Produits du commerce équitable : démêler le vrai du faux

Le commerce équitable est en plein essor : il a augmenté de 72% en trois ans. Toutefois, il est parfois critiqué pour son manque de transparence. Comment faire la part du vrai et du faux ? Le point sur la filière, les chiffres et les garanties des produits équitables.

Rédigé par Annabelle, le 21 May 2016, à 14 h 00 min

Quelques ombres au tableau

Malheureusement, tout n’est jamais rose et certains auteurs dénoncent ce qu’ils appellent les dérives du commerce équitable.

En première ligne, le label Max Havelaar, qui a subi de virulentes critiques, notamment au travers du livre de Christian Jacquiau, altermondialiste dont l’ouvrage « Les coulisses du commerce équitable » a été publié en 2006. L’auteur exprime son point de vue en dénonçant l’incompatibilité du système de commerce équitable avec la vente de produits en grande distribution. En outre, il accuse l’association de redorer l’image de grandes multinationales telles que Nestlé ou encore McDonald’s en apposant son label sur certains de leurs produits.

L’auteur met en doute la réalité des prix, accusant les intermédiaires de se servir tout autant que dans le cadre de filières commerciales classiques. Selon Jacquiau, le commerce équitable ne serait qu’une gigantesque opération marketing, un vulgaire argument de vente.

Max Havelaar a poursuivi l’auteur pour diffamation et l’affaire est passée devant les tribunaux en juin 2010. La Cour a donné raison à Max Havelaar. Christian Jacquiau a donc fait appel du jugement et a finalement gagné son procès en 2011.

D’autres critiques envers le commerce équitable proviennent de l’auteur Arnaud Kalba par le biais de son ouvrage « Les réalités du commerce équitable – L’exemple d’une plantation de Darjeeling ». Il y présente le résultat de deux années d’enquête au coeur d’une plantation de thé équitable près de Darjeeling, cette région située dans le nord de l’Inde, célèbre pour son thé. Il y dénonce les dérives du commerce équitable, telles qu’il a pu les constater sur place.

Le commerce équitable ne paraît pas vierge de tout soupçon. Pourtant, les enjeux sont primordiaux car il est le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté, en permettant à des producteurs de vivre décemment de leur travail.

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5 commentaires Donnez votre avis
  1. Effectivement ce ne sont pas les livres et les documentaires qui manquent sur le sujet. Max Haavelar n’est pas un label mais une marque, dont les pratiques dites équitables ne le sont pas tant que ça, c’est plutôt le commerce « de » l’équitable. Vous remarquerez d’ailleurs que les articles avec le logo Max Haavelar sont parfois même moins chers que des produits non bio (exemple les bananes!). Artisans du monde a décidé de s’en affranchir, je regrette que Biocoop ne fasse pas de même mais peut-être est-ce parce que Biocoop, victime de son succès, dérive depuis une dizaine d’années vers le modèle de la grande distribution…

  2. Bonjour,
    J’aimerai savoir, finalement, les vrais faux produits, finalement, c’est quoi?
    Parce qu’au final, vous défendez très bien certaines marques, mais le sujet de l’article, c’est les mauvaises. Alors?
    J’ai loupé quelque chose ou quoi?
    Merci et bonne journée.

  3. Bonjour,
    Juste une information sur le commerce équitable : le fils d’une amie a passé plusieurs mois dans des plantations de cafés en Amérique du Sud. Il a été plus qu’étonné de ce qu’il a découvert sur place à propos de certaines organisations, Max Havelaar entre autres. Il a réalisé un film pour dénoncer certaines dérives et à son retour, l’a projeté dans une salle associative. La société Max Havelaar était invitée, elle n’a pas répondu à son invitation et n’a envoyé aucun représentant à la projection, suivie d’un débat, le tout fort édifiant….

  4. Bonjour
    J’achète des cadeaux chez Artisans du monde, l’alimentaire chez Biocoop ou aux bios du marché, je leur fais confiance car tout seul il est impossible de faire des enquêtes. Je pense qu’il faut aussi voir UFC QueChoisir. Chez nous les circuits courts et les Amap sont aussi du commerce équitable.
    Je ne considèrerais pas comme commerce équitable les fruits ou légumes produits à contre saison et arrivant du Sud en avion, même avec une étiquette Com.Eq.

    Bonne journée

    • Bonjour,
      Personnellement, je fais partie d’une AMAP bio. Nous avons choisi que tous les légumes, miel, viande, oeufs, pommes, pâtes soient bio. Sans le label, il est difficile de faire confiance à l’heure actuelle.
      Le commerce équitable, j’ai de moins en moins confiance, et l’article me donne raison.
      Je précise que je ne dépense pas davantage en bio que je ne dépensais avant en intensif…

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