Le seuil de tolérance OGM est-il à 0,9 % ?

  • C”est le chiffre à retenir en matière d’OGM : 0,9 %


    Ce nombre représente le seuil de contamination en OGM à partir duquel l’étiquetage d’un produit est obligatoire en Europe, conformément à la législation communautaire.

    Alors que selon Greenpeace 72 % des Français interrogés désirent consommer des produits sans OGM et qu’ils ne veulent aucune trace d’OGM dans les produtits pour 71 % d’entre eux, ce seuil de 0,9 % est un enjeu crucial pour les écologistes comme pour les industriels. En effet, accepter ce seuil pourrait signifier selon les anti-OGM qu’il y aurait le risque de ne plus avoir de produit sans OGM. Selon les organisations écologistes, un produit “Sans OGM” est un produit dont la contenance en OGM se situe en deça du seuil de détection de 0,1 %. Autrement dit le seuil de tolérance de 0,9 % est bien loin du seuil de détection (ou de tolérance pour eux) réclamé par les militants anti-OGM.



  • C’est pourquoi les associations françaises poussent pour que la réglementation nationale qui sera imposée suite au processus de Grenelle soit plus restrictive que le droit européen. Le débat tourne autour de la question suivante :

    “Faut-il de remplacer la mention “avec ou sans OGM” par “la liberté de consommer et de produire des OGM destinés à l’alimentation ou de ne pas le faire” autorisant le seuil de 0,9 % ” ? En toile de fond, il y a la question de savoir si on peut à la fois cultiver des cultures OGM et des cultures non OGM en évitant le risque de contamination de l’une par l’autre : à cette question de “cohabitation pacifique” de nombreux experts répondent par la négative mais le débat n’est pas tranché de manière définitive.




    Ce débat sur les mots n’est pas une simple argutie et aura, suite au moratoire imposé sur la culture sur maïs MON 810 OGM, un impact important sur les cultivateurs et les consommateurs. A suivre donc.

  • REPERES Les OGM font l’objet d’un vif débat entre partisans et anti-OGM. Parmi les partisans, beaucoup d’agriculteurs, d’industriels ou, l’Association générale des producteurs de maïs par exemple, et parmi les opposants il y a de nombreux écologistes qui réclament l’application par l’Etat français de la « clause de sauvegarde auprès de Bruxelles » qui permet à un Etat membre d’interdire la culture d’une plante OGM même si les Autorités européennes l’a autorisée et à la condition de prouver scientifiquement qu’il y a un risque. Le débat porte notamment sur la dissémination ou non dissémination des plantations OGM cultivées dans la nature. La Haute Autorité sur les OGM explique qu’il n’y a pas de risque à planter du maïs OGM. En 2007, la question des OGM a été l’une des questions phares du « Grenelle de l’environnement »

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