Le plessage, l’alternative ancestrale au béton vert

Les haies en tous genres, qu’elles soient de saules, de lauriers ou toutes autres essences ou presque, peuvent servir de clôture pour protéger les cultures et abriter la biodiversité. Connaissez-vous la technique ancestrale du plessage, qu’utilisaient déjà les peuples chasseurs-cueilleurs du Néolithique ?

Rédigé par Julien Hoffmann, le 16 Nov 2018, à 14 h 25 min

Si les populations du Néolithique utilisaient cette technique pour fabriquer des « haies mortes », aussi appelées « haies sèches » qui devaient être remplacées régulièrement, plus récemment sont apparues des « haies vives ».

Le plessage connait un regain d’intérêt

On peut plesser des haies de troène bien-sûr, mais aussi genévrier, aubépine, prunellier, viorne, laurier et plus rarement l’églantier – malgré sa croissance très rapide. Le saule quant à lui, a la faveur de bien des plesseurs pour sa capacité à se régénérer.

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Plesser une haie en novembre © Nigel Jarvis / Shutterstock

La technique du plessage s’approche grandement de celle de la vannerie que l’on connait pour nous offrir de superbes paniers pour aller au marché ou aux champignons, ou encore pour offrir une belle place confortable à nos animaux de compagnie…

Car oui, de la vannerie au plessage il n’y a qu’un pas : comprendre le végétal pour le « tresser ». C’est là une technique de génie végétal qui consiste à façonner une haie existante en une clôture vivante.

Pourquoi plesser les haies ?

Si la haie plessée est aujourd’hui à nouveau d’actualité, c’est parce qu’elle répond à de multiples enjeux environnementaux et sociétaux très actuels :

  • Elle est moins cher et souvent plus efficace (si elle est par exemple constituée d’épineux) qu’une clôture classique, et ce que ce soit pour contenir du bétail ou pour éloigner des maraudeurs.
  • Elle permet d’ouvrir nos paysages en limitant la hauteur des haies qui se retrouvent diminuées à 1 – 1,50 m du sol.
  • Elle favorise et régénère la croissance d’une haie en perte de vitesse par l’apparition de nombreux rejets afin qu’elle puisse à nouveau jouer tout son rôle, et ce sans avoir à l’arracher pour la refaire entièrement.
  • Elle constitue un formidable habitat pour un incroyable cortège de biodiversité allant des oiseaux aux insectes pollinisateurs ou non, en passant par les mammifères tels que le renard ou le hérisson. Tous ces animaux sont, pour beaucoup, des auxiliaires de culture qui limiteront bon nombre d’indésirables au potager comme dans les champs.
  • Elle fournit du bois lors de son entretien annuel ; bois qui servira autant à réaliser un BRF (bois raméaux fragmentés), à alimenter un système de chauffage qu’à aménager un lieu de nature dans votre potager.

Quand et comment plesser une haie ?

Le plessage s’effectue de novembre à avril, en dehors des jours de gel, mais surtout une fois que la sève des arbres ou arbustes constituant la haie soit bien descendue. Rien de bien sorcier, il en va d’ailleurs de même pour la taille de n’importe quels arbres.

La haie champêtre qui sera plessée doit avoir deux mètres de haut. Cette hauteur est un minimum afin de pouvoir appliquer la technique correctement et se donner toutes les chances de réussir.

Il faudra par la suite et une fois par an, l’entretenir pour l’orienter comme il se doit. Comme pour n’importe quelle haie il faudra donc la tailler… et récupérer ainsi la matière première qu’elle aura produite tout au long de l’année !

La technique du plessage

Il faut commencer par préparer le chantier en nettoyant la haie de tout ce qui « l’encombre » comme les plantes grimpantes du type lierre ou clématite et chèvrefeuille, mais en enlevant aussi tout le bois mort.

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Une haie plessée pour protéger la biodiversité © Nigel Jarvis / Shutterstock

Il faut ensuite sélectionner deux type de branchages encore vivants : d’une part ceux qui vont servir de piquet et d’autre part ceux qui vont être plessés (rappelez-vous la vannerie, cela vous aidera à choisir plus facilement vos spécimens).

Tout ce qui n’a pas été sélectionné doit être coupé et retiré de la haie en mettant certains morceaux de côté pour servir de piquets morts et réaliser, avec les piquets vivants, un intervalle régulier qui permettra le plessage.

Les branches vivantes ou « rameaux » sont ensuite entaillés à plus ou moins 25 centimètres du sol et jusqu’à 10 centimètres. Il faudra alors enlever la partie de bois entre cette section en laissant un maximum d’aubier (la partie entre le coeur de l’arbre et l’écorce, souvent plus claire que le reste). C’est cette partie qui apportera tous les nutriments au rameau plessé.

La partie du rameau restée au sol est coupée à ras autant pour éviter que la souche ne développe maladie et champignons que pour éviter tout accident de personne.

Il ne reste plus qu’à plier les branchages entre les piquets vivants comme morts en ne laissant qu’une seule branche mère (toutes les ramifications sont systématiquement coupées).

Et voila, vous avez réalisé une haie plessée !

Illustration bannière : Homme plessant une haie – © Nigel Jarvis / Shutterstock
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20 ans de fascination pour la faune sauvage allant d’expériences professionnelles telles qu’un programme européen de réintroduction ou le travail en...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. que des avantages la technique du plessage génial !

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