Etes-vous victime de sexomnie ?

Etes-vous victime de sexomnie ?

« Chéri(e), arrête de me harceler en pleine nuit  ! » ; « Comment peux tu ne pas te souvenir de nos galipettes de cette nuit ?« . Vous vous réveillez parfois en plein sommeil, sexuellement exité(e) ou en train d’entreprendre votre moitié endormie, l’air à demi-possédé, un peu comme un zombie ?

Si votre conjoint vous fait de telles remarques ; si vous êtes sexuellement actif sans vous en apercevoir, vous n’êtes pas forcément un vicieux hyperactif. En effet, vous êtes peut-être affecté par ce qui est désormais reconnu comme une maladie : la sexomnie, qui est une sorte de somnambulisme sexuel.

Sexomnie ou l’amour en dormant

La définition la plus simple du phénomène est  :

Tout acte sexuel, de masturbation ou ayant pour finalité  d’obtenir du plaisir sexuel, initié durant le sommeil de l’un ou des 2 protagonistes. (1)

On peut se demander comment il est possible de faire l’amour en dormant, sans s’en rendre compte ? Et pourtant, cela arrive. Et parfois le partenaire du sexomniaque ne s’en rend pas vraiment compte « La première fois que Stéphane m’a réveillée pour faire l’amour à deux heures du matin, je n’étais pas très active moi même mais je l’ai trouvé bien silencieux, un peu comme un robot, pas expressif.« 

Comme souvent, ce genre de témoignage se conclut par le même constat : « il ne s’en souvenait pas vraiment, voire pas du tout« .

  • La sexomnie diffère du somnambulisme par un réveil plus brutal et comporte des activités motrices réduites. Mais comme le somnambulisme, le malade dispose d’une forme de conscience onirique. (2) autrement dit, il s’agit d’un état où on peut être à la fois endormi et éveillé.

Pilotage automatique et amnésie

Cela pourrait prêter à sourire, si parfois les conséquences de ce para-somnambulisme sexuel ne s’avéraient dramatiques. Certains cas de viol ou de harcèlement ont été portés devant la justice… et parfois l’accusé à été relaxé. Leurs avocats et médecins ayant démontré qu’ils étaient atteint de sexomnie, la justice les a reconnu non responsables. Les cas ne sont pas si rares : une étude canadienne récente affirme qu’une personne sur douze aurait déjà été touchée.(3)

Ainsi, depuis une vingtaines d’années (2), les sexomniaques ne sont plus considérés comme des montres mais plutôt comme des personnes plus érotisées que la moyenne. Les cas de sexomnie sont délicats d’un point de vue humain et juridique.

La sexomnie et la responsabilité juridique

Prouver la sexomnie n’est pas simple, voire difficile. Une partie du cerveau des sexomniaques est endormie, mais comme le montre l’imagerie médicale fonctionnelle, une autre partie est active. Les juges redoutent que des cas de perversité, de viols, d’attouchements avérés ne cherchent à être qualifiés de sexomnie.

Pour les conjoints, un signe qui permet de détecter la sexomnie est un comportement sexuel inhabituel : le partenaire force une position jamais pratiquée, il veut vous étrangler, il ne dit jamais un mot, il se masturbe sans se cacher mais sans jamais en parler, il ne montre aucun signe d’affection pendant l’acte, n’embrasse pas, garde les yeux ouverts…

Atuces pour éviter la sexomnie

1 – Repérer et analyser les situations de stress (facteur favorisant les crises).
2 – Éviter les exercices violents en soirée ; ils augmentent la température du corps et sont des excitants.
3 – Pratiquer des exercices de relaxation pour détendre son corps et son cerveau.
4 – Dîner léger, sans alcool (qui est un excitant).
5 – Boire une tisane avant le coucher (tilleul, verveine, camomille ou fleur d’oranger).
6 – Baisser la température de la chambre à 20º max.(4)
7 – Réguler votre sommeil grâce à la luminothérapie.

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Je veux témoigner

(1) Colin Shapiro, 2003.

(2)  Isabelle Arnulf, neurologue à l’hopital de la Pitié à Paris

(3) Selon une autre étude canadienne, de juin 11 a établi que 8 % des patients venus consulter dans des cliniques du sommeil souffraient de sexomnie. Trois fois plus d’hommes que de femmes.

(3) Le 1er cas de sexomnie a été publié dans le Singapore Medical Journal de dec. 1986 au sujet d’un homme de 34 ans qui s’adonnait toutes les nuits au plaisir solitaire ; ce dont s’est plaint son épouse.

(4) 6 conseils suggérés par http://psychologie.aujourdhui.com