Lait : les exploitations ‘durables’ sont plus performantes économiquement

Les exploitations laitières dont les vaches paissent librement sont plus rentables que les autres, affirme une étude du réseau Civam, en partenariat avec le WWF France.

Rédigé par Jean-Baptiste Giraud, le 5 Oct 2017, à 11 h 10 min

Non, l’agriculture intensive n’est pas forcément plus rentable, bien au contraire. Selon une étude réalisée par le réseau de valorisation de l’agriculture durable Civam, en partenariat avec le WWF France, dans les exploitations laitières dont les vaches paissent librement dans les prés, le revenu disponible pour l’exploitant est largement supérieur à ce qu’il est dans les exploitations laitières où les vaches ne sortent jamais, et sont nourries avec du fourrage et des compléments alimentaires industriels.

Des exploitations plus rentables car dépensant moins en aliments et fourrages

En chiffres, d’après l’étude, qui porte sur 170 fermes du réseau agriculture durable (AD), dont les données ont été comparées aux statistiques du ministère de l’Agriculture pour les exploitations traditionnelles, le revenu disponible annuel moyen pour l’exploitant AD atteint 21.123 euros, comparé aux seulement 6.974 euros dans les fermes du panel de référence du ministère.

L’étude explique que c’est le poids des charges liées à l’alimentation du bétail, à leurs soins spécifiques, induits par leur confinement, et à l’entretien des bâtiments qui grève ainsi la rentabilité des exploitations laitières intensives.

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Conséquence : dans les élevages intensifs traditionnels, une grosse partie des aides de la Politique Agricole Commune (PAC) sert à financer les dépenses liées à ce mode d’exploitation. Alors que dans les exploitations d’élevage bovin laitier en agriculture durable, les aides de la PAC se transforment pour l’essentiel en rémunération pour l’éleveur ! Cela ne veut pas dire pour autant qu’elles vivent sous perfusion de ces aides, c’est même d’ailleurs le contraire, comparé aux autres : pour toucher 100 euros de revenu net, un agriculteur doit toucher 233 euros d’aides dans un élevage intensif, contre seulement 93 euros dans une ferme AD.

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Lait cru © Rattiya Thongdumhyu

Dans une ferme AD, l’agriculteur trois fois mieux rémunéré

L’étude démontre que de telles exploitations permettent de faire vivre 10 % d’actifs agricoles en plus au kilomètre carré que dans les exploitations intensives, ce qui permet de lutter contre la désertification agricole.

Même si ce n’est pas l’objet premier de l’étude, elle montre par ailleurs que ces exploitations sont mécaniquement beaucoup plus vertueuses sur le plan de l’utilisation des produits phytosanitaires. En volume et en valeur, elles en consomment trois fois moins que les autres, sachant que les produits phytosanitaires utilisés pour la production des compléments alimentaires ont été réintégrés dans les statistiques.

Illustration bannière : Vache en pâture – © symbiot
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour
    Les CIVAM font peu parler d’eux mais ils sont plus innovants que le syndicat agricole dominant
    L’argument des conventionnels est de dire que le jour où tout le monde sera en bio ou en AD les prix seront lissés vers le bas et que les circuits courts ne suffiront pas à alimenter les grandes métropoles. C’est en partie vrai et il va falloir gérer une transition forcément douloureuse pour les exploitations très endettées où le revenu est mangé par les remboursemrents bancaires: comment sortir de la fuite en avant ?
    L’AD, bio ou non, démontre que la vocation exportatrice de la France est une chimère qu’il faut laisser à d’autres. Les marchés mondiaux, très spéculatifs, ne concernent que 10% de la production exportée/importée. Il faut réintroduire de la polyculture élevage plutôt que spécialiser à outrance et retrouver une certaine garantie des prix, liée par exemple aux services environnementaux rendus par le bio ou l’AD

  2. De plus les produits qui sortent de ces élevages intensifs sont de piètre qualité, pour ne pas dire de la m…….

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