticides. Malgré tout, certains viticulteurs production en bio ou en biodynamie pensent qu’il ne faut pas utiliser de sulfites du tout. Mais ne pas utiliser de sulfites rend plus difficile le fait de rendre le vin très goûteux et facile à conserver.

Les Français et le vin bio

Selon une étude Ipsos de 2013, plusieurs critères motivent l’achat de vin bio, comme l’origine et le respect de l’environnement. Celui-ci est devenu un argument déterminant : pour 71 %, ce critère est l’une des principales qualités attribuées par les Français au vin bio. *

 

Un marché qui sort de l’anonymat

La France, en deuxième position mondiale derrière l’Espagne, fait figure de bon élève en matière de viticulture biologique. En 2012, le vin bio représentait 10 % des ventes de produits alimentaires biologiques en France pour un chiffre d’affaires de 413 millions d’euros, soit une croissance de 15 % en un an. De marché de niche, le secteur des vins bio est en train de devenir une filière à part entière.

Selon l’étude Ipsos initiée par Sudvinbio* et réalisée en juillet 2013, 1 Français sur 3 consomme aujourd’hui des vins bio (surtout les jeunes en proportion plus élevée que pour le vin conventionnel). Des résultats très encourageants pour ce secteur.

- Entre 2009 et 2010, la croissance du marché total des produits bio est évaluée à 10 %.
– En 2010 43 % des Français déclarent consommer des produits biologiques au moins une fois par mois.
– Les ventes de vins bio en 2010 s’élèvent à 322 M€ (+8 % en un an)