Un petit robot pour remplacer le glyphosate

Le glyphosate, herbicide puissant commercialisé par Monsanto, est à nouveau autorisé sur le marché. Mais seulement pour trois ans en France, s’est engagé Emmanuel Macron. Pour le remplacer, certains testent des robots tondeurs.

Rédigé par Maylis Choné, le 29 Nov 2017, à 10 h 55 min
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Et si un robot remplaçait à terme les produits désherbants ? Utilisé pour l’instant dans les vignes par la société Vitirover, son emploi pourrait se généraliser auprès des grands consommateurs de produits phytosanitaires.

Vitirover, un robot dans les vignes

Il a été créé en 2010 à Saint-Émilion, mais c’était encore trop tôt : les clients n’étaient pas encore prêts à lui faire bon accueil. Depuis 2016, le robot de Vitirover semble avoir trouvé sa place sur le marché viticole. Il est chargé de tondre, de tailler et de piéger quelques insectes aussi. Mais c’est surtout pour la tonte qu’il est attendu, car elle permet d’éviter l’emploi de produits chimiques.

Un peu comme nous utilisons notre robot aspirateur chez nous, ou comme les moutons qu’on utilisait par le passé, Vitirover a lâché un troupeau de robots dans ses vignobles au mois de mars dernier.

Car aujourd’hui, les viticulteurs désherbent au glyphosate lorsqu’ils ne souhaitent pas passer avec leur tracteur entre les vignes. Le tracteur, lui, tasse les sols, ce qui est peu recommandé pour le respect de la vigne et de l’écosystème qui fait vivre la terre. À l’heure où les discussions sont à la recherche d’alternatives aux herbicides puissants et néfastes tel que celui de Monsanto, cette alternative interpelle.

Plus rentable que le glyphosate

Un robot, ça coûte cher à l’achat. Toutefois, celui de Vitirover roule à l’énergie solaire grâce au panneau solaire fixé sur son dos. Il est par ailleurs très lent, 500 mètres à l’heure. Il en faut donc plusieurs par exploitation, mais puisqu’il est autonome, il ne réclame pas la présence permanente du viticulteur. Ce dernier le contrôle depuis une application sur son smartphone et ne va le chercher dans les rangs de vigne qu’en cas de problème important.

« Un Vitirover, c’est 900 euros/ha par an seulement », explique Arnaud de la Fouchardière, directeur général et à l’origine du projet. « Dans 70 % des cas, l’herbe est traitée avec des herbicides, moyennant un coût annuel de 950 à 1.200 euros par hectare, si l’on tient compte du temps passé », termine-t-il.

Vitirover – capture d’écran Youtube

Sus aux désherbants, bienvenue aux robots ?

Certains voient derrière les robots, qui envahissent notre environnement de travail et remplacent les humains progressivement, une menace pour l’emploi. Il faut bien constater toutefois que ce sont les produits phytosanitaires qui, depuis quelques décennies, ont remplacé les humains pour les tâches fatigantes et chronophages de désherbage. Les alternatives aux désherbants, qu’elles soient mécaniques, thermiques ou autres, demandent en effet plus de temps de préparation et de mise en oeuvre, et donc coûtent aussi plus cher.

Faut-il donc recourir à des robots désherbeurs ? Ou aspirer à une agriculture plus intensive en emplois et préconisant un modèle d’agriculture écologiquement intensive. Les deux peut-être, en notant que le principal consommateur de glyphosate aujourd’hui en France est… la SNCF, afin de maintenir ses voies de chemin de fer nettes d’herbes adventices.

Illustration bannière : capture d’écran Youtube – Vitirover
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Eh bien pendant 3 ans, combien de morts en plus «  » »GRACE » » » au GLYPHOSATE????
    Il va falloir arrêter de prendre le peuple, pour des imbéciles-crétins!!!
    Tout est une affaire d’ARGENT, seul l’ARGENT COMPTE…!!!
    Les VIES HUMAINES….. ILS S’EN CONTREFOUTENT…!!!

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