Pêche et quotas de poissons : ça tangue au niveau international

Avis de tempête sur la politique de la pêche : les derniers jours ont apporté leur lot de mauvaises nouvelles pour la biodiversité marine en provenance des instances internationales.

Rédigé par Stephen Boucher, le 23 Nov 2017, à 9 h 55 min

Les questions de pêche sont décidées aujourd’hui au niveau international. Mais les instances censées fixer le cap pour protéger les espèces semblent donner dernièrement la priorité au profit de court terme.

Pêche électrique : une sacrée taule pour les soles

Mardi 21 novembre, premier coup de semonce : la commission de la pêche du Parlement européen a voté pour autoriser la pêche électrique, accusée par les organisations environnementales de créer un véritable désert marin. L’association écologique Bloom explique que cette technique consiste à « envoyer des décharges dans le sédiment afin de capturer plus facilement les poissons plats qui y sont enfouis » à l’aide d’électrodes fixées aux filets.

Les Pays-Bas sont ici principalement à la manoeuvre. Les organisations environnementales s’efforcent désormais que le Parlement européen réuni en son entier retoque ce vote de sa commission de la pêche. Le dossier devra ensuite être décidé avec les gouvernements et la Commission européenne. Espérons que la mobilisation fasse que ce ne soit qu’une fausse alerte.

Stop à la pêche électrique en Europe : participez à la campagne de Bloom, vous y trouverez pétition et documents de fond.

Le thon voit de nouveau rouge

Autre mauvais signal décrié par les associations environnementales : les quotas de pêche de thon rouge ont été revus à la hausse. S’ils reflètent la meilleur santé des stocks de poissons, les organisations de défense de la biodiversité marine dénoncent une mesure prématurée et disproportionnée.

Les quotas ont en effet été revus fortement à la hausse, autorisant la prise de 36.000 tonnes par an en 2020 contre 23.655 tonnes en 2017. L’ONG Pew affirme que ce quota est « le plus élevé jamais » adopté. Elle craint donc un « déclin dans un futur proche de l’espèce ». Le WWF s’alarme qui plus est que cette mesure soit prise « alors que la reconstitution du stock n’est pas encore confirmée » et dénonce le « choix du profit économique à court terme ».

Pêche au thon © KPG_Payless

En cause cette fois : la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta), un organisme international regroupant 51 pays et toute l’Union européenne. Cette hausse est poussée par les pays non-membres de l’UE, celle-ci voyant d’ailleurs ses quotas baisser.

L’organisation Pew note que les scientifiques avaient préconisé de ne pas prélever plus de 30.000 tonnes par an sur un stock estimé au total à 500.000 tonnes. En choisissant « d’ignorer le fait que ni le thon de l’Atlantique Ouest ni celui de l’Atlantique Est ne sont totalement rétablis, [les membres de Cicta] ont au contraire adopté des quotas dont on peut prévoir qu’ils conduiront au déclin dans un futur proche », dénonce Pew.

Gros grain  pour les requins et les baleines

Egalement en cause, la Cicta n’est pas parvenue à renforcer l’interdiction de prélèvement des ailerons du requin-taupe bleu. Celui-ci figure « parmi les espèces de requins les plus vulnérables capturées dans l’océan Atlantique, et pourtant la Commission a pris des mesures minimales pour réduire sa pêche », déplore encore Pew.

Enfin, sur le front des nouvelles alarmantes pour les fonds marins, IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux, alertait hier par la voix de Matt Collis, directeur pour les questions internationales, que « La communauté internationale devrait s’alarmer du fait que le Japon continue d’importer à des fins commerciales le rorqual boréal, une espèce pourtant interdite à la vente. Au lieu de cela, la CITES reste les bras croisés et n’a encore jamais demandé au Japon de rendre des comptes ».

Veillez à n’acheter et consommer que du poisson labellisé durable.

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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

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