Les volailles ‘de plein air’ pourront être élevées à l’intérieur

Face au risque de grippe aviaire, le ministère de l’Agriculture et Bercy viennent d’assouplir le cahier des charges particulièrement strict applicable aux volailles Label Rouge et « de plein air ».

Rédigé par Anton Kunin, le 7 Nov 2017, à 12 h 00 min

Tant que le risque de grippe aviaire demeure élevé, les poules, les poulets, les canards et les oies devant normalement être élevés à l’air libre, pourront être maintenus dans des espaces clos.

Volaille Label Rouge et « de plein air » : des exigences revues à la baisse

Les volailles « de plein air » le sont-elles réellement ? Pas si sûr. Aux vues du risque de grippe aviaire, un arrêté paru au Journal officiel le 5 novembre 2017 permet désormais aux agriculteurs de déroger au cahier des charges applicable en temps normal. L’arrêté précise que, s’agissant des volailles de chair, « il est possible de conserver les volailles à l’intérieur du bâtiment d’élevage jusqu’à l’abattage » et même de « réduire la surface du parcours sans que celui-ci soit inférieur ou égal à une fois la surface du bâtiment ». Il en va de même pour la production en Label rouge d’« oeufs de poules élevées en plein air ».

élevage de poulets, label rouge

Élevage intensif de poulets © Sergey Bogdanov

L’espace dont peuvent disposer les volailles de gavage peut lui aussi être réduit, sans pour autant être inférieur à 1,5 m2 par canard quand ceux-ci sont placés dans le même bâtiment pendant toute la durée d’élevage ou à 2,5 m2 par canard si ils sont déplacés en cours d’élevage, et enfin à 5m2 par oie.

Un deuxième arrêté suspend l’obligation d’accès à un parcours herbeux pour les « Volailles de l’Ain » et les « Volailles de Bourgogne ». Ces conditions particulières pourront être appliquées jusqu’à fin mai 2018.

La volaille Label Rouge, une filière importante en France

Les éleveurs français produisent près de 110 millions de volailles Label Rouge par an, dont 97 millions de poules, 6,5 millions de pintades, 2,7 millions de cailles et 1,3 million de chapons. En 2015, 62 % des poulets entiers et 11,5 % des découpes de poulets achetés par les ménages étaient des Label Rouge. La même année, 371 millions d’oeufs Label Rouge pondus par 1,8 million de poules ont été vendus. Cela représente 11 % de l’ensemble des oeufs vendus en France en volume, et 16 % des ventes d’oeufs en valeur.

En France, la filière compte 250 entreprises avec plus de 5.000 éleveurs différents qui élèvent des volailles de chair et des poules pondeuses Label Rouge. Pour eux, la crise continue…

Illustration bannière : poules élevées en plein air – © Elena Larina
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. Il faut espérer que les éleveurs feront preuve de bon sens : s’il s’avère qu’ils profitent de cet « assouplissement » pour se rapprocher de la batterie et, quelque part, tromper les consommateurs, le Label Rouge perdra de son attrait et les consommateurs regardant se tourneront vers le bio. Ils risquent de perdre une large part de leur clientèle, soucieuse à la fois du bien-être animal, de la qualité de leur nourriture et de leur portefeuille. Car aujourd’hui, le Label Rouge représente une alternative acceptable au bio à un coût moins élevé (malheureusement, de plus en plus de monde compte chaque euros les 20 derniers jours du mois…). Si cette alternative est dévalorisée, les gens qui peuvent mangeront du bio, ceux qui ne peuvent pas mangeront moins de poulet !

  2. Si l’espace intérieur permet aux volailles de continuer à se déplacer sans se marcher les unes sur les autres, et mieux encore, qu’elles ont accès à la lumière naturelle, c’est un moindre mal. Il ne faut pas que ça devienne prétexte à un élevage intensif mais que cela se fasse uniquement tant que c’est nécessaire.
    Attention aux éleveurs qui élèvent toujours leurs volailles en batterie, et qui pourraient y voir un moyen trop facile et trompeur d’obtenir le label rouge, par exemple.
    Ceux qui seraient tentés d’acheter du poulet industriel, puisque le fermier ne devrait plus avoir de meilleurs conditions durante cette période de grippe aviaire, ne devraient pas oublier qu’il faut soutenir les labels rouge et en liberté

  3. Bonjour,
    Voulez-vous dire que les arrêtés s’appliquent jusque fin mai 2018?
    Merci par avance,
    Cécile

    • Anton Kunin

      Tout à fait ! L’arrêté précise, dans son article 5 : « Le présent arrêté est applicable tant que le niveau de risque épizootique tel que défini à l’article 3 de l’arrêté du 16 mars 2016 modifié susvisé est qualifié de « élevé » pour tout ou partie du territoire ou de « modéré » dans les zones à risque particulier et pour une période n’excédant pas le 31 mai 2018 au plus tard ».
      À noter que ces mesures ne sont pas obligatoires : le choix de bénéficier ou non de ces dérogations reste au choix de l’éleveur.

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