Ne cherchez plus, la vulve ‘normale’ n’existe pas !

S’il fallait une étude pour le prouver, c’est fait et c’est officiel : il n’y a pas de vulve ‘normale’ à laquelle on pourrait comparer toutes les autres… De toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs, symétriques ou pas… elles sont toutes uniques et ne devraient donc pas être source de complexe chez une femme…

Rédigé par Séverine Bascot, le 4 Jul 2018, à 8 h 15 min

Les parties intimes sont la source de nombreux tabous. On en parle à mi-voix pour ne pas ébranler ces derniers, mais on s’y intéresse car on n’en sait jamais assez sur elles, comme le confirme le succès de nos articles traitant de ces sujets chez consoGlobe.com. Et encore plus lorsqu’il s’agit des organes génitaux féminins. D’ailleurs rares sont les femmes qui pensent que la forme de leur vulve n’est pas « standard ». Certaines allant même jusqu’à se faire refaire les lèvres à coups de bistouri, ce qui est prendre des risques vraiment inutiles, car la vulve « normale » n’existe pas… C’est ce que viennent enfin de prouver des chercheurs suisses.

La vulve, unique pour chaque femme et forcément belle, loin des diktats… du porno

Face au boom des labioplasties – opérations de chirurgie esthétique visant les petites et/ou les grandes lèvres vaginales, aussi appelées nymphoplasties, une équipe de chercheurs de l’hôpital Lucerne Cantonal a étudié pendant 2 ans, l’anatomie de 657 femmes âgées de 15 à 84 ans(1), afin de vérifier la possibilité d’ « établir un modèle pour l’apparence normale d’une vulve caucasienne ».

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Une étude a permis de mesurer les tailles de différentes vulves © Vladimir Gjorgiev

Entre autres mesures, celles du clitoris, des grandes lèvres, des petites lèvres, de la distance entre la base du clitoris et l’ouverture de l’urètre, permis d’arriver à la conclusion suivante : toutes les vulves sont différentes, et aucune n’est plus normale qu’une autre  !

Des écarts très importants relevés dans l’apparence vulvaire

En effet, si la longueur moyenne des petites lèvres se situe à 2,5 cm, les plus petites en font 0,25, mais elles peuvent atteindre plus de 7,5 cm. Quant aux grandes lèvres, leur moyenne a été établie à 8 cm, mais les plus petites observées ne faisaient que 1,2 contre 18 cm pour les plus longues.

Pour ce qui est du clitoris, en moyenne long de 7 mm et large de 7, les mesures varient entre respectivement entre 0,5 et 34 mm, et entre 1 et 22 mm.

Anne Kreklau, auteure principale de l’étude, note également que l’apparence de la vulve évolue au cours de la vie d’une femme. Ainsi en vieillissant, elle a tendance à s’assombrir alors que la longueur des petites lèvres diminue.

En France, 3.905 personnes auraient subi une nymphoplastie en 2016, contre 13.366 aux États-Unis, selon Sara Piazza, psychologue clinicienne et docteure en psychopathologie et psychanalyse interrogée par Libération. Cette année là, l’International Society of Aesthetic Plastic Surgery (ISAPS) ont annoncé 45 % de labiaplasties de plus qu’en 2015(2).

Pourquoi un tel « engouement » pour se refaire la vulve ?

Outre-Atlantique, les experts estiment que le recours à ce genre d’opération de chirurgie esthétique est lié à l’influence des photos de femmes nues arborant des vulves juvéniles, sorte de standard, « petit, mignon, lisse et rose » et des films pornographiques, qui sont de plus en plus facilement visibles sur internet. De plus, avec la mode des maillots brésiliens, les femmes optent pour l’épilation intégrale, ce qui rend cette partie de l’anatomie bien plus visible.

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Différentes vulves – extrait du livre livre de Betty Dodson, « Sex for one » (1974) – DodsonAndRoss.com

Les réseaux sociaux contribuent également à créer et nourrir les complexes liés au corps. Ainsi, les médecins voient des jeunes filles de plus en plus jeunes voulant subir une intervention chirurgicale sur leurs organes génitaux.

D’autres femmes plus matures souhaitent elles, « rajeunir » leur vulve, rétrécir leur vagin, couper ou regonfler leurs lèvres, etc.

Cependant, toutes les labioplasties ne sont pas de nature purement esthétiques : pour certaines patientes la gêne physique (qui peut se transformer en douleur dans certaines conditions : faire du vélo par exemple) due à une hypertrophie des lèvres peut isoler, empêcher de maintenir des activités sociales et/ou des relations sexuelles normales. Il s’agit donc d’une source de souffrance physique, psychologique et sociale et l’intervention réparatrice dans ces cas-là, pratiquée en hôpital, est remboursée par la sécurité sociale.

« Le fait d’avoir un bel outil ne réglera pas les problèmes de sexualité, le vrai enjeu de l’intime »

Pour Jacques Waynberg, médecin sexologue, dans les colonnes de Libération, il s’agit là de « la même psychologie, la même obsession que pour n’importe quel autre complexe de taille, de poids, de forme, de fermeté… de l’anatomie. On appelle ça de la dysmorphophobie, des malades – imaginaires – de leur image, qui se voient difformes. Et qui révèle souvent un problème privé bien plus profond qui ne se règlera pas avec un coup de scalpel, au demeurant fort cher : 3.000 euros pour trente minutes d’opération, est-ce bien éthique et raisonnable » ?

Illustration bannière : Rose en forme de vulve – © Munimara
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