Idée reçue : il n’y a presque pas d’animaux dans le désert

Rédigé par Annabelle, le 12 Apr 2014, à 9 h 52 min

On conçoit le désert comme une immense étendue de sable à perte de vue. Un milieu hostile dans lequel il n’y aurait quasiment pas de forme de vie. Et pourtant, malgré le manque évident d’eau et des températures pouvant atteindre 70°C en surface, faune et flore évoluent et ont su s’adapter. Il y aurait donc une multitude d’animaux dans le désert ?

Animaux dans le désert, savoir conserver l’eau

C’est là le secret des animaux et des végétaux qui vivent dans le désert. Tous, qu’il s’agisse d’oiseaux, de reptiles ou de plantes, ont un point commun : ils limitent considérablement leur perte en eau.

En effet, l’eau est un composant essentiel à tout organisme vivant. Nous, humains, sommes constitués à environ 65 % d’eau, l’oiseau à 60 % et de nombreuses plantes en contiennent 90 ou 95 %.

La chaleur du désert, le manque de points d’eau et les vents qui assèchent l’atmosphère sont autant de facteurs qui entraînent une perte d’eau pour les organismes. Survivre dans le désert implique donc de limiter cette perte en eau.

désert

Chez l’Homme et chez d’autres mammifères, il est impossible de survivre à une perte d’eau qui excède les 12 %. Dans des populations d’animaux habitués aux milieux désertiques, on résiste beaucoup mieux : par exemple un chameau peut supporter de perdre 30 % de son eau.

Les plantes et les animaux rivalisent d’ingéniosité pour conserver un taux d’hydratation suffisant.

Tout d’abord, certains d’entres eux comme les insectes par exemple, ou les petits mammifères, limitent la perte d’eau en s’enfouissant dans le sable. Ils y passent les heures de la journée les plus chaudes et sortent la nuit. Les cactus ont su diminuer leur surface d’évaporation en développant des épines plutôt que de larges feuilles.

Par exemple, le rat-kangourou réussit le tour de force de ne jamais perdre d’eau : il n’urine pas, ni ne transpire ! Chez d’autres animaux, on récupère l’eau partout où elle se trouve.

Le scarabée du désert de Namibie boit l’eau du brouillard. Celui-ci se sert de petites bosses hydrophiles formées sur son dos et de ses élytres. Lorsque le brouillard se lève sur le désert, le scarabée se positionne dans la direction du vent. La vapeur d’eau ainsi formée va se concentrer sur les bosses, formant des gouttelettes. Elles se mettent peu à peu à glisser, via les creux, jusqu’à la bouche du coléoptère !

Ce système est tellement ingénieux qu’il a inspiré des architectes. Ceux-ci ont reproduit les capteurs pour en équiper des bâtiments qui peuvent, de cette manière, récupérer eux aussi l’eau du brouillard.

Des animaux en danger

Les conséquences du réchauffement climatique retentissent même jusqu’au fin fond du désert.

Si les animaux sont bel et bien présents dans le désert, certains d’entre eux sont en danger. Augmentation des températures, assèchement des sources d’eau, destruction de la végétation… l’habitat des animaux du désert est grandement menacé.

Les populations d’animaux du Sahara chutent de façon plus qu’alarmante : le guépard ne subsiste que dans 10 % de son ancien habitat, le léopard dans 3 % et la gazelle dama 1 %.

Le réchauffement climatique n’est pas seul en cause. Dans le désert de Gobi, les grands mammifères sont menacés par le braconnage et le trafic de fourrure ou de peau.

Ces animaux exceptionnellement résistants risquent malgré tout de disparaître vite si nous ne faisons rien. Des institutions comme le Sahara Conservation Fund mènent régulièrement des missions d’écosurveillance pour identifier les espèces menacées. Depuis 2006, le SCF met en place des projets de conservation et de réintroductions d’animaux.

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Passionnée de voyages et de rencontres en tout genre, j'adore prendre mon sac-à-dos et voir ce qui se passe ailleurs ! Consommer responsable est devenu une...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Heureux de constater que des personnes passionnées de la Biodiversité en général, relaient des informations sur la gravité de l’état de la conservation. ceci contribuera sans nul doute à un éveil de conscience collective et à l’échelle mondiale pour permettre d’arrêter ”l’hémorragie” pour ne pas dire de l’extinction de la vie tout court!
    Chapeau à toi Annabelle!!!!!!!!!!

Moi aussi je donne mon avis