‘Une saison dans la savane’ : France 4 sensibilise le public au braconnage

Après ‘Une saison chez les bonobos’, les soigneurs du Zoo de la Flèche se sont envolés en Namibie pour y tourner ‘Une saison dans la savane’, une nouvelle série qui sera diffusée à partir du 9 février sur France 4.

Rédigé par Philippe Oberlé, le 5 Feb 2017, à 7 h 00 min

Accompagnée par Wildlife Angel, une ONG française spécialisée dans la protection de la faune africaine, l’équipe du zoo a expérimenté le quotidien des rangers d’une réserve namibienne pendant 15 jours.

L’équipe du Zoo de la Flèche en Afrique pour le tournage de ‘Une saison dans la savane’

Les soigneurs du zoo ont saisi l’occasion d’arpenter la savane africaine et d’observer dans leur milieu naturel les animaux sauvages qu’ils ont l’habitude de côtoyer au zoo.

Ils auront passé un mois en Namibie, à parcourir des paysages d’une beauté à couper le souffle dans plusieurs réserves, et notamment à Etosha, le parc national namibien abritant une grande diversité d’espèces : zèbres, antilopes, rhinocéros, éléphants, lions, gnous, girafes et léopards cohabitent dans cette zone protégée. La partie du parc accessible au public abrite un lac salé, asséché durant la saison sèche.

Mais l’équipe du Zoo de la Flèche s’est envolée pour l’Afrique avec un objectif bien précis : sensibiliser les français au problème du braconnage. Pour cela, ils ont expérimenté 15 jours durant la vie d’un ranger – ou garde forestier – ces hommes et femmes de terrain qui préservent la faune sauvage des braconniers de plus en plus menaçants. C’est au coeur d’une réserve dotée d’une des populations de rhinocéros blancs les plus importantes de Namibie qu’a eu lieu cette formation.

Braconnage massif des éléphants et rhinocéros

Si vous êtes un lecteur fidèle de consoGlobe.com, vous n’êtes pas sans savoir que le braconnage est devenu un véritable fléau en Afrique. Aucun pays n’est à l’abri. L’Afrique de l’ouest avec le Burkina Faso, le Bénin ou le Niger, l’Afrique centrale et même des pays autrefois épargnés comme l’Afrique du sud et la Namibie sont aujourd’hui touchés.

Le braconnage a toujours existé en Afrique. Nombreuses sont les tribus qui chassent pour se nourrir et avec le développement démographique, la consommation de viande de brousse augmente mettant les écosystèmes sous pression. Mais la demande – principalement asiatique – en ivoire, cornes de rhinocéros, peaux et os de félins est aujourd’hui telle qu’une nouvelle forme de braconnage est apparue.

elephant-ivoire-braconnageSelon Wildlife Angel, une ONG française spécialisée dans la protection des animaux africains, ce sont des organisations mafieuses et terroristes qui exterminent les espèces. Le braconnage de subsistance a laissé place au braconnage industriel.

À l’heure actuelle, quatre rhinocéros sont tués chaque jour et un éléphant disparaît toutes les 15 minutes. À ce rythme, il n’en existera plus à l’état sauvage d’ici 10 à 15 ans. Les rhinocéros sont décimés pour leur corne, considérée comme un remède en médecine chinoise et affichée comme un signe de réussite chez les classes supérieures. Son prix atteint aujourd’hui 60.000 dollars le kilo sur le marché noir (supérieur au prix au kilo de la cocaïne), on comprend mieux pourquoi le crime organisé s’intéresse à cette manne financière.

Les autres espèces de grands mammifères ne sont pas épargnées pour autant : les populations de girafes, lions et guépards ont dramatiquement chuté dans certaines régions. Même les chimpanzés sont kidnappés pour devenir des animaux de compagnie… Il est urgent d’agir.

Pourquoi former des rangers pour enrayer le braconnage

Wildlife Angel a été créée en 2015 par Sergio Lopez, ancien militaire français et expert du continent africain où il a vécu de nombreuses années. Son objectif ? Combattre le trafic d’animaux sauvages en Afrique.

rhinoceros-braconnageLe constat fait par l’ONG est simple : réduire la demande de pièces d’animaux sauvages en Asie prendra du temps. L’éducation, la sensibilisation et la prévention sont efficaces, mais les effets loin d’être immédiats. Il en va de même pour le développement économique en Afrique. Or, l’urgence de la situation est telle qu’il faut intervenir sur le terrain.

C’est pourquoi Wildlife Angel forme les gardes forestiers dans les parcs et les réserves. Souvent démunis et mal équipés face à des braconniers armés jusqu’aux dents, ces formations permettent aux rangers de gagner en efficacité, d’apprendre à réaliser des premiers soins en cas de blessure ou encore de procéder à des arrestations dans le respect des droits de l’homme. Ils apprennent aussi à analyser et préserver une scène de crime, à récolter des indices et des preuves pour qu’il soit par la suite possible de condamner des braconniers qui ne risquaient pas grand chose jusqu’à il y a peu. L’objectif est aussi de sensibiliser les rangers et d’en faire des ambassadeurs du patrimoine naturel de leur pays auprès de leurs communautés.

Wildlife Angel est déjà intervenue à plusieurs reprises en Namibie et plus récemment au Niger dans le parc national W. En 2017, des opérations seront renouvelées dans ces deux pays ainsi qu’en République Démocratique du Congo et des discussions sont en cours pour des missions au Burkina Faso et en Afrique du Sud.

Pour en savoir plus, soutenir ou s’impliquer auprès de Willife Angel, rendez-vous sur www.wilang.org

Beaucoup de travail reste à faire pour sauver les espèces emblématiques de la savane africaine. Les gouvernements africains soutiennent timidement les ONG qui agissent sur le terrain et la corruption omniprésente complique encore les choses. Les défenseurs de la faune sauvage espèrent sensibiliser l’opinion grâce à des émissions comme « Une saison dans la savane » et, avec l’appui du public, inciter les autorités françaises à s’impliquer davantage dans la sauvegarde de notre patrimoine naturel.

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