Indice Planète Vivante WWF 2020 : l’Humanité ne peut plus ignorer l’écocide en cours

Les activités humaines sont les principales responsables du déclin de 68% des populations de vertébrés depuis 1970, soulève (une fois de plus !) le Rapport Indice Planète Vivante WWF 2020.

Rédigé par Anton Kunin, le 10 Sep 2020, à 12 h 15 min

Les populations d’animaux sauvages déclinent à un rythme insolent. L’activité humaine ressort comme la cause principale de cette catastrophe.

Les plantes, premières victimes du déclin des écosystèmes

D’année en année, il y a de moins en moins d’animaux sauvages sur Terre. Mais quelle est l’ampleur exacte de ce déclin ?

Tous les deux ans, l’ONG WWF s’efforce de chiffrer le phénomène. Pour cela, elle édite un Indice Planète Vivante (IPV), qui suit l’abondance de près de 21.000 populations de mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens dans le monde.

La dernière édition de l’IPV, qui vient d’être dévoilée, nous apprend qu’entre 1970 et 2016, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages a décliné de 68 %. Autrement dit, en moins d’un demi-siècle, les effectifs de plus de 20.000 populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons ont chuté des deux tiers.

© wwf

Dans le détail, certaines espèces ont vu leurs populations décliner de 62 %, tandis que pour d’autres espèces l’ampleur du déclin a atteint 73 %.
En première ligne, les plantes : l’IPV nous apprend que le nombre d’extinctions connues de plantes est deux fois plus élevé que celui des mammifères, des oiseaux et des amphibiens réunis. Une espèce de plantes sur cinq (22 %) est menacée d’extinction, la plupart d’entre elles se trouvent sous les tropiques.
Les mammifères, bien que dans une moindre mesure, sont eux aussi gravement menacés. Les oiseaux le sont dans une moindre mesure.

Lire aussi les 3 derniers rapports IPV :

Il est temps de répondre au SOS lancé par la nature. L’ignorer c’est mettre en jeu l’avenir de près de 8 milliards de personnes
Marco Lambertini, Directeur général du WWF International.

 

L’homme, premier coupable du déclin des populations d’animaux sauvages

Si les populations d’animaux sauvages déclinent, c’est notamment parce que leur habitat naturel se rétrécit. Il faut savoir que près de 90 % des zones humides mondiales ont été détruites depuis 1700, et une cartographie mondiale a récemment révélé que des millions de kilomètres de rivières ont été modifiés par l’homme.
Résultat : les populations d’espèces vivant en eau douce ont fortement décliné.

Lire aussi : Rapport IPBES – Des preuves accablantes et inquiétantes du déclin de la biodiversité

Dans son « Rapport Planète Vivante 2020 », la WWF rappelle que la responsabilité de ce déclin est imputable à l’activité humaine : la déforestation, l’agriculture non soutenable et le commerce illégal d’espèces sauvages, entre autres.

Dans la même veine, l’épidémie de Covid-19 est in fine imputable à l’activité humaine car elle a été provoquée par des contacts nourris entre des espèces sauvages et les humains, des contacts qui n’auraient pas eu lieu si les animaux sauvages pouvaient jouir d’un habitat naturel à eux, sur lequel l’Humain n’empiète pas.

Pour tenter de remédier, ne serait-ce qu’un peu, à cette situation lamentable, la WWF recommande à tous de commencer par diminuer de moitié la consommation de viande, lutter contre le gaspillage alimentaire et privilégier les aliments issus de production sans pesticides.

« Il est temps de répondre au SOS lancé par la nature. L’ignorer c’est mettre en jeu l’avenir de près de 8 milliards de personnes », alerte Marco Lambertini, le Directeur général du WWF International.

Pour en savoir et consulter le rapport en intégralité, rendez-vous ici

Illustration bannière : Les humains vont-ils bientôt prendre la mesure de l’ampleur des dégats ? © WildMedia
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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