La beauté, un monde de requins

Rédigé par Eva Souto, le 17 Feb 2014, à 14 h 35 min

On parle régulièrement des tests effectués sur les animaux dans les cosmétiques. En revanche, on souligne beaucoup moins la présence d’ingrédients d’origine animale, extraits d’animaux (vivants ou morts) ou issus de la production cosmétique. Pourtant, ils sont fréquents dans nos produits quotidiens. C’est le cas du requin, qui subit des attaques perpétuelles pour finir dans nos crèmes et autres produits de beauté. Une horreur écologique au service d’une industrie de toute beauté.

Des cosmétiques qui utilisent les animaux

Avant toute chose, il faut faire la distinction entre les productions que l’on prélève sans porter atteinte à l’animal lui-même et les matières premières extraites d’animaux vivants ou morts.

Les productions animales

Ce sont des produits ou des substances que l’animal produit naturellement. Elles se divisent en 2 familles :

Les productions de type physiologique : elles s’inscrivent parfois dans un but d’autoprotection de l’animal.

Abeille mielC’est le cas de la lanoline qu’on récupère de la laine du mouton ou de la soie de la chenille du ver Bombyx. Elles peuvent aussi être destinées à assurer la survie de l’espèce sous forme d’oeuf ou de lait.

Les productions résultant du travail des animaux : elles sont fabriquées par différentes espèces pour satisfaire leurs propres besoins.

La ruche fournit ainsi son miel, sa cire d’abeille, sa propolis ou sa gelée royale. Dans les cosmétiques, ces matières premières sont utilisées à l’état brut ou sous forme d’extrait. Elles peuvent également être transformées pour générer d’autres ingrédients.

Les extraits d’animaux

Ils sont constitutifs de l’organisme animal et doivent être prélevés directement sur lui.

Requins décimés

Pour la grande majorité, cela signifie la mort de l’animal. C’est le cas notamment pour les corps gras, largement utilisés en cosmétique et qui peuvent provenir des graisses animales.

Le glycérol (ou glycérine), connu pour ses vertus hydratantes, peut ainsi provenir de l’hydrolyse de la graisse récupérée sur les carcasses des animaux d’abattoir. Et le squalane, autre produit hydratant, de l’hydrogénation du squalène, un composé lipidique présent en grande quantité dans l’huile de foie de requin.

Selon une étude effectuée en 2012 par ETC Group, la demande annuelle de squalène oscille entre 1000 et 2000 tonnes.Or, il faut les foies d’environ 3000 requins pour en produire 1 seule tonne .

fleche-suiteC’est ainsi que le requin se trouve aujourd’hui menacé. Pratiques de pêche illégales, absence de statistiques, rejet dans la mer de mer de requins mutilés.

A quelles fins ? Satisfaire aux exigences de la création cosmétique, qui utilise des extraits d’animaux.

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

5 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonnjour,
    Je suis désolée, mais je ne comprends pas très bien l’intérêt de votre article. On y lit :
    “Pour acheter des produits de beauté non testés sur les animaux, il faut choisir des cosmétiques avec les labels One Voice ou Human cosmetics standard ou Leaping Bunny”,
    Or en France ces produits sont désormais interdits à la vente, qu’il aient été testés sur des animaux ou qu’ils contiennent des ingrédients l’ayant été.
    Quant aux produits contenant des substances animales, nous ne sommes pas plus avancés à la fin de votre article puisque vous déclarez qu’il est impossible d’en connaître la liste. J’avais à une époque interrogé sur la question un propriétaire de boutique Bio, qui m’avait avoué ne pouvoir me garantir que ses produits étaient exempts de substances animales.
    Amener les consommateurs à la conscience de ce qu’ils font et de ce qu’il pourraient faire, je trouve ça très bien mais s’il s’agit juste de leur dire que les choses sont terribles mais qu’on ne peut rien contre, cela sert à quoi ?
    Cdt

  2. Cela fait des années que je fabrique moi-même mes cosmétiques avec de l’huile d’olive + plantes (romari, millepertuis anti-rides), eau de pétales de roses de mon jardin (bien évidemment non traitées); mes seuls achats sont le savon d’alep et le shampooing bio, sans me vanter je “tiens bien la route” malgré tout 😉

  3. oui la betise humaine qui laisse ces marques faire des actions criminelles sur les animauxet en plus les produits cosmetiques sont devenus allergisants,on a des plaques rouges sur la main avec des crèmes pour la main,bref on se fait voler d’acheter des produits qu’on doit jeter de suite…il est temps que le naturel revienne au galop pour notre santé et la vie des animaux…quel gachis!

  4. Le hic, c’est qu’il existe une pléthore de labels…et le consommateur a bien du mal à s’y retrouver !
    Effectivement vous le précisez bien : “Il n’est donc pas exclu, même s’il ne le précise pas, qu’un cosmétique estampillé «100% d’origine naturelle» contiennent des ingrédients animaux.”
    Pour trouver ces produits, il faut pouvoir aller dans des boutiques “spécialisées” (ne trouve rien dans les rayons de mon supermarché de proximité… l’inconvénient de la “campagne”) ou commander via Internet ?

  5. A savoir : les labels cosmétiques écologiques (Ecocert, BDIH, Cosmebio, Nature & Progrès, etc.) interdisent l’utilisation de produits issus d’animaux morts (seuls les sous-produits type lait ou miel sont autorisés).

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