La disparition des mammifères est liée aux déplacements des hommes

Une équipe de chercheurs a analysé des fossiles, particulièrement sur les 125.000 dernières années, période qui a vu démarrer les grandes migrations humaines. Il apparaît que là où l’homme est présent, les grands mammifères ont tendance à disparaître.

Rédigé par MEWJ79, le 25 Apr 2018, à 10 h 50 min

Les plus gros mammifères auront bientôt disparu si l’on ne réagit pas très vite, selon une étude parue dans le magazine Science. En étudiant les fossiles, les chercheurs ont en effet conclu  que l’extinction de ces animaux a débuté il y a au minimum 125.000 ans en Afrique, à l’arrivée de l’homme.

Les hommes auraient chassé les grands mammifères jusqu’à leur extinction

Selon une étude publiée dans la revue Science le 20 avril 2018, les hommes auraient chassé préférentiellement les grands mammifères conduisant à l’extinction de plusieurs d’entre eux(1).Et ce, à chaque période de l’histoire.

Scène de chasse © lolloj

Grâce aux fossiles étudiés, les auteurs l’affirment : l’extinction de ces animaux a débuté il y au minimum 125.000 ans en Afrique. Puis, ces disparitions ont suivi la migration hors du continent de l’Homo sapiens et de ses espèces apparentées et leur expansion durant la fin du Quaternaire. Pour les chercheurs, il ne s’agit pas d’une coïncidence.

Pour eux, étudier l’extinction de la mégafaune durant le Quaternaire signifie en réalité suivre la migration de l’Homo sapiens, l’homme de Neandertal ou encore de Denisova. Les grands mammifères et notamment les mammouths peuplaient le continent américain il y a quelque 14.000 ans. Ces animaux vivaient paisiblement en Alsaka et sur les terres alentours. Un peu plus au sud le rhinocéros laineux et, jusqu’aux tropiques, le tigre à dents de sabre : tous étaient en sécurité. Cette période du Pléistocène était caractérisée par cette mégafaune abondante et variée, mais celle-ci a peu à peu disparu à cause du genre Homo.

Des années d’évolution pourraient être balayées à l’avenir sous la pression des humains

Cette étude montre bel et bien que la « disparition biaisée des espèces de grands mammifères des écosystèmes porte la signature de l’impact humain qui a suivi la migration des hominines depuis le Pléistocène », est-il expliqué dans un communiqué(2). « D’un point de vue biologique, cela a du sens, y déclare Kate Lyons, co-auteure de l’étude. Si vous tuez un lapin, vous allez pouvoir nourrir votre famille une nuit. Mais si vous pouvez tuer un grand animal, vous allez pouvoir nourrir un village ».

L’étude des fossiles pour comprendre l’extinction de la méga-faune © paleontologist natural

Les chercheurs, après avoir étudié le passé, se sont penchés sur le futur. Ils ont imaginé ce qu’il pourrait advenir si les mammifères disparaissaient dans les 200 prochaines années. Dans ce cas, « le plus grand mammifère sur terre dans quelques centaines d’années pourrait bien être la vache », indique l’étude.

Et ce bouleversement ne serait sans doute pas sans conséquence : les grands mammifères, bien souvent herbivores, jouent un rôle clé dans le maintien des écosystèmes. La biodiversité se verrait totalement changée par leur disparition. Sans eux, les mammifères auraient le gabarit de ceux qui parcouraient la Terre il y a 45 millions d’années, effaçant autant d’années d’évolution rien que sous la pression des humains.

Illustration bannière : L’homme et le tigre à dents de sabre – © Esteban De Armas
Références :
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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