Produits du commerce équitable : démêler le vrai du faux

Le commerce équitable est en plein essor. Toutefois, il est parfois critiqué pour son manque de transparence. Comment faire la part du vrai et du faux ? Le point sur la filière, les chiffres et les garanties des produits équitables.

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 8 May 2020, à 12 h 40 min

Le vrai / faux du commerce équitable

Beaucoup d’idées reçues gravitent autour du commerce équitable, et parmi elles :

« Les produits équitables sont plus chers ! »

Pas complètement vrai. Il est vrai que les produits équitables peuvent être légèrement plus chers que leurs homologues classiques… En revanche, il faut comparer avec des produits de même qualité. En effet, les produits équitables sont de qualité supérieure, il ne faut donc pas les comparer avec des produits moyens ou bas de gamme.
Par ailleurs, les marques de distributeurs proposent depuis quelques années des produits équitables plus économiques, accessibles au plus grand nombre.

« Le commerce équitable ne concerne que le café et le chocolat »

Faux ! La gamme des produits équitables s’est considérablement élargie. Dorénavant, on trouve de nombreux produits alimentaires comme des pâtes à tartiner, des fruits frais ou secs, des tisanes, des jus de fruits, des produits céréaliers, des desserts, des biscuits, du sucre, du miel…

Mais la filière ne concerne pas que l’alimentation : la mode, la décoration et la cosmétique se sont également mis à l’équitable.

produits commerce équitable

Le commerce équitable, c’est aussi de l’artisanat © arindambanerjee

Les produits du commerce équitable concernent aujourd’hui également des aliments locaux : c’est ce qu’on appelle le commerce équitable Nord-Nord. On retrouve donc des céréales ou des confitures françaises par exemple, labellisées équitables.

« Le commerce équitable ne prend pas en considération l’environnement. Pour respecter la planète, il faut acheter du bio »

Faux ! Certes, les produits équitables ne sont pas forcément bio, mais ils sont écologiques. Les cahiers des charges incluent des critères concernant les produits utilisés ou la gestion des ressources. Par ailleurs, 80 % des produits équitables sont aussi issus de l’agriculture biologique.

« Les labels du commerce équitable ne sont pas fiables ! »

Cette idée reçue est due au fait qu’il existe plusieurs labels privés qui garantissent le commerce équitable, comme le plus connu, celui délivré par l’association Max Havelaar. Ces labels répondent toutefois à des critères d’évaluation stricts et à un cahier des charges communs, et sont contrôlés par des organismes indépendants.

Les chiffres du commerce équitable

En 2018 en France, le chiffre d’affaires des produits équitables représentait un marché de 1,276 milliard d’euros(1). Un marché qui a doublé en trois ans !

Les produits alimentaires sont largement représentés puisqu’ils constituent plus de 95 % des ventes. 66 % des produits sont issus des filières internationales et 34 % des produits sont du commerce équitable français.
En ce qui concerne les produits d’importation, les plus vendus sont le café et le cacao, mais aussi la banane. Pour les produits français, les plus vendus sont la farine et les fruits et légumes frais.

Au niveau mondial, le commerce équitable a représenté un chiffre d’affaires de près de 9 milliards de dollars en 2017(2). On estime que le commerce équitable bénéficie à plus de 2 millions de producteurs et artisans, faisant vivre plus de 10 millions de personnes, dans plus de 75 pays à travers le monde.

Lire page suivante : les labels du commerce équitable, la seule garantie

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Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. Effectivement ce ne sont pas les livres et les documentaires qui manquent sur le sujet. Max Haavelar n’est pas un label mais une marque, dont les pratiques dites équitables ne le sont pas tant que ça, c’est plutôt le commerce « de » l’équitable. Vous remarquerez d’ailleurs que les articles avec le logo Max Haavelar sont parfois même moins chers que des produits non bio (exemple les bananes!). Artisans du monde a décidé de s’en affranchir, je regrette que Biocoop ne fasse pas de même mais peut-être est-ce parce que Biocoop, victime de son succès, dérive depuis une dizaine d’années vers le modèle de la grande distribution…

  2. Bonjour,
    J’aimerai savoir, finalement, les vrais faux produits, finalement, c’est quoi?
    Parce qu’au final, vous défendez très bien certaines marques, mais le sujet de l’article, c’est les mauvaises. Alors?
    J’ai loupé quelque chose ou quoi?
    Merci et bonne journée.

  3. Bonjour,
    Juste une information sur le commerce équitable : le fils d’une amie a passé plusieurs mois dans des plantations de cafés en Amérique du Sud. Il a été plus qu’étonné de ce qu’il a découvert sur place à propos de certaines organisations, Max Havelaar entre autres. Il a réalisé un film pour dénoncer certaines dérives et à son retour, l’a projeté dans une salle associative. La société Max Havelaar était invitée, elle n’a pas répondu à son invitation et n’a envoyé aucun représentant à la projection, suivie d’un débat, le tout fort édifiant….

  4. Bonjour
    J’achète des cadeaux chez Artisans du monde, l’alimentaire chez Biocoop ou aux bios du marché, je leur fais confiance car tout seul il est impossible de faire des enquêtes. Je pense qu’il faut aussi voir UFC QueChoisir. Chez nous les circuits courts et les Amap sont aussi du commerce équitable.
    Je ne considèrerais pas comme commerce équitable les fruits ou légumes produits à contre saison et arrivant du Sud en avion, même avec une étiquette Com.Eq.

    Bonne journée

    • Bonjour,
      Personnellement, je fais partie d’une AMAP bio. Nous avons choisi que tous les légumes, miel, viande, oeufs, pommes, pâtes soient bio. Sans le label, il est difficile de faire confiance à l’heure actuelle.
      Le commerce équitable, j’ai de moins en moins confiance, et l’article me donne raison.
      Je précise que je ne dépense pas davantage en bio que je ne dépensais avant en intensif…

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