La pilule est-elle dangereuse pour la santé et l’environnement ?

Contraceptif préféré des Françaises, la pilule contraceptive a connu ces dernières années, une baisse de popularité due aux risques qu’elle fait courir pour la santé. Alors, dangereuse la pilule ? Et ses effets sur l’environnement, réels ou supposés ?

Rédigé par Pauline Petit, le 25 Jun 2016, à 20 h 03 min

En 2013, une polémique s’est déclenchée en France sur l’utilisation de la pilule. Certaines pilules -dites de troisième et quatrième générations- ont été pointées du doigt en raison du risque d’accroissement d’accidents cardio-vasculaires qu’elles feraient courir aux utilisatrices. Ainsi, selon une étude de l’Ined, « près d’une femme sur cinq [utilisant un moyen de contraception] déclare avoir changé de méthode depuis le débat médiatique de 2012-2013 sur les pilules ».

La pilule contraceptive, auparavant utilisée par 50 % des Françaises entre 15 et 49 ans, est utilisée depuis 2013 par 41 % d’entre elles, ce qui en fait tout de même le contraceptif le plus utilisé en France(1). Quels sont les risques réels pour la santé des femmes ? Et pour l’environnement ?

Les risques de la pilule sur la santé

La pilule reproduit des hormones présentes dans le corps humain, mais à plus forte dose, dans le but éviter l’ovulation. Dans la plupart des cas, les pilules contiennent deux hormones : un oestrogène et un progestatif. C’est le type de progestatif qui définit si la pilule est dite de deuxième, de troisième ou de quatrième génération.

Les pilules de troisième et de quatrième générations accusées

En 2012-2013, ce sont les pilules de troisième et de quatrième génération qui ont été montrées du doigt, du fait qu’elles augmentaient le risque de thrombose veineuse profonde. Selon l’Agence Française du Médicament, « ce risque est annuellement de 2 pour 10.000 auprès des femmes qui ne prennent pas de contraceptifs oraux, de 5 à 7 pour 10.000 parmi celles qui utilisent une pilule de 2e génération, et de 9 à 12 chez les utilisatrices de pilule de 3e génération. »

pilule santé dangers

Une étude réalisée auprès de 5 millions de Françaises(2), parue en mai 2016, montre quelle pilule présente le moins de risques pour la santé. Très précisément, il s’agit d’une pilule contenant 20 microgrammes d’oestrogène et du levonorgestrel pour progestatif. Une pilule type « deuxième génération » donc. On peut retrouver la liste complète des pilules de ce type sur le site du Ministère de la Santé.

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Quoi qu’il en soit, le type de pilule à prendre et les risques liés au traitement dépendent aussi grandement de l’état de santé, des antécédents familiaux, de l’éventuelle consommation de tabac et du mode de vie.

D’autres risques pour la santé ?

L’ensemble des pilules, toutes générations confondues, peut avoir des effets secondaires indésirables : prise de poids, troubles cutanés (acné, etc.), saignements ou perte de mémoire.

La pilule contraceptive augmenterait également le risque de grossesse extra-utérine et celui de cancer du sein. De même, la pilule, en perturbant les cycles hormonaux normaux, aurait des effets négatifs sur la libido des femmes. Ainsi, on peut avoir des raisons d’être tenté par d’autres types de contraception alternatifs.

Quelles alternatives à la pilule ?

Il existe bien d’autres types de contraceptifs différents. On peut les classer en plusieurs familles :

  • les contraceptifs hormonaux : stérilet hormonal, patch, implant ou anneau vaginal. Ils peuvent constituer une bonne alternative à la pilule en cas d’oubli récurrent de celle-ci. Toutefois, si vous souhaitez arrêter la pilule à cause des hormones, c’est exactement le même système. D’après le Professeur Henri Joyeux, « Toutes ces alternatives ne sont que des pilules déguisées, données par d’autres voies que la voie de l’estomac : l’intérieur du vagin, la peau, le muscle. Les dangers sont les mêmes. »

préservatif contraception

  • les contraceptifs locaux : le préservatif masculin ou féminin, le diaphragme, les spermicides. Ils bloquent le passage des spermatozoïdes par action mécanique. Ils sembleraient moins dangereux pour la santé que la pilule même s’ils ont aussi leurs inconvénients. De même, le stérilet en cuivre bloque l’ovulation par voie mécanique. Il ne fonctionne pas avec des hormones mais n’est pas bien accepté par toutes les femmes.

Et les méthodes naturelles ?

Les méthodes dites naturelles consistent à identifier la période d’ovulation et donc d’éviter d’avoir des rapports sexuels à ce moment-là. Il est nécessaire de bien identifier les symptômes de son corps lors de l’ovulation : température, observation de la glaire cervicale, etc. Le retrait est également une méthode dite naturelle.

Ces méthodes n’empêchent toutefois pas le risque de MST et ne sont pas efficaces à 100 % contre le risque de grossesse. En effet, même avec une observation fine, l’ovulation peut avoir lieu à n’importe quel moment du cycle féminin. Attention donc avec ces pratiques, sauf si l’on peut envisager de tomber enceinte.

Pour résumer donc : la meilleure contraception est celle avec laquelle on se sent mieux et avec laquelle on peut avoir une sexualité épanouie. Si vous souhaitez changer de contraception, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à vous rendre sur des sites fiables comme choisirsacontraception.fr ou le site du Planning Familial.

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Références :
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

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  1. Un m

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